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Liban

La déclaration musclée de Le Drian : un message français au Hezbollah ?

Impasse au liban

La visite d’Emmanuel Macron au Liban, prévue le 14 février prochain, est en principe reportée.

26/01/2019

Lors d’un briefing off hier matin à l’Élysée en prévision du déplacement du président français en Égypte, une source du palais a confirmé, en réponse à une question, qu’il était « probable que le déplacement du président à Beyrouth (prévu le 14 février, NDLR) soit reporté » et ajouté que l’Élysée se donne encore quelques semaines pour évaluer la situation. Cette source estime qu’il « faut qu’il y ait un gouvernement au Liban non seulement quand le président se rendra sur place, mais aussi en amont pour préparer le plus efficacement possible la visite ».

Ce report éventuel, pressenti au Liban depuis quelques jours, vaut pour la tournée régionale dans laquelle se serait inscrite cette visite. Les raisons évoquées sont en partie liées à des considérations françaises : l’agenda du président, qui doit faire face à la crise interne des gilets jaunes, mais aussi l’échéance des élections européennes.

Elles résultent aussi et surtout de l’impasse politique actuelle au Liban, où la formation d’un gouvernement est bloquée depuis juin dernier. La position constante de l’Élysée sur la visite attendue du président français est la suivante : le chef de l’État entend limiter ses déplacements à l’étranger jusqu’aux européennes, mais serait prêt à se rendre entre-temps au Liban si un gouvernement était formé.

Il y a une semaine, l’ambassadeur de France Bruno Foucher avait une nouvelle fois appelé, dans ses vœux aux Libanais à l’occasion de la nouvelle année, à la formation d’un cabinet. « C’est impératif (…) pour que nous puissions consolider nos relations avec ce pays », avait-il dit. La conférence CEDRE, significative du partenariat franco-libanais, attend la formation du gouvernement pour que les projets d’investissement et de réformes prévus soient mis en œuvre.


(Lire aussi : Israël soumet à Macron les cartes des tunnels du Hezbollah à la frontière)


« Surréaliste »

L’information sur un report présumé de la visite d’Emmanuel Macron a été suivie hier – la simultanéité pourrait être pure coïncidence – d’une prise de position ferme du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, en direction de l’Iran et du Hezbollah, assortie d’une condamnation du blocage au Liban. « Il relève de la responsabilité de l’ensemble des responsables politiques libanais de faire en sorte que cesse cette situation d’impasse politique dans laquelle ils se sont mis eux-mêmes », a-t-il affirmé lors de ses vœux à la presse diplomatique. « On ne peut pas aujourd’hui se contenter de cette situation surréaliste » au Liban, a-t-il insisté. En raison de ce blocage politique, a-t-il poursuivi, « tous les engagements que nous avons pris antérieurement en faveur du Liban, y compris financiers, y compris à l’égard de l’armée libanaise, qui reste quand même aujourd’hui la colonne vertébrale de l’équilibre de l’État, ne peuvent pas être tenus ». Outre la conférence de Paris, le ministre faisait référence à la conférence de Rome de soutien à l’armée.

Il a également relevé que Paris serait « très ferme » à l’égard de l’Iran, notamment sur « l’envoi d’armes de la part de l’Iran à la branche armée du Hezbollah ».

Une lecture diplomatique prudente tend à dissocier les propos du chef de la diplomatie française d’un report hypothétique de la visite d’Emmanuel Macron au Liban. Le chef du Quai d’Orsay a peut-être fait passer un message sur le gouvernement dans la foulée de ses propos sur les sanctions américaines contre l’Iran, mais le report en soi n’est pas à considérer comme l’expression d’un tel message.

La France a toujours pressé les parties libanaises de former un gouvernement, et il n’y aurait rien de nouveau dans les propos de Le Drian. Du reste, sans interlocuteurs officiels, la visite du président Macron n’aurait aucun intérêt. C’est d’ailleurs pour cette raison que la ministre française de la Défense Florence Parly a reporté sa visite plus d’une fois, la dernière ayant été prévue en décembre dernier.

Une lecture politique lie les propos de Jean-Yves Le Drian aux pressions actuelles de Washington pour régler les dossiers de l’Irak, de la Syrie et du Liban, sous la pression des sanctions contre l’Iran, dont la troisième série est attendue le 4 février prochain. Dans ce cadre, les propos du chef de la diplomatie française seraient à lire comme imputant au Hezbollah la responsabilité du blocage du cabinet.



