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Bassil aux Européens : Pour que les réfugiés syriens ne viennent pas chez vous, il faut qu'ils rentrent chez eux

Liban

Le ministre libanais des Affaires étrangères exige de son homologue libyen "toute la vérité" sur le sort de l'imam Sadr.

OLJ
04/02/2019
Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a abordé lundi la crise des réfugiés syriens dans un discours lors de la conférence ministérielle des Etats de la Ligue arabe et de l’Union européenne à Bruxelles, prévenant les pays européens que le seul moyen d'éviter un afflux de réfugiés syriens est d’œuvrer pour leur rapatriement.


"La crise à laquelle nous sommes confrontés est le plus grand défi auquel nous devons faire face ensemble, si certains d'entre vous pensent que garder les déplacés dans les pays voisins de la Syrie les éloignera (de l'Europe), ils se trompent. Le seul moyen pour qu'ils ne viennent pas chez vous c'est qu'ils rentrent chez eux", a lancé M. Bassil.  "Un million et demi de déplacés syriens au Liban ont épuisé le pays. Ils menacent son existence, a mis en garde M. Bassil. Un million de déplacés syriens en Europe, a été la source de problèmes d'intégration et divisé les Etats européens entre ceux qui veulent ouvrir les frontières et ceux qui veulent les fermer".

"Le Liban, ce petit pays, vous demande de le comprendre et l’aider, afin qu'il demeure (porteur d')un message : celui de la diversité, du pluralisme et de la coexistence". "Le Liban vous protège par son message", a-t-il ajouté mettant en garde contre les dangers de l’intégration des Syriens au Liban et de la hausse de la menace du terrorisme dans les pays européens.

"La situation sécuritaire s’est améliorée de 80% en Syrie et 90% des déplacés désirent rentrer dans leur pays, a noté le ministre libanais. Le régime syrien est favorable à ce retour". "Que les sommes réservées à l’intégration soient transformées en des sommes consacrées au retour des réfugiés, a-t-il ajouté avant de conclure : "Œuvrons ensemble pour l’élaboration de plans pour le retour des déplacés. Nous serons tous gagnants". 

Le Liban accueille quelque 1,3 million de réfugiés syriens ayant fui le conflit qui ravage leur pays depuis 2011, selon le directeur général de la SG, le général Abbas Ibrahim. Selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR), un peu plus de 970.000 sont enregistrés sur les registres onusiens. Fin septembre, le général Ibrahim avait affirmé à l’agence Reuters que 50.000 Syriens avaient pu regagner leur pays depuis le début de l’année, estimant qu’à ce rythme, le nombre de rapatriements pourrait atteindre 200.000 d’ici un an.

A l'issue d'un sommet économique arabe, organisé le 20 janvier à Beyrouth et boudé par la plupart des chefs d’Etat arabes, les pays arabes avaient appelé la communauté internationale à "redoubler d'efforts" pour favoriser le retour des réfugiés, notamment Syriens, dans leurs pays d'origine. Cet appel était basé sur une initiative présentée par le Liban pour résoudre la crise des réfugiés syriens. Gebran Bassil s'était alors félicité "d'une victoire" pour le pays.



(Lire aussi : Les réformes et les réfugiés syriens au cœur de la future déclaration ministérielle)




L'affaire Sadr
Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs indiqué à son homologue libyen, Mohammad Taha Siala, qu'il a rencontré en marge de la conférence de Bruxelles, que les relations entre le Liban et la Libye ne s'amélioreront que lorsque "toute la vérité" sera faite sur le sort de l'imam Moussa Sadr et de ses compagnons, disparus en 1978 lors d'une visite en Libye.

Les deux hommes se sont mis d’accord sur la nécessité que le gouvernement libyen, qui a mis en place une commission spéciale chargée du suivi de l’enquête, poursuive son travail, rapporte également l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Cette commission a également recommandé au Conseil suprême de la magistrature de nommer un juge d'instruction en charge de l'affaire.

Le dossier de Moussa Sadr était revenu dans l'actualité après que le chef du Parlement Nabih Berry, qui dirige aussi le mouvement Amal fondé par l'imam Sadr, ait protesté contre une invitation de la Libye, que le Liban tient pour responsable de la disparition de l'imam Sadr, au dernier sommet économique arabe qui s'est déroulé à Beyrouth. Les agissements de certains de ses partisans dans la rue ont conduit Tripoli à ne pas participer à ce sommet.


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Zerbé Zeina

Et à son "homologue" syrien, ne peut-il pas demander l'élucidation du sort des détenus libanais dans les prisons syriennes avant une invitation à la "normalisation" des relations? ou pour le ministre des AE tous les libanais ne se valent-ils pas?

Chucri Abboud

Que demandons-nous de mieux , le langage est très clair !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SI 90PCT DES REFUGIES SYRIENS VEULENT RENTRER CHEZ EUX ET LE REGIME SYRIEN VEUT LES ACCUEILLIR COMME DIT LE MINISTRE BASSIL... C,EST TRES SIMPLE... ILS N,ONT QU,A SE DURIGER A LA FRONTIERE SYRIENNE ET RENTRER DANS LEUR PAYS. AUCUN PAYS DU MONDE NE PEUT LES EN EMPECHER SI VRAIMENT CE QUE DIT BASSIL ETAIT VRAI !

MIROIR ET ALOUETTE

Voilà le Liban nouveau qu'il nous faut et rien de moins que cela !!!!!!!

Parler avec force et conviction , si la " communauté internationale " lol et relol ne veut pas que les syriens s'en retournent chez eux en Syrie AGRESSÉE par ce même occident et défait par la résistance, il faudra donc envoyer ces réfugiés en Europe, ou alors en bensaoudie leurs sous-fifres .

Le Liban après les élections et la formation du gouvernement marche dorénavant droit devant avec la force de ses habitants alignés à la résistance à L'INJUSTE .

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