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Économie

Sanctions contre l'Iran : comment réagissent les entreprises européennes touchées

Iran / Repère
OLJ/AFP
06/08/2018

Le retrait américain de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien et le rétablissement prévu de dures sanctions économiques compromettent les activités des multinationales européennes en Iran. Tour d’horizon des principaux secteurs concernés.

Automobile
Les constructeurs français Renault et PSA, qui écoulent près de la moitié des voitures neuves immatriculées en Iran, ont communiqué de façon très différente. PSA a annoncé début juin qu’il préparait la suspension de ses activités sur ce qui est son principal marché étranger en volume, minimisant toutefois l’ampleur de son retrait. Renault a pour sa part assuré ne pas vouloir abandonner ses activités quitte à « réduire la voilure très fortement ».
Les poids lourds allemands seront également pénalisés. En particulier Daimler, signataire en 2016 de protocoles d’accord avec deux groupes iraniens pour produire et commercialiser des camions Mercedes-Benz. Volkswagen, fortement implanté aux États-Unis, devrait de son côté se retrouver contraint de renoncer à ses projets de retour en Iran.

Aéronautique
Les plus gros contrats signés après l’accord sur le nucléaire concernaient l’industrie aéronautique. Airbus avait enregistré des commandes de compagnies iraniennes pour 100 avions. Seuls trois appareils ont été livrés à ce jour. Mais le géant, qui comptait 7 168 avions en tout dans son carnet de commandes au 30 juin, a toutefois de quoi voir venir.
La compagnie Iran Air a en outre annoncé samedi qu’elle allait recevoir 5 nouveaux appareils du constructeur français ATR dimanche sur une commande totale de 20, dont 8 ont déjà été livrés. La France espère obtenir un feu vert américain pour la livraison de nouveaux avions avant l’entrée en vigueur des sanctions.

Industrie pétrolière
Après l’accord de 2015, le groupe pétrolier et gazier français Total s’était associé à la compagnie d’État chinoise CNPC pour investir 5 milliards de dollars dans l’exploitation du gisement gazier South Pars, dans le golfe Persique. Un projet dont il devrait donc se désengager, faute d’avoir obtenu une dérogation américaine, avec toutefois des pertes mesurées. L’Iran a prévenu que le français serait remplacé par CNPC. Le géant gazier italien ENI, dont le contrat d’achat de 2 millions de barils de pétrole chaque mois expire fin 2018, n’a, lui, pas renouvelé son accord avec l’Iran.


(Lire aussi : « 90 % des jeunes Iraniens veulent juste partir ! »)


Industrie ferroviaire et navale
L’industrie ferroviaire italienne pourrait pâtir des sanctions. Le groupe public des chemins de fer Ferrovie dello Stato a en effet signé en juillet 2017 un accord pour la construction d’une ligne à grande vitesse dans le nord de l’Iran. Plusieurs accords de coopération avaient également été conclus entre l’Iran et le groupe de construction navale Fincantieri en 2016.
L’Italie est en outre redevenue le premier partenaire commercial européen de l’Iran, ses exportations vers ce pays ayant gagné 12,5 % en 2017, à 1,7 milliard d’euros.

Industries diverses
L’allemand Siemens s’était relancé en Iran en mars 2016 en s’associant à l’iranien Mapna dans les turbines à gaz et les générateurs pour centrales électriques. En janvier, il avait signé un contrat portant sur 12 compresseurs pour deux usines de traitement du gaz naturel. Vendredi, le groupe a déclaré qu’il souhaitait « rester en stricte conformité » avec les réglementations en cours, sans annoncer son retrait. Le groupe de gaz industriels français Air Liquide a en revanche « a décidé de cesser toute activité commerciale ».
S’agissant de l’industrie pharmaceutique, un porte-parole du français Sanofi, présent en Iran depuis une douzaine d’années, a affirmé que le groupe allait pour l’instant « continuer » ses activités.

Tourisme
Les compagnies britannique British Airways et allemande Lufthansa vont devoir cesser leurs vols directs vers Téhéran si elles veulent continuer à opérer librement des vols transatlantiques.
Le français AccorHotels, qui a ouvert deux hôtels à l’aéroport de Téhéran en 2015, pourrait être pénalisé, tout comme le groupe émirati Rotana Hotels qui disait vouloir s’implanter en Iran.
L’espagnol Melia Hotels International, qui a signé un accord en avril 2016 pour gérer un hôtel de luxe cinq étoiles en Iran, le Gran Melia Ghoo, a estimé qu’il était trop tôt pour se prononcer.



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