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Réfugiés syriens : Nous allons adopter une position unifiée avec le président Aoun, affirme Hariri

Liban

Le président de la République souhaite que le gouvernement soit formé prochainement, le Premier ministre désigné répète qu'il est "optimiste".

M.K. | OLJ
25/07/2018

Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, a assuré mercredi à l'issue d'un entretien avec le président de la République, Michel Aoun, qu'il allait adopter avec le chef de l'Etat une position "unifiée" au sujet du rapatriement des réfugiés syriens dans le cadre de l'initiative présentée par Moscou à l'issue du sommet américano-russe de Helsinki.

L'entretien au palais de Baabda intervient au lendemain d'un échange acerbe entre la présidence du Conseil et la magistrature suprême. Lundi, des sources proches de la présidence de la République avaient critiqué l'approche de M. Hariri, affirmant que Baabda avait déjà discuté du dossier des réfugiés avec Moscou. Ce à quoi le Premier ministre a répondu en disant qu'il ne faisait "la course avec personne" et que ce dossier relevait de ses responsabilités nationales.

"Nous nous sommes mis d’accord pour unifier nos positions au sujet du retour des réfugiés, et nous nous sommes mis d’accord avec le président sur la manière de traiter ce dossier", a déclaré M. Hariri aux journalistes qui l'attendaient à sa sortie de la réunion.

"Beaucoup de choses ont été dites ces derniers jours, notamment au sujet de notre relation avec le président de la République (…). Tous propos sur un conflit avec le président sont faux. Nous œuvrons dans l’intérêt du pays et cela va continuer", a assuré le Premier ministre. "Nous espérons que le retour des déplacés syriens sera sécurisé et garanti par les puissances étrangères, que ce soit les USA, la Russie ou l’ONU", a également souligné M. Hariri.

A l'issue du sommet de Helsinki, qui a réuni dernièrement le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue américain, Donald Trump, Moscou a fait savoir qu'il préparait un plan commun pour le retour des réfugiés syriens vers les lieux où ils habitaient avant le début du conflit. Un général russe a indiqué que des centres, ouverts 24 h/24 en Jordanie et au Liban, et que des plans détaillés des mouvements des réfugiés de la Jordanie, du Liban et de la Turquie vers la Syrie seront développés. Il a affirmé que les groupes de travail russes se rendraient à Amman et Beyrouth dès aujourd'hui, mercredi, et que les centres commenceraient à opérer à partir du 30 juillet. Le responsable militaire a appelé "les chefs des représentations diplomatiques russes en Jordanie et au Liban à diriger personnellement ces centres conjoints pour assurer la relocalisation des réfugiés en Syrie".  

Selon des déclarations russes, quelque 30.000 réfugiés syriens installés au Liban seulement souhaitent y rester, mais tous les autres seraient prêts à regagner leur pays, à en croire Moscou.

Le Liban accueille près d'un million de réfugiés syriens, inscrits comme tels auprès de l'ONU.  Lundi, des centaines de réfugiés syriens, installés dans le village frontalier de Ersal, dans la Békaa, et originaires du Qalamoun, ont quitté le territoire libanais. Il s'agit de la quatrième opération de rapatriement de réfugiés depuis fin juin. Ces opérations de retour volontaire sont organisées par la Sûreté générale en coordination avec le régime syrien qui approuve au préalable les noms des réfugiés.


Formation du gouvernement
Sur un autre plan, Saad Hariri a rendu compte de ses discussions avec le président Aoun au sujet de la formation du gouvernement qui se fait attendre depuis deux mois, après les élections législatives du 6 mai.

"Les discussions étaient positives, et je reviendrai voir le président dans les prochains jours. Nous espérons un dénouement heureux pour cette question", a dit M. Hariri. "La question de la formation du gouvernement se dirige vers un dénouement. C’est pour cela que vous allez me voir plus souvent chez le président Aoun. Aujourd’hui je suis optimiste, et j’espère que vous n’allez pas gâcher les choses dans les médias", a-t-il lancé en souriant aux journalistes.
Tentant de rassurer les journalistes, Saad Hariri a insisté : "Les obstacles qui entravent la formation du gouvernement sont minimes. Mais je ne vais pas vous dire quelles sont les formules concernant la composition du gouvernement et que nous avons abordées".

Interrogé sur une éventuelle nomination d’un autre Premier ministre pour le remplacer s'il n'arrive pas à former le gouvernement, Saad Hariri a affirmé qu’il s’agit de "propos en l’air, relayés par les médias et qui ne sont dans l’intérêt de personne. La situation est positive et se décante".

Plus tôt dans la journée, le président Aoun avait souhaité que le gouvernement soit formé prochainement. "J'espère que le gouvernement sera formé prochainement afin que l'on puisse commencer à régler la crise à tous les niveaux surtout celui de l'économie", avait indiqué M. Aoun affirmant que la priorité pour le nouveau cabinet sera donnée à l'économie, le combat contre la corruption et le dossier des réfugiés syriens. 

Le Rassemblement démocratique du leader druze Walid Joumblatt a pour sa part renouvelé son appel à la formation du gouvernement, insistant sur la nécessité "d'être raisonnable lorsqu'il s'agit des demandes concernant les portefeuilles ministériels, et ce en vertu de paramètres clairs et précis".


La réponse à Jamil Sayed
Saad Hariri s'est en outre arrêté sur des propos hostiles à son encontre, tenus par le député de la Békaa Jamil Sayed. "Jamil Sayed m'a attaqué, mais je ne vais pas répondre à une personne comme lui. Mais je veux dire que celui qui porte atteinte à la présidence du gouvernement, porte atteinte à lui-même".
Jamil Sayed avait interpellé mercredi M. Hariri, en lui lançant qu'il est tenu "de par ses obligations morales de former un gouvernement".
"Je sais quelles sont mes prérogatives, et je ne vais répondre à personne. Je vais poursuivre ce que je fais. Les prérogatives du Premier ministre désigné sont connues, inutile de tourner en rond", a conclu M. Hariri.

La réponse de Jamil Sayed n'a pas tardé : "Une personne comme moi a récemment fait l'objet d'excuses de la part du Tribunal spécial pour le Liban (qui juge les assassins de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, tué en 2005 dans un attentat à la bombe, ndlr), car vous et Zouheir Seddik étiez de mèche pour que je sois emprisonné, ainsi que d'autres officiers, à tort, et aux dépens du sang de votre père... J'attends toujours vos excuses, tout comme vous vous êtes excusé auprès du président (syrien Bachar el-) Assad".

En 2010, Saad Hariri avait publiquement affirmé avoir commis l'"erreur" d'accuser la Syrie de l'assassinat de son père, affirmant qu'il s'agissait d'une "accusation politique".

Jamil Sayed et trois autres officiers libanais avaient été arrêtés en avril 2005 dans le cadre de cette enquête sur base de faux témoignages, notamment celui de Zouheir Seddik. Les quatre responsables sécuritaires avaient finalement été libérés en 2009 faute de preuves.



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Antoine Sabbagha

Unifier les positions au sujet du retour des réfugiés est un bon pas mais voir un nouveau gouvernement c'est plus rassurant .

de Tinguy Corinne

Enfin du progrès !Ils accordent leur voix (avec d'autres, comme les FL) et semblent tous bénéficier d'un bon alignement des planètes (USA, Russie, etc.).
Pourvu que cela dure !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST CE QU,IL FAUT FAIRE. UNE SEULE VOIX EN CE QUI CONCERNE CE GRAVE PROBLEME DES REFUGIES SYRIENS.

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