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Société - Enseignement

Annulation surprise du bac et du brevet français au Liban : les établissements pris de court, l'ambassade de France explique

Des parents d'élèves sont catastrophés par cette décision, prise selon l'ambassade de France au Liban pour « préserver l'équité entre tous les candidats ».

Des candidats présentent le bac français au Liban en 2019. Photo AFP d'archives.

Le ministère français de l’Éducation nationale a pris une décision inédite mardi, annulant les épreuves écrites et orales du bac et du brevet français au Liban comme dans d'autres pays du Proche et Moyen-Orient touchés par les conflits, à la veille de la fin des cours pour les élèves de terminale au Liban qui devaient commencer à se préparer pour les épreuves finales. Celles-ci seront donc remplacées par les notes du contrôle continu ou la moyenne annuelle de l'année.

Cette décision qui concerne aussi le Mali, a été prise « afin de tenir compte des situations particulières dans ces pays », a annoncé le ministère français de l'Éducation nationale, suscitant la surprise de chefs d'établissements et la déception de parents d'élèves à Beyrouth. Le service de Coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France, contacté par L'Orient-Le Jour, assure de son côté que la mesure a pour objectif de « préserver l'équité entre tous les candidats », vu les conditions d'apprentissage particulièrement hétérogènes au Liban, et qu'elle ne porte en aucun cas atteinte au niveau du diplôme du baccalauréat français.

Les candidats scolarisés dans les classes homologuées à enseignement français au Liban, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, en Irak, en Iran, en Israël, au Koweït, au Qatar et au Mali, ainsi que ceux inscrits dans les classes réglementées auprès du Centre national d'enseignement à distance (Cned), « se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés », précise le communiqué. Cette mesure, liée à la guerre au Moyen-Orient et à la situation sécuritaire critique au Mali, concerne les épreuves écrites du diplôme national du brevet, les épreuves anticipées de français, à l'écrit comme à l'oral, et de mathématiques du baccalauréat général et technologique, ainsi que les épreuves de spécialité et de philosophie et le grand oral en classe de Terminale. « Les candidats se présentant sous statut individuel pourront se présenter à la session de remplacement prévue en septembre 2026 », tant pour le brevet que pour le baccalauréat, précise le ministère. Des mesures d'aménagement pourront également être décidées dans d'autres pays, jusqu'à 15 jours avant le début des épreuves, si les conditions locales ne permettent pas leur organisation, notamment en cas de fermeture des centres d’examen, ajoute le ministère.

« Des conditions d'apprentissage hétérogènes »

Lors d'un appel avec notre journal, le service de Coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Liban explique que la décision « vise à préserver l’équité entre tous les candidats » et « s’inscrit dans un contexte régional ». Le service rappelle que la situation sécuritaire au cours des derniers mois a conduit les établissements scolaires à devoir adapter leur fonctionnement : alternance entre présentiel et distanciel, interruptions ponctuelles des cours, voire fermetures temporaires dans certaines régions. « Ces perturbations ont créé des conditions d’apprentissage très hétérogènes d’un établissement à l’autre, et parfois d’un territoire à l’autre », note-t-il. « Les mesures prises par le ministère de l’Éducation nationale permettent également d’apporter de la visibilité et de la sérénité aux élèves, aux familles et aux équipes éducatives », ajoute-t-il, précisant que « ces dispositions exceptionnelles sont prises dans l’intérêt des élèves et dans le souci de garantir à chacun les meilleures conditions possibles pour poursuivre son parcours scolaire ou universitaire ».

A la question de savoir si ce processus ne risque pas de pénaliser les élèves de terminale, notamment pour l'accès aux universités, l’ambassade de France assure qu’au contraire, « la décision a été prise pour éviter que les élèves soient pénalisés par les conséquences d’une situation qu’ils ne maîtrisent pas ». Et sur le niveau du baccalauréat qui sera délivré, elle assure que « le baccalauréat délivré cette année reste un diplôme national, dont la valeur et la reconnaissance demeurent inchangées ». « Les modalités d’évaluation ont été adaptées au contexte exceptionnel, mais le niveau d’exigence académique et la portée du diplôme sont maintenus », insiste le service de Coopération et d’action culturelle.

Une réunion prévue jeudi avec l'ambassade de France

Le proviseur du Grand-Lycée franco-libanais de Beyrouth (GLFL), Jean-Michel Maigre, a de son côté indiqué à notre publication qu’une réunion regroupera jeudi la conseillère adjointe de coopération à l’ambassade de France, Isabelle Picault, aux chefs d’établissements présentant les examens français, afin d’en savoir plus sur la décision et de trancher certaines questions, notamment les modalités et les dates de réévaluation des élèves de première et de troisième.

