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Éclairage

Hariri ne se récusera pas, mais pourrait prendre des décisions courageuses d’ici la fin du mois

Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, lors du sommet économique arabe, le 20 janvier 2019, à Beyrouth. AFP / JOSEPH EID

« Le gouvernement ne risque pas de voir le jour de sitôt, tant qu’aucune solution à la crise syrienne ne se profile à l’horizon. » C’est ce qu’affirment des parties politiques informées qui soutiennent que les tentatives du Premier ministre désigné, Saad Hariri, se heurtent à l’entêtement des forces politiques du 8 Mars, voire au durcissement de leurs positions conformément à leurs alignements extérieurs.

On se demande ce qu’annoncera dans ce cadre M. Hariri, alors que prennent fin les concertations qu’il a menées à l’issue du sommet économique arabe qui s’est déroulé à Beyrouth, le 20 janvier dernier. Selon certains milieux politiques, il est hors de question que Saad Hariri se récuse bientôt, pour jouer un rôle d’opposition. Ceux qui persistent à promouvoir une telle possibilité cherchent à écarter du Sérail le président du Conseil, à semer la zizanie entre le régime Aoun et M. Hariri, à détruire définitivement les piliers du mandat, donc à mettre fin au compromis présidentiel et à porter atteinte à la formule d’entente qui en a découlé. Les parties politiques proches de la Syrie auraient alors les coudées franches pour prendre le pouvoir et annoncer le positionnement définitif du Liban dans l’axe de la résistance, autrement dit le camp irano-syrien.

Même si sa dernière tentative se soldait par un échec, le Premier ministre désigné poursuivra sa mission. Il pourrait alors décider, selon les milieux politiques précités, « de réactiver le gouvernement chargé des affaires courantes, plus particulièrement sur le plan des réformes économiques, afin de limiter les dégâts et de préserver la confiance internationale envers le Liban », comme l’a conseillé le sous-secrétaire d’État américain pour les Affaires politiques, David Hale, lors de sa récente visite au Liban, à la mi-janvier.

En effet, les dernières consultations menées par Saad Hariri, qui ont débouché sur une première réunion avec le président du Parlement, Nabih Berry, suivie d’une réunion avec les forces politiques, ont montré que les parties politiques non seulement s’accrochent fermement à leurs positions, mais elles s’entêtent jusqu’à refuser de faire des concessions ou d’accepter une révision de la distribution des portefeuilles.


(Lire aussi : Vers une « normalisation » par la remise à flot du cabinet sortant ?)


Les accusations portées par certaines parties du 8 Mars contre M. Hariri ont d’ailleurs été interprétées par le Premier ministre désigné comme autant de provocations destinées à le priver de ses prérogatives, à limiter même ses pouvoirs dans la formation du gouvernement, comme c’était le cas avant Taëf. Le président du Conseil a aussitôt réagi. Il a dénoncé les forces qui paralysent le processus et a expliqué que sa mission se heurtait à un mur de refus et au durcissement des positions. Car à travers leur positionnement, ces forces politiques tentent d’imposer leur agenda régional au Liban, de rejeter la politique de distanciation et de neutralité de l’État face aux conflits régionaux, préconisée par la déclaration de Baabda.

Lors de l’interview télévisée qu’il a donnée le week-end dernier, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a montré aux Libanais son alignement extérieur (iranien) et non libanais. Preuve en est, le leader chiite a consacré le plus clair de l’interview à parler de dossiers extérieurs, sans accorder l’attention nécessaire aux dossiers libanais, à la formation du gouvernement. Sur ce point, il s’est contenté de dire que la raison pour laquelle le gouvernement n’est pas formé est l’absence d’accord sur deux points, la représentation des sunnites du 8 Mars et la distribution des portefeuilles. Sans présenter la moindre concession susceptible de faciliter le processus.

Les informations optimistes qui ont circulé sur la formation imminente du nouveau cabinet sont d’ailleurs infondées. Elles ne sont bâties sur aucune avancée concrète. Ce ne sont que des rumeurs véhiculées par une partie politique destinées à limiter l’impact de la récente décision de l’agence de notation américaine Moody’s de dégrader la note souveraine du Liban, par peur de répercussions sur la situation économique du pays.

