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Liban

L’Unrwa rassemble 122 millions de dollars à New York

Réfugiés palestiniens

Le directeur de l’agence au Liban, Claudio Cordone, souligne à « L’Orient-Le Jour » que, malgré les sommes fournies, les fonds manquent pour achever l’année.


11/10/2018

Grâce à une réunion de donateurs tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations unies le mois dernier, l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (Unrwa) a réussi à assurer 122 millions de dollars lui permettant de poursuivre ses fonctions durant les mois à venir dans les pays où il se trouve, à savoir le Liban, la Syrie, la Jordanie et les territoires palestiniens. Cependant, il faudra trouver encore des fonds, 64 millions de dollars exactement, pour que l’agence onusienne créée en 1949 puisse s’acquitter de son travail jusqu’à la fin de l’année.

La crise de l’Unrwa a éclaté au début de l’année quand les États-Unis, l’un des plus gros donateurs durant des décennies, ont décidé de réduire leurs aides, qui se chiffraient en 2017 à 360 millions de dollars. Ainsi, au début de 2018, Washington avait annoncé que 60 millions de dollars seront versés pour la totalité de l’année. En septembre dernier, les États-Unis ont déclaré qu’ils cessaient définitivement de soutenir l’Unrwa.

Dans un entretien avec L’Orient-Le Jour, Claudio Cordone, directeur de l’Unrwa au Liban, note que « certes des fonds ont été assurés, mais ne suffiront pas jusqu’à la fin de l’année, notamment concernant la scolarisation et les dépenses de santé pour les réfugiés palestiniens ».

Au Liban, l’Unrwa emploie 3 000 personnes. Elles travaillent notamment dans 66 écoles qui accueillent 37 000 élèves cette année et dans 27 centres de soins qui ont traité 167 000 cas en 2017. Malgré la crise qui la touche, l’Unrwa au Liban tient à préserver les postes de ses employés. « Nous faisons d’importants efforts pour ne pas réduire nos services et garder l’emploi de nos salariés », souligne dans ce cadre M. Cordone, qui souhaite que la situation ne se dégrade pas avec le manque de fonds.


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Un déficit à combler

Détaillant les fonds octroyés, il précise que « lors de la réunion de New York présidée par un comité constitué de la Jordanie, la Turquie, la Suède, le Japon, l’Allemagne et l’Union européenne et à laquelle ont pris part 34 États, 122 millions de dollars ont été rassemblés ». Parmi les pays qui ont versé, ou promis de verser des fonds, il cite « le Koweït avec 42 millions de dollars, l’Union européenne 40 millions, l’Allemagne 18 millions, la Norvège 8 millions, la Belgique 2 millions, la France 2 millions et l’Irlande 1 million ».

« Une partie des fonds nécessaires pour cette année ont été assurés, mais il reste un déficit de 64 millions de dollars à combler. Il faut commencer à penser dès aujourd’hui à lever des fonds pour l’année prochaine et assurer le soutien financier qui était pourvu jusqu’en 2017 par les États-Unis », ajoute le directeur de l’Unrwa au Liban.


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Il note également que l’agence reçoit le soutien de donateurs pour des projets précis dont le financement n’entre pas dans le cadre du budget global de l’Unrwa. Cela permet à l’Unrwa de préserver une bonne présence dans les camps palestiniens. « Ce sont des projets qui se rapportent par exemple à l’éducation (le projet Madad de l’Union européenne), à la réhabilitation de l’infrastructure des camps financée par l’Allemagne, ou encore la réhabilitation des habitations touchées par les divers rounds de combats à Aïn el-Héloué, assurée par le Japon », dit-il. Selon des chiffres datant de 2017, sur plus de 521 000 réfugiés palestiniens enregistrés au Liban, seulement entre 260 000 et 280 000 résident dans le pays. Aujourd’hui, 55 % des réfugiés palestiniens du Liban vivent hors des camps. Le pays compte 12 camps de réfugiés palestiniens peuplés à 72 % de réfugiés. Il y a aussi des habitants qui sont notamment de nationalité libanaise et syrienne.

Jusqu’à présent, 39 métiers dans divers domaines sont interdits aux réfugiés palestiniens du Liban. Il s’agit notamment de professions se rapportant à la médecine, la dentisterie, les soins infirmiers, le laboratoire médical, le génie, le droit, la pêche et les transports.


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