M. Maigre, s’est dit « surpris » de la décision « Nous n’étions pas informés d’une possible annulation et dans les dernières réunions que nous avions eues avec le service des examens de l’ambassade de France qui gère l’organisation du bac français, il était juste question d’apporter un léger aménagement au niveau des textes français pour les classes de première », a-t-il souligné. « Les élèves de terminale du GLFL étaient prêts à présenter le bac dans des conditions que j’estime normales et devaient terminer leurs cours jeudi avant d’entamer leur retraite », a ajouté M. Maigre, observant que pour certains élèves ayant bien travaillé au cours de l’année, l’annonce du ministère français de l’Éducation est une bonne nouvelle, alors que d’autres ayant accumulé du retard et comptant sur l’examen final pour se rattraper, font montre d’inquiétude.

Une « mauvaise surprise »

Du côté des parents, Caroline, mère d’une élève de terminale au Grand Lycée franco-libanais se dit profondément déçue de l’annulation des épreuves du baccalauréat français au Liban, cette année. « Je suis catastrophée et déçue pour les élèves qui avaient largement bouclé le programme et devaient commencer leur retraite lundi. Les épreuves du bac sont un aboutissement qui n’aura malheureusement pas lieu », commente-t-elle. « Ma fille et trois de ses amies sont encore plus déçues que moi. Elles viennent juste de l’apprendre et c’était pour elles une mauvaise surprise. Ce sont de bonnes élèves. Elles estiment qu’il était nécessaire de clôturer l’année avec le bac dans la poche au terme d'un examen final. D’autres élèves pourraient toutefois être soulagés », ajoute-t-elle.

Le coup d'envoi du baccalauréat général et technologique sera donné le 11 juin avec l'épreuve écrite anticipée de français pour les élèves de Première, suivie le lendemain par la nouvelle épreuve écrite anticipée de mathématiques. Les épreuves de Terminale débuteront le lundi 15 juin avec la philosophie, avant les épreuves de spécialité organisées du 16 au 18 juin et le grand oral à partir du 22 juin. Le brevet se déroulera les 26, 29 et 30 juin.

Depuis le 2 mars 2026, et après l'entrée du Hezbollah dans le conflit régional, Israël pilonne quotidiennement le Liban-Sud, faisant plus d'un million de déplacés. Dans ce cadre, des centaines de milliers d'élèves sont privés d'école ou ne bénéficient plus d'un enseignement régulier.

Le ministère français de l’Éducation nationale a pris une décision inédite mardi, annulant les épreuves écrites et orales du bac et du brevet français au Liban comme dans d'autres pays du Proche et Moyen-Orient touchés par les conflits, à la veille de la fin des cours pour les élèves de terminale au Liban qui devaient commencer à se préparer pour les épreuves finales. Celles-ci seront donc remplacées par les notes du contrôle continu ou la moyenne annuelle de l'année.Cette décision qui concerne aussi le Mali, a été prise « afin de tenir compte des situations particulières dans ces pays », a annoncé le ministère français de l'Éducation nationale, suscitant la surprise de chefs d'établissements et la déception de parents d'élèves à Beyrouth. Le service de Coopération et d'action...
commentaires (3)

À mon époque, il y a 25 ans, le bac français permettait surtout aux meilleurs élèves d’obtenir les plus hautes mentions pour intégrer les meilleures universités. Cette suppression peut donc pénaliser ceux qui comptaient sur l’examen pour se distinguer, malgré le contrôle continu. En revanche, elle aidera sans doute les élèves moyens ou proches de l’échec. À l’inverse, ceux qui espéraient se rattraper au bac peuvent trouver cette décision injuste. J’ai aussi le sentiment que toutes les alternatives n’ont peut-être pas été étudiées avant cette décision

Elias L

01 h 18, le 13 mai 2026

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Commentaires (3)

  • À mon époque, il y a 25 ans, le bac français permettait surtout aux meilleurs élèves d’obtenir les plus hautes mentions pour intégrer les meilleures universités. Cette suppression peut donc pénaliser ceux qui comptaient sur l’examen pour se distinguer, malgré le contrôle continu. En revanche, elle aidera sans doute les élèves moyens ou proches de l’échec. À l’inverse, ceux qui espéraient se rattraper au bac peuvent trouver cette décision injuste. J’ai aussi le sentiment que toutes les alternatives n’ont peut-être pas été étudiées avant cette décision

    Elias L

    01 h 18, le 13 mai 2026

  • Il aurait été, je pense, pertinent de donner également la parole aux parents, élèves et personnels des lycées français du Sud qui ont malheureusement été dans des conditions beaucoup moins normales. Il est aussi dommage que leurs situations en temps de guerre ne soient pas abordées dans vos colonnes. Il n’y a pas que le GLFL…

    Jules HAMDAN

    18 h 49, le 12 mai 2026

  • Une pourriture de plus de la vie des libanais due aux criminels du hezballah. Ils tirent vers le bas tous les libanais. Bien sur dans leur modèle social, l'education est le dernier de leurs soucis.

    Moi

    13 h 35, le 12 mai 2026

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