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Environnement - Akkar

Décharge de Srar : les habitants donnent un ultimatum aux autorités

L'agrandissement du site, suite à un différend entre les propriétaires, a visiblement aggravé la pollution.

Décharge de Srar : les habitants donnent un ultimatum aux autorités

Une vue générale de la décharge de Srar, dans le Akkar. Photo Michel Hallak/L'Orient-Le Jour

Le 30 avril dernier, des habitants de villages entourant la décharge de Srar, dans le Akkar, ont organisé un sit-in, bloquant l'entrée du site et coupant la route à des camions venant d’autres régions, pour dénoncer les nuisances provoquées par le site : odeurs nauséabondes, pollution et maladies. Pourtant, cette décharge existe depuis 33 ans. Alors, qu’est-ce qui a changé ?

Selon des sources concordantes, la décharge de Srar, censée desservir le Akkar exclusivement, a été agrandie de manière spontanée en 2024 à la suite d’un différend entre les frères propriétaires du terrain. L’un d’eux a ouvert un nouveau site, avec des partenaires locaux, sur un autre lopin. Depuis cet agrandissement et la création de cette nouvelle décharge, dépourvue de membrane de protection, les habitants ont constaté une aggravation progressive de la pollution.

« Nous savons désormais que le site accueille aussi des déchets provenant d’autres localités du Liban-Nord. Nous avons intercepté des camions venant du Koura, de Denniyé, de Deir Ammar ou encore de Minyé », affirme à L’Orient-Le Jour le cheikh Samir Almane, président de la municipalité du village d’al-Hour. L’élu évoque une hausse des maladies respiratoires et des cancers. « Même l’eau pour l’irrigation est noire. La pollution est visible, et cela devient une vraie question de santé publique », insiste-t-il.

Le 30 avril, une réunion a été organisée par le mohafez du Akkar, Imad Labaki, avec les présidents des municipalités concernées. À son issue, il a assuré refuser l'acheminement de déchets d'autres régions vers le Akkar. « Nous avons envoyé une lettre officielle au ministère de l’Intérieur afin qu’il demande aux compagnies de ne plus diriger leurs camions vers Srar », a-t-il déclaré. L'OLJ n'a pas réussi à joindre M. Labaki pour plus de détails.

Des travaux de réhabilitation

Le site initial de la décharge de Srar fait actuellement l'objet de travaux de réhabilitation dans le cadre d’un projet lancé en 2014 par l’Union européenne, financé par la Banque mondiale et mis en œuvre avec l’appui de l’Unops. Selon plusieurs sources, la réhabilitation du site et la mise en service de l’usine de tri qui la décharge dessert auraient dû être achevées en 2019. Mais la succession de crises – le soulèvement populaire de 2019, la pandémie de Covid-19, la crise financière et économique, les guerres… – ont retardé la mise en application de ce plan.

« On nous dit que la réhabilitation est en cours et que l’usine, qui est terminée, sera opérationnelle d’ici à la fin de l’année », indique le cheikh Almane. Pour lui, « il est crucial que l’usine de tri fonctionne en même temps que la décharge réhabilitée et sécurisée, afin d'assurer un réel progrès dans la gestion des déchets du Akkar ». Les habitants affirment toutefois qu’ils ne se satisferont pas de l’interdiction des déchets venus d’ailleurs. « Nous accordons jusqu’à la fin de l’année aux responsables de la décharge et au mohafez pour mettre en place un plan viable de gestion des déchets. Sinon, nous redescendrons dans la rue », prévient le responsable municipal.

La gestion des déchets est particulièrement chaotique au Liban, passant d’une solution temporaire à une autre. Alors que Beyrouth et le Mont-Liban font l’objet d’un plan gouvernemental à part, qui se heurte aujourd’hui au refus systématique des régions d’accueillir de nouvelles décharges, d’où l’agrandissement récent des deux décharges côtières, les régions se débrouillent comme elles peuvent. La décharge de Srar, gérée par le secteur privé, dessert le Akkar depuis plus de trente ans, tandis que d’autres régions du Liban-Nord continuent de dépendre principalement de décharges sauvages, d’où la tentation d’envoyer leurs déchets vers ce site.

Le 30 avril dernier, des habitants de villages entourant la décharge de Srar, dans le Akkar, ont organisé un sit-in, bloquant l'entrée du site et coupant la route à des camions venant d’autres régions, pour dénoncer les nuisances provoquées par le site : odeurs nauséabondes, pollution et maladies. Pourtant, cette décharge existe depuis 33 ans. Alors, qu’est-ce qui a changé ?Selon des sources concordantes, la décharge de Srar, censée desservir le Akkar exclusivement, a été agrandie de manière spontanée en 2024 à la suite d’un différend entre les frères propriétaires du terrain. L’un d’eux a ouvert un nouveau site, avec des partenaires locaux, sur un autre lopin. Depuis cet agrandissement et la création de cette nouvelle décharge, dépourvue de membrane de protection, les habitants ont constaté une...
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