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Liban

Au Liban, des idées innovantes en faveur d’une tendance de plus en plus verte

« L’Orient-Le Jour » en guerre contre le plastique

La délégation de l’UE a organisé une présentation de projets en faveur du recyclage et du développement durable au Liban.

30/11/2018

Recherche de solutions pour la gestion durable des déchets et initiatives en faveur de la protection de l’environnement ont été hier au centre d’une présentation de projets, organisée par la Délégation de l’Union européenne au sein des locaux de l’espace Antwork, à Hamra, en présence d’une soixantaine de participants, dans une atmosphère particulièrement conviviale. Sept entrepreneurs ont successivement présenté chacun son projet. Ils représentaient des municipalités, des entreprises, des ONG et des universitaires libanais passionnés par la protection de l’environnement et par la recherche de solutions aux défis de la gestion des déchets solides. Ces bonnes pratiques sont autant d’exemples d’initiatives qui peuvent appuyer l’émergence d’un changement de mentalité pour une gestion des déchets économiquement viable et durable.


(Lire aussi : Et si on créait un mur végétal, un vrai, grâce à des sacs en plastique ?)


Réutilisation des déchets

Nour Kays, jeune directrice artistique et fondatrice du projet NK, a pu redonner une nouvelle vie aux sacs en plastique qu’elle collecte pour fabriquer des accessoires de mode : sacs, pochettes, porte-clés : « Je permets aux sacs en plastique de prolonger leur vie », déclare-t-elle. Son but n’est pas de détruire ces déchets, mais plutôt de les transformer de façon innovante, afin que les consommateurs les réutilisent d’une autre façon.

Fabric AID, présentée par le jeune cofondateur Houssam Hanouni, s’est donné le même objectif mais en fixant son attention sur le textile. Cette entreprise sociale, fondée cette année, rapproche des personnes n’ayant pas les moyens d’acheter des vêtements neufs de propriétaires de boutiques ou de distributeurs de textiles. Elle leur permet aussi d’acquérir des habits portés mais presque neufs. Pour le jeune cofondateur, la fabrication du textile est la seconde industrie la plus polluante au monde. Face à ces enjeux, à la fois environnementaux et sociaux, la solution trouvée est de rassembler les vêtements inutilisés à travers des associations et des bacs de collecte, puis de les trier et les nettoyer, afin de les revendre à un prix abordable dans des marchés et des friperies. « Depuis le lancement du projet, nous avons vendu 35 000 vêtements », a déclaré Houssam.

Suivant le même objectif du recyclage et de l’économie circulaire, Gaby Kassab a présenté son projet de tri et de recyclage des déchets électroniques. Pour cet ingénieur, « au Liban 65 % des déchets électroniques sont stockés dans les maisons », tandis que les déchets sont broyés sans aucune mesure de sécurité environnementale. Face à la dangerosité de ces produits, son ONG, Eco Serv, développe des solutions de gestion durable et respectueuse de l’environnement. À travers un processus sélectif, les membres de l’association collectent puis trient minutieusement les éléments électroniques en éliminant les matières dangereuses. Parallèlement à ces activités, l’association met en place des expositions afin que les artistes puissent participer aux innovations écologiques. Pour Gaby, l’enjeu est « d’offrir aux individus des solutions simples au problème des déchets solides. »


(Lire aussi : Recycle Lebanon : « C’est notre rôle de faire connaître au public le bon chemin vers le zéro plastique au Liban »)


Initiatives privées

La gestion des déchets alimentaires est également un enjeu écologique central au Liban. Afin de faire face aux dangers des restes alimentaires non traités sur la santé, Marc Aoun, membre de l’association Compost Baladi, a présenté des solutions innovantes basées sur l’engagement citoyen. « Avec un bon management des déchets, on peut résoudre progressivement les problèmes liés aux ordures à l’air libre », a indiqué l’environnementaliste. L’association a installé plusieurs centres de compost au Liban en collaboration avec des municipalités, des propriétaires de maison, de restaurants, ou toutes autres institutions commerciales, afin de collecter les déchets alimentaires pour les transformer en matière hygiénique semblable à du terreau. Selon l’activiste, « 80 % des déchets organiques du village de Manara (dans la Békaa) sont recyclés par compost ». Il espère que ces projets vont se multiplier dans l’avenir et que davantage de municipalités s’y associeront.

Pour Marc Beyrouthy, cofondateur du Comité vert de l’USEK, associer les étudiants à la gestion de l’environnement est essentiel. Dans le cadre de son projet citoyen, il a notamment mis en place des centres de compost sur le campus de l’université afin de sensibiliser les étudiants à une gestion plus responsable de leurs déchets. De même, Mona Hallak, fondatrice d’une association pour le recyclage à Beyrouth, a progressivement mis en place une gestion collective des déchets « entre les voisins de l’AUB ».

Ces différentes initiatives reflètent le dynamisme d’une société civile qui souhaite travailler collectivement en faveur de la protection de l’environnement. « Ce sont de petites interventions au niveau local qui permettent de modifier le paysage d’un quartier », a expliqué Mona Hallak.


(Lire aussi : Le plastique dans tous ses états, allié autant qu’ennemi)


Pour l’ambassadrice de l’Union européenne, Christina Lassen, qui a assisté à la présentation, mettre en avant ces initiatives répond à un double but : démontrer l’importance du dynamisme de la société civile pour le développement durable du Liban et rapprocher les acteurs au sein d’une communauté. « Aujourd’hui (hier), nous voulions mettre en lumière ce qui fonctionne le mieux dans le secteur. Comme il fallait s’y attendre, les bonnes nouvelles viennent principalement d’initiatives privées, qu’il s’agisse de particuliers dévoués, d’ONG, du monde universitaire ou de petites entreprises en démarrage, en particulier dans le recyclage », a-t-elle commenté.

L’Union européenne, dont la Délégation au Liban a banni l’usage du plastique dans ses locaux, encourage une gestion des déchets sûre, économiquement viable et durable, qui repose sur la « hiérarchie des déchets », une approche qui priorise la prévention des déchets, leur réutilisation, leur recyclage, leur valorisation et, en dernier recours, la mise en décharge.


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