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Hariri : Certains politiciens libanais se dépêchent de se rendre en Syrie avant les réfugiés...

Le Premier ministre désigné critique les visites de responsables libanais à Damas.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri en mars 2018. Photo ANI

Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, a ironisé mardi sur les dernières visites de responsables libanais à Damas, malgré la politique de distanciation que le gouvernement libanais s'est engagé à respecter.

"Certains politiciens libanais se dépêchent de se rendre en Syrie avant les réfugiés... je me demande pourquoi...", a twitté Saad Hariri. Il faisait référence à la visite la semaine dernière du ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, membre du Hezbollah, à Damas où il avait rencontré plusieurs responsables du régime de Bachar el-Assad, et à celle annoncée "pour très bientôt" jeudi par le ministre de l'Agriculture, Ghazi Zeaïter, du mouvement Amal. 



L'ancien ministre prosyrien Wi'am Wahhab a répondu sans tarder au tweet de M. Hariri. "M. le Président, ceux qui vont en Syrie y vont et en reviennent la tête haute et n'y sont pas détenus", a-t-il écrit.

M. Wahhab faisait allusion à l'épisode de novembre dernier, au cours duquel Saad Hariri avait annoncé, depuis Riyad, sa démission de son poste de Premier ministre, et n'était pas rentré au Liban pendant de longues semaines, ce qui avait déclenché de nombreuses spéculations sur son sort, dans le contexte de purges et d'arrestations lancées par le régime saoudien contre de nombreux responsables et hommes d'affaires, alors accusés de corruption. 


"Vous ne me verrez jamais en Syrie"
Le député Tarek Merhebi, affilié au Courant du Futur de M. Hariri, n'a lui non plus pas tardé à répondre aux propos de M. Wahhab.
"La Syrie est la nôtre, c'est notre fierté et notre histoire, ce sont les gouverneurs de la Syrie qui sont injustes envers elle et qui ont poussé sa population à l'exode", a écrit le jeune député sur sa page Twitter. "Le régime syrien a mis en place une grande prison arabe dans laquelle il enferme des millions de Syriens, à l'intérieur et l'extérieur du pays", a-t-il ajouté.
"Lorsque nous voyageons à l'étranger, nous ramenons des programmes de développement. Nous n'oublions pas ceux qui ont ramené avec eux des plans de discorde et d'attentats à l'explosif, notamment le plan concocté par Michel Samaha, et avant lui nombre d'autres personnes", a lancé Tarek Merehbi.

L'ancien ministre libanais Michel Samaha prosyrien avait été condamné le 8 avril dernier à treize ans de travaux forcés et à la déchéance de ses droits civiques, après avoir été jugé coupable de quatre chefs d'accusation : la détention et le transport d'explosifs dans le but de perpétrer des actes terroristes, la formation d'un groupe chargé de perpétrer des crimes contre la population et la sécurité de l'État, la tentative d'assassiner des hommes politiques et des hommes de religion dans le but d'inciter à la discorde dans la région du Akkar et la détention d'armes à feu et de munitions sans permis.

Lors d'une causerie avec des journalistes reçus en début de soirée à la Maison du Centre, M. Hariri a assuré qu'il ne se rendra jamais en Syrie. "Vous ne me verrez jamais en Syrie, même si toute la donne de la région change", a-t-il martelé.
Ce à quoi Wi'am Wahhab n'a pas tardé à rétorquer, soulignant sur son compte Twitter que M. Hariri n'irait en Syrie "que s'il reçoit des ordres dans ce sens du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane".


Les visites de responsables libanais à Damas interviennent alors que les formations prosyriennes et le Courant patriotique libre (aouniste) multiplient leurs appels pour une normalisation des relations avec le régime de Damas et pour un retour des réfugiés en Syrie. Le Hezbollah a annoncé il y a moins d'un mois la mise en place d'une structure visant à aider les réfugiés à rentrer dans leur pays, en coordination avec les autorités libanaises et Damas. Le CPL, dirigé par Gebran Bassil, le ministre sortant des Affaires étrangères, a également annoncé vouloir mettre en place sa propre structure partisane pour faciliter le retour des réfugiés syriens.