La dernière tentative de Saad Hariri a reçu le soutien du chef du législatif Nabih Berry et du leader druze Walid Joumblatt. Les deux personnalités se sont dit prêtes à soutenir le processus de redistribution des portefeuilles, dès qu’une issue est trouvée au problème de la représentation des sunnites du 8 Mars. Sauf que ces pourparlers ont buté sur l’entêtement de certaines parties. Le Courant patriotique libre ne s’est en effet pas désisté du tiers de blocage. Et les trois rencontres à Paris entre le chef du CPL Gebran Bassil et Saad Hariri n’ont abouti qu’à un échec de la solution envisagée de redistribuer les portefeuilles. Parallèlement, le Premier ministre a rencontré à Paris le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Mais ce dernier avait déjà fait assez de concessions, comme l’a souligné le Premier ministre. Face au durcissement, Saad Hariri se donne jusqu’à la fin du mois pour faire part de sa décision. « Une décision courageuse et peu traditionnelle liée à la formation du gouvernement », selon les mêmes milieux politiques. Mais qu’il n’a toujours pas dévoilée.




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« Le gouvernement ne risque pas de voir le jour de sitôt, tant qu’aucune solution à la crise syrienne ne se profile à l’horizon. » C’est ce qu’affirment des parties politiques informées qui soutiennent que les tentatives du Premier ministre désigné, Saad Hariri, se heurtent à l’entêtement des forces politiques du 8 Mars, voire au durcissement de leurs positions...

commentaires (6)

Petite remarque qui servira de leçon de comment lire entre les lignes....ne se recusera pas, mais.....ça veut dire se recusera et puis c'est tout. Le Liban aligné à l'axe irano-SYRIEN va ajouter une nouvelle victoire à son blason, sur les forces obscurs du complot de l occident auxquelles sont arrimées des forces locales, elles aussi défaites. Tjrs le torturé(e) de quelqu'un, ne jamais l'oublier.

FRIK-A-FRAK

12 h 17, le 29 janvier 2019

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Commentaires (6)

  • Petite remarque qui servira de leçon de comment lire entre les lignes....ne se recusera pas, mais.....ça veut dire se recusera et puis c'est tout. Le Liban aligné à l'axe irano-SYRIEN va ajouter une nouvelle victoire à son blason, sur les forces obscurs du complot de l occident auxquelles sont arrimées des forces locales, elles aussi défaites. Tjrs le torturé(e) de quelqu'un, ne jamais l'oublier.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 17, le 29 janvier 2019

  • Il lui faut tout ce temps pour prendre son courage à 4 mains, 17 pieds et mille têtes ? Ah oui, la fin du mois c'est dans 2 jours. Courage, Saad!

    Tina Chamoun

    10 h 08, le 29 janvier 2019

  • LA FIN DU MOIS EST APRES DEMAIN ! IL EST BIZARRE QU,ON VOIT LE PAYS SE DESINTEGRER ET QUE CHACUN RESTE SUR SES POSITIONS SANS AUCUNE CONCESSION POUR FACILITER LA FORMATION DU GOUVERNEMENT ET PARTANT SAUVER L,ECONOME ET LES FINANCES DU PAYS, DONC LE PAYS ! BANDES DE VAURIENS ET DE VENDUS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 57, le 29 janvier 2019

  • "...Hassan Nasrallah...a montré aux Libanais son alignement extérieur iranien, et non libanais..." Cela on l'a compris depuis longtemps ! Pauvre Liban vendu et trahi par ceux qui se prétendent libanais et "résistants" ainsi que leurs adeptes inconditionnels non-complexés et de première catégorie et...très civilisés ! Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 33, le 29 janvier 2019

  • Hariri a une raison particulièrement énorme de se récuser et c'est l'énormité de ses conflits d'intérêts, pas comme tout le monde (bien plus que tout le monde) parce qu'il a tellement d'intérêts financiers pas nécessairement déclarés et qui peuvent l'empêcher de décider sereinement ou de s'opposer aux conflits d'intérêts des autres, mais surtout parce qu'aux dernières nouvelles le Liban a encore une frontière avec la Syrie de l'ignoble Bachar et que son contentieux avec lui (euphémisme) fait qu'il ne peut pas gérer sereinement la relation du Liban avec la Syrie.

    M.E

    05 h 30, le 29 janvier 2019

  • Allez Saad fait pas ta chochotte, aligne toi à l'axe de la résistance face aux usurpateurs. Sois libanais et oublie la bensaoudie.

    FRIK-A-FRAK

    01 h 30, le 29 janvier 2019