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Société - Justice

Incident à Saqiet el-Janzir : l’enquête du parquet en cours d’achèvement

Les responsabilités semblent partagées entre la Sécurité de l’État et les habitants du quartier, estime une source proche du dossier.

Incident à Saqiet el-Janzir : l’enquête du parquet en cours d’achèvement

Le tribunal militaire à Beyrouth. Photo ANI

Près de vingt jours après l’arrestation musclée par la Sécurité de l’État de Hassane Itani, un exploitant de générateurs soupçonné d’avoir imposé des tarifs excessifs pour fournir de l’électricité à ses clients à Sakiet el-Janzir (Beyrouth), le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Claude Ghanem, devrait achever son enquête cette semaine. Selon nos informations, il ne lui reste plus qu’à interroger « trois ou quatre civils » afin d’établir précisément les circonstances des faits et définir les responsabilités.

Lors de cette opération menée dans ce quartier sunnite de la capitale, un agent de la Sécurité de l’État avait tiré en l’air en vue de disperser des sympathisants de M. Itani, intervenus pour empêcher son arrestation. La mission de la Sécurité de l’État ayant été dirigée par un officier de confession chiite, Mohammad Chreim, l’incident avait fait craindre un débordement sécuritaire et confessionnel, provoquant une série de réactions politiques, notamment de personnalités sunnites.

Dans les jours ayant suivi l’incident, le juge Ghanem avait entendu M. Chreim à deux reprises. Il a également interrogé une dizaine d’agents de la Sécurité de l’État, ainsi que plusieurs hommes intervenus pour empêcher l’arrestation. Une source proche du dossier indique que les individus dont l’audition est prévue dans les prochains jours ont été repérés grâce aux vidéos disponibles de l’incident.

Erreur d’appréciation

La même source affirme que l’exécution du mandat d’amener à l’encontre de Hassane Itani est « légale », ce dernier ayant été auparavant convoqué deux fois par le parquet financier sans obtempérer. Elle estime toutefois que les conditions dans lesquelles cette décision judiciaire a été appliquée constituent une erreur d’appréciation, le service sécuritaire « n’ayant pas suffisamment étudié le terrain ». L’arrestation a en effet eu lieu devant la mosquée du quartier, après la prière du vendredi, à laquelle participaient deux cents personnes environ. Un contexte qui a favorisé l’intervention houleuse de nombre de ces personnes. Selon la source précitée, si la Sécurité de l’État avait choisi d’interpeller M. Itani à un autre moment et dans un autre lieu, l’incident aurait probablement pu être évité.

Selon la même source, les responsabilités semblent partagées : l’agent sécuritaire a tiré en l’air, mais il ne l’aurait pas fait si les habitants du quartier ne s’étaient pas interposés pour libérer M. Itani « par la force, voire avec violence ». Deux agents de la Sécurité de l’État ont été agressés et blessés lors des affrontements et ont notamment eu leurs dents cassées, précise-t-elle.

Aucune des personnes entendues jusqu’à présent n’a été placée en détention. Au final, suppute la source interrogée, il n’y aura pas d’arrestation, dans la mesure où toute décision en ce sens risquerait d’être interprétée sous un prisme confessionnel : l’arrestation de sunnites susciterait des critiques, tout comme celle de chiites. Le confessionnalisme au Liban impose qu’« un équilibre » soit maintenu même dans le traitement judiciaire et sécuritaire des incidents, conclut-elle.

Près de vingt jours après l’arrestation musclée par la Sécurité de l’État de Hassane Itani, un exploitant de générateurs soupçonné d’avoir imposé des tarifs excessifs pour fournir de l’électricité à ses clients à Sakiet el-Janzir (Beyrouth), le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Claude Ghanem, devrait achever son enquête cette semaine. Selon nos informations, il ne lui reste plus qu’à interroger « trois ou quatre civils » afin d’établir précisément les circonstances des faits et définir les responsabilités.Lors de cette opération menée dans ce quartier sunnite de la capitale, un agent de la Sécurité de l’État avait tiré en l’air en vue de disperser des sympathisants de M. Itani, intervenus pour empêcher son arrestation. La mission de la Sécurité de l’État ayant...
commentaires (5)

Et que devient l’enquête sur l’assassinat de deux soldats français de la FINUL ? L’OlJ serait bien inspiré de s’y intéresser un peu.

JB El catalán

20 h 57, le 13 mai 2026

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Commentaires (5)

  • Et que devient l’enquête sur l’assassinat de deux soldats français de la FINUL ? L’OlJ serait bien inspiré de s’y intéresser un peu.

    JB El catalán

    20 h 57, le 13 mai 2026

  • Quand un exploitant indelicat de generateur electrique devient une menace pour la "Securite de l'etat" ? A quoi servent donc les FSI dans ce cas ? Il fut un temps ou le service de "Securite des Ambassades" intervenait au ministere des telecoms .... Les services securitaires sont-ils des milices aux service de leaders confessionnels ? On nous prend pour des cons ?

    Michel Trad

    11 h 20, le 13 mai 2026

  • Totalement scandaleux

    Sam

    08 h 03, le 13 mai 2026

  • Pour la millième fois: de quoi se mêle la "Sécurité de l’État"? Qu'a-t-elle à voir dans une affaire de tarifs de générateurs? Et le tribunal militaire?

    Yves Prevost

    07 h 54, le 13 mai 2026

  • Ce n'est pas á la justice d'evaluer le degré de confessionalisme des situations. Tels que les faits sont décrits : Le droit est du coté de la securité de l'Etat. Mais les circonstances de l'arrestation révèlent une faute professionelle. Dès lors c'est aux supérieurs et non aux juges de décider ou pas de sanctionner.

    Moi

    00 h 48, le 13 mai 2026

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