Le Liban accueille 1,5 million de réfugiés syriens pour une population de quatre millions d'habitants. Samedi dernier, plus de 700 d'entre eux, qui étaient installés à Chebaa et dans la Békaa, sont rentrés en Syrie via le poste-frontière de Masnaa, dans le cadre d'une opération de retour volontaire organisée par la Sûreté générale libanaise en coordination avec le régime de Damas.  Il s'agissait de la cinquième vague de rapatriement organisée par la SG depuis fin juin. 

Cette opération est intervenue alors que la Russie a proposé lors du sommet de Helsinki qui a réuni, le 16 juillet, les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump, de coopérer pour assurer le retour de réfugiés installés au Liban et en Jordanie. À cette fin, Moscou propose de créer un groupe de travail réunissant les Russes, les Américains et les Jordaniens sur la base du centre de coordination russo-jordanien à Amman, ainsi que la création d’un groupe similaire au Liban.

Vendredi, le président libanais, Michel Aoun, avait appelé les Nations unies à soutenir le plan russe. La veille, une délégation présidée par l’émissaire russe pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev, formée de treize responsables, dont des représentants des ministères russes des Affaires étrangères et de la Défense, avait présenté son plan à Baabda.



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Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, a ironisé mardi sur les dernières visites de responsables libanais à Damas, malgré la politique de distanciation que le gouvernement libanais s'est engagé à respecter."Certains politiciens libanais se dépêchent de se rendre en Syrie avant les réfugiés... je me demande pourquoi...", a twitté Saad Hariri. Il faisait référence à la visite la semaine dernière du ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, membre du Hezbollah, à Damas où il avait rencontré plusieurs responsables du régime de Bachar el-Assad, et à celle annoncée "pour très bientôt" jeudi par le ministre de l'Agriculture, Ghazi Zeaïter, du mouvement Amal. !function(d,s,id){var...
commentaires (7)

"ceux qui vont en Syrie y vont et en reviennent. C'est là le drame. On préférerait qu'ils y restent!

Yves Prevost

07 h 08, le 01 août 2018

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Commentaires (7)

  • "ceux qui vont en Syrie y vont et en reviennent. C'est là le drame. On préférerait qu'ils y restent!

    Yves Prevost

    07 h 08, le 01 août 2018

  • et d'autres vont souvent à Riadh, ou discuter à Beyrouth avec l'ambassadeur saudi

    Talaat Dominique

    20 h 05, le 31 juillet 2018

  • pauvre saad hariri. il est vraiment a plaindre . devra t il encore une fois ravaler sa fierte, son honneur, sa tristesse, ses espoirs ? sera t il force a faire un baise main a assad ?

    Gaby SIOUFI

    16 h 17, le 31 juillet 2018

  • LES LECHES BOTTES SONT PARTOUT ET DANS TOUS LES PAYS LES PREMIERS A COURIR LECHER LES BOTTES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 41, le 31 juillet 2018

  • Wi'am Wahhab: "Mr. le Président, ceux qui vont en Syrie y vont et en reviennent la tête haute et n'y sont pas détenus". Sans vouloir lui faire de la peine a tartampion, il vaut mieux être détenu mais libre que collabo avec la tête haute. A votre place je ne me vanterai pas trop d’être un collabo... Le retour a une vie libre et indépendante risque de voir toute traîtrise jugée, et vous le serais de juger un jour! Proche inshallah!

    Pierre Hadjigeorgiou

    15 h 31, le 31 juillet 2018

  • RIEN DE NOUVEAU DE TOUT CA, S'ILS NE PARTENT PAS EN SYRIE OU EN IRAN, ILA PARTENT EN ARABIE SAOUDITE. SI NON ILS N'ONT AUCUNE CHANCE DE DEVENIR MINISTRABLE AU LIBAN.

    Gebran Eid

    14 h 14, le 31 juillet 2018

  • ...""Certains politiciens libanais se dépêchent de se rendre en Syrie avant les réfugiés..."" Cher Saad, un politicien libanais, dont j'ai oublié le noms, se dépêchait de se rendre à Damas avant même les conclusions du Tribunal spécial pour le Libanais. Certains de vos détracteurs ne manqueront l'occasion pour simple rappel ....

    Charles Fayad

    13 h 51, le 31 juillet 2018

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