Pour mémoire 

Macron twitte en arabe : Nous souhaitons la désignation rapide d’un gouvernement à Beyrouth

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Eleni Caridopoulou

Il y a les gilets jaunes en France et le drapeau jaune au. Liban, le Hezbollah sera content quand le Liban sera détruit par Israel , il faut prier à Notre Dame du Liban pour protéger notre Pays

L’azuréen

Au moins en France l’opposition peut s’exprimer librement , le peuple peut revendiquer et contester même avec force ...Alors de grâce cesser de faire des comparaisons infondées sans queues ni têtes avec les gilets jaunes qui ne sont achetés par personne, ni par autre état , ni par une quelconque religion ou communauté .

Honneur et Patrie

Le Président français ne serait pas prêt à se rendre au Liban sans qu'un gouvernement ne soit formé.
La non-formation d'un gouvernement n'avait pas empêché quelques pays arabes à venir à Beyrouth inutilement pour un Sommet Economique Arabe inutile et sans résultats.

DC

Que viennent faire les Gilets Jaunes, abondamment et complaisamment invoqués par certains, ici, visiblement agacés par les remarques émises, à bon escient, par les officiels français ?? Au moins, le gouvernement et l’état français, aussi agitée soit la situation là-bas, ne sont pas bloqués et paralysés par une caste politique prétentieuse, incompétente et corrompue. Le spectacle désolant et désespérant auquel nous assistons au Liban, la situation économique des plus inquiétantes devraient, à eux seuls, dissuader certains de faire la morale et de donner des leçons aux dirigeants français !

Ziad Gabriel Habib

Le président Macron a raison. Pourquoi venir au Liban sans agenda et sans interlocuteurs responsables? Si la responsabilité veut encore dire quelque choses dans notre pauvre pays.

DAMMOUS Hanna

En France les gilets jaunes quand ils sont très violents ils utilisent des boules de pétanques et leur gouvernement ne s'en sort presque pas. Au Liban les drapeaux jaunes possèdent des missiles et une armée et les chancelleries demandent aux institutions de la république de s'en sortir.

gaby sioufi

encore une déconfiture ,
une autre giffle qui nous est assenee .
seraien on devenus( pas nous mais le pays/le pouvoir ) insensibles a ce point ?
ressemblerions nous dorenavant au personnage sur qui on crache et qui se dit tient, c'est la pluie qui me tombe dessus !!!!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DU PIPEAU !

Irene Said

Nous devons comprendre et admettre une fois pour toutes que seule la couleur jaune sied au Liban.

Les autres couleurs on en profite sans complexe mais aussi souvent en cachette quand cela nous convient:
voyages
nourriture
littérature
connaissances culturelles et intellectuelles à donner en exemple
et bien d'autres utilités quotidiennes
Irène Saïd








Sarkis Serge Tateossian

Non et non, on ne peut pas se contenter d'une telle situation ubuesque dans notre pays. Sans gouvernement sans infrastructures, sans relations avec l'étranger....où on va comme ça ?

Quelles sont les motivations réelles de ces blocages ?

Simple constatation : les manipulateurs ils commencent toujours et invariablement par isoler leur proie et lui faire couper tous liens avec ses proches et ses amis.

C'est ça le but recherché ?
Notre peuple mérite du respect et au delà de toutes considérations nombrilistes un respect au-dessus de tout intérêt partisan aléatoire. D'abord l'intérêt de la république libanaise vue dans une optique large celle de tous les libanais.

Saliba Nouhad

Mais c’est évident que les propos de Le Drian seraient un message musclé pour le Hezbollah à qui il impute indirectement la responsabilité du blocage du cabinet!
Malgré nos critiques des français, mais il faut avouer qu’ils ont toujours été le meilleur allié et ami du Liban parmi les pays occidentaux, avec qui ils se sentent une responsabilité historique et morale...
Ils sont à la base de l’accord CÈDRE, financent et équipent l’armée en l’absence des américains et réalisent le danger d’un conflit avec Israël: on les sent frustrés devant tellement d’imbécilités, d’irresponsabilités et immaturité de nos dirigeants qui mènent le pays vers un désastre sans aucun état d’âme!

Fan Phare Rond

Au Liban c'est + que des gilets jaunes qui vous attendent, c'est carrément des drapeaux jaunes.

Si vous ne vous sentez pas d'attaque, restez à Paris où bien allez en Égypte ou là où vous voulez mais au Liban NOUVEAU vous n'avez rien à exiger. On vit à notre rythme.

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