X

Liban

Le Liban salue l’initiative de rapatriement des réfugiés syriens initiée par la Russie

Réfugiés syriens

Une réunion élargie avec la délégation russe s’est tenue à Baabda en présence des trois présidents.

Fady NOUN | OLJ
27/07/2018

Le Liban a favorablement accueilli hier, par la voix du chef de l’État, le président Michel Aoun, le plan de rapatriement de 890 000 réfugiés syriens que lui a soumis l’émissaire russe Alexandre Lavrentiev, arrivé en cours de journée au Liban venant de Jordanie, dans le cadre d’une initiative touchant le royaume hachémite et le Liban, décidée d’un commun accord par la Russie et les États-Unis, au cours du récent sommet de Helsinki. Plus tôt dans la journée, l’envoyé russe avait rencontré à Amman le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman al-Safadi.

La délégation diplomatico-militaire russe arrivée au Liban était formée de treize responsables, dont des représentants des ministères des Affaires étrangères et de la Défense. Elle s’est rendue à Baabda pour une rencontre élargie avec le président Aoun, le Premier ministre désigné Saad Hariri et le président de la Chambre, Nabih Berry, dont la présence a été jugée indispensable, en considération de l’importance de la proposition russe.

Par ailleurs, le ministre sortant de la Défense, Yaacoub Sarraf, le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, et le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, ont pris part à la réunion, ainsi que le chef des services de renseignements de l’armée, le général Antoine Mansour, le directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, Ghady Khoury, le directeur général de la présidence de la République, Antoine Choucair, et un certain nombre de conseillers.

La délégation, note-t-on, s’était auparavant rendue à la Maison du Centre, résidence de Saad Hariri, pour une rencontre préparatoire qui s’est déroulée en présence du ministre sortant de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, du ministre d’État sortant pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, et du conseiller de M. Hariri chargé de cette question, Georges Chaaban.


(Lire aussi : Le Liban et l’initiative russe : une occasion à ne pas rater, le décryptage de Scarlett HADDAD)


Réunion expéditive
« Un certain nombre de déplacés dans les pays voisins retournent chez eux en Syrie, et cela est un bon indicateur. Le gouvernement syrien a la volonté de créer les conditions adéquates pour les ramener à une vie normale, a déclaré Alexandre Lavrentiev à l’issue d’une réunion expéditive de 30 minutes. Nos discussions au Liban étaient positives et le gouvernement syrien affirme qu’il ne prendra aucune mesure contre les déplacés qui souhaitent rentrer. »

« La vie revient à la normale en Syrie, a encore plaidé M. Lavrentiev, estimant qu’une telle normalisation est la meilleure des garanties pour les réfugiés. » Et d’ajouter : « Ils ont la garantie du gouvernement syrien. Ils affirment qu’il n’y aura pas de répression ou des mesures (coercitives) contre ceux qui souhaitent revenir à la vie civile. »

« Le Liban salue l’initiative russe pour le retour des déplacés, laquelle répond à nos appels de leur assurer un retour sûr », a déclaré M. Aoun devant la délégation russe, selon le compte Twitter de la présidence. « Nous allons offrir l’aide nécessaire pour appliquer les propositions russes », a-t-il ajouté.


(Lire aussi : Paroles de réfugiés syriens à Ersal : « Je sais parfaitement, et mieux que l’ONU, de quoi le régime syrien est capable »)


Contributions internationales
Par ailleurs, l’émissaire russe a appelé la communauté internationale à contribuer au retour des réfugiés en Syrie, sachant que le régime contrôle désormais plus de 60 % du territoire. Il a appelé « la communauté internationale à contribuer à ce processus » avec l’implication de « tous les pays ». « Sans l’aide internationale, il sera très difficile de créer des conditions favorables aux personnes qui souhaitent rentrer », a affirmé M. Lavrentiev. Selon lui, le gouvernement syrien « n’est pas capable de fournir une aide financière importante » pour ces retours. L’ONU, en première ligne sur cette question à travers le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), a indiqué « ne pas avoir été impliquée dans ces discussions ».

La proposition russe prévoit la création d’un groupe de travail réunissant les Russes, les Américains et les Libanais. Selon toute vraisemblance, c’est le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, qui présidera, côté libanais, la commission tripartite qui, de toute évidence, devra également impliquer les autorités syriennes.

Selon certaines indiscrétions en provenance de Baabda, le plan de retour prévoit le rapatriement de 890 000 déplacés syriens en deux étapes : une première prévoyant leur retour dans des camps installés aux frontières ou dans des régions sûres, et, par la suite, leur retour dans leurs villes et villages d’origine, si tant est que ce retour est sauf.

On rappelle que le Liban estime à 1,5 million le nombre de réfugiés syriens vivant sur son sol, dont moins d’un million inscrit auprès du HCR. Quant à la Jordanie, 650 000 réfugiés sont inscrits auprès de l’agence onusienne, contre des estimations de 1,3 million.

Après les discussions avec la délégation, le chef de l’État, Michel Aoun, le Premier ministre désigné, Saad Hariri, et le président du Parlement, Nabih Berry, ont tenu une réunion entre eux qui a porté aussi bien sur le plan russe que sur le point atteint par le processus de formation du nouveau gouvernement.



Lire aussi

Le Liban s’apprête à prendre part au projet russe de rapatriement des réfugiés syriens

En attendant le projet russe, environ 700 nouveaux réfugiés sont rentrés en Syrie

La foire aux réfugiés, l'éditorial de Issa Goraieb

Foucher : Le régime syrien entrave le retour des réfugiés

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Le pont

Ils prennent 890'000.- et risquent de nous laisser les plus nuisibles, dont ceux qui ont pris le travail des libanais, et qui risquent bon-gré mal-gré, de devenir résidents permanents chez nous. Les 2 grandes puissances connaissent la situation sur le terrain libanais mieux que quiconque. J'espère que c'est l'Etat libanais qui va déterminer la liste des personnes qui doivent partir d'abord. Dieu seul sait ce qui cache ce programme mais cela ne nous empêche pas d’applaudir et de féliciter d'avance les déplacés de leur retour à leur cher pays.

Irene Said

Réalisons-nous le privilège que nous avons de voir chaque jour les photos des responsables Nos 1, 2 et 3...ensemble ou séparément ?
Des visages qui nous font du bien par leur expression optimiste, leur joie, et parfois...un sourire...fabriqué pour la photographie ?
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

INCHALLAH DU SERIEUX MAIS JE NE VOIS PAS L,ECRASANTE MAJORITE DES REFUGIES ACCEPTER DE RENTRER SANS GARANTIES INTERNATIONALES... LE RUSSE ETANT PARTIE DU CONFLIT !

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué