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Diaspora

George Bitar à « L’OLJ » : La diaspora libanaise n’a pas tourné le dos au pays 

Interview

Le président de l’organisation SEAL, qui œuvre en faveur de projets socio-économiques au Liban, appelle les dirigeants libanais « à faire bouger les choses ».

19/11/2018

Créée en 1997 à New York par des hommes d’affaires et grands financiers libano-américains, SEAL (Social and Economic Action for Lebanon), une organisation à but non lucratif, allie philanthropie et développement économique pour venir en aide aux plus démunis. Cette organisation, qui a célébré tout récemment ses 21 ans d’investissement dans des projets socio-économiques à travers le Liban et se spécialise dans l’irrigation, l’agriculture, la pêche et les projets incluant les femmes, est devenue une importante institution sur le plan opérationnel.

« En 21 ans, SEAL a acquis une certaine crédibilité avec 150 projets d’une valeur de trois millions de dollars grâce à la générosité de la diaspora new-yorkaise, contribuant ainsi à l’amélioration de la vie de plus de 34 000 Libanais », affirme George Bitar, président de SEAL et financier philanthrope bien établi à New York. M. Bitar indique, dans une interview accordée à L’OLJ, que « SEAL veut désormais entrer dans une nouvelle phase et ambitionne de lever des fonds auprès de grandes organisations et fondations, telles que Gates Foundation, Ford Foundation et Rockefeller Foundation, afin de faire converger leurs objectifs avec les nôtres au Liban ». « Pour ce faire, l’organisation devra aider les bénéficiaires à mieux gérer leurs finances et les encourager à créer des produits pour des marchés plus importants, confie-t-il. C’est une manière de participer à la valeur ajoutée de la chaîne de production et la vente. Là se trouve l’avenir de SEAL. » Des pourparlers sont en cours avec deux organisations connues dans la région pour réaliser ces objectifs.


(Lire aussi : Marc Malek, ou l’ambition d’un lobby libanais aux États-Unis)


Objectif : promouvoir les réformes au Liban
Le regard toujours tourné vers son pays d’origine, George Bitar s’active sur différents fronts en faveur du Liban. Il est membre fondateur de LIFE (Lebanese International Finance Executives), une plate-forme cruciale de mentorat en entrepreneuriat pour les start-up de la technologie au Liban et un tremplin vers la Silicon Valley via Lebnet. Il est également membre de Endeavor Lebanon, une initiative pour investir au Liban, ainsi que Kulluna Irada, une organisation ayant pour objectif de promouvoir les réformes au Liban, ainsi que LOGI (Lebanese Gas and Oil Initiative).

Ces initiatives ont pour priorité de créer un réseau d’entraide, d’aider la prochaine génération à avoir accès aux bourses et au mentorat et de promouvoir le Liban en tant que destination d’investissement. « Une telle tâche suppose d’agir en tant que lobby non seulement dans les capitales étrangères, mais aussi au Liban même, pour s’assurer que les lois relatives à la protection de l’investisseur existent bel et bien, souligne-t-il. Nous sommes un groupe de Libanais qui n’avons pas tourné le dos au pays. Cela se manifeste par notre action à travers SEAL, LIFE et Kulluna irada, qui compte une cinquantaine de membres experts dans tous les domaines et dont la moitié fait partie de la diaspora. Ses priorités sont d’ordres économique et juridique, sans compter la lutte contre la corruption. »

Kulluna irada, rappelle-t-il, est la seule organisation de la société civile à avoir été invitée à la conférence de la CEDRE à Paris. « Nombreux se disent prêts à participer à son financement, et des membres du Parlement souhaiteraient travailler avec nous. Il y a beaucoup à faire, surtout au niveau des jeunes universitaires », souligne-t-il. Le vent du changement commence-t-il à souffler, grâce à l’énergie de la diaspora ? George Bitar lance un appel aux dirigeants libanais pour faire bouger les choses. « Il est important de dire qu’il y a beaucoup de personnes qui sont prêtes à aider le Liban. En contrepartie, il faut que nos dirigeants collaborent avec nous. » Encore faut-il que cet appel soit entendu.


(Lire aussi : SEAL célèbre son vingtième anniversaire avec Mashrou’ Leila et dix nouvelles initiatives)


Une riche carrière
Le parcours de ce financier philanthrope est jalonné de succès. En janvier 1983, George Bitar débarque aux États-Unis « espérant y passer trois mois ». Trente-cinq ans plus tard, il y est toujours… Il décroche un diplôme de génie de la Boston University, tout en aspirant à se lancer dans la finance. Après une maîtrise à la Columbia Business School, il intègre Merrill Lynch dans le domaine des fonds privés et dans l’investissement des fonds de compagnie dans le monde, en tant que responsable de plusieurs régions, notamment en Amérique latine, en Europe de l’Est, en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord.

« Il s’agissait d’acheter des compagnies, de les améliorer et de les revendre à profit, raconte George Bitar. J’ai participé, en tant que représentant de Merrill Lynch, à l’acquisition de la plus grande chaîne d’hôpitaux au monde. Cette opération est considérée comme la plus réussie dans ce domaine. Je suis aussi fier d’un autre important investissement en Turquie parce qu’il a permis de créer 7 000 emplois. »

Suite à la crise financière, George Bitar quitte Merrill Lynch pour travailler dans la gestion des investissements de fonds privés avec Black Rock Inc. Il finit par réaliser son rêve en s’associant à Habib Keyrouz, une autre brillante figure de la diaspora new-yorkaise. George Bitar est marié à Claudia Fleming, une Américaine d’origine irlandaise très active dans la philanthropie et SEAL. Ils ont deux filles.


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