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Liban

Sur les traces d’Amin Maalouf à Aïn el-Qabou, le village du rocher de Tanios

QUE FAIRE CE WEEK-END « Tranquillité, relief et verdure » pourraient être trois maîtres mots pour dépeindre l’ambiance régnant dans le village de Aïn el-Qabou, dans le caza du Metn.
27/07/2018

Par un bel après-midi estival, direction Aïn el-Qabou, le village d’origine du célèbre journaliste, poète et écrivain Amin Maalouf, pour une paisible escapade à 1 100 mètres d’altitude. Le village compte une douzaine de maisons ; celle de la famille se trouve à l’entrée, signalée par un panneau que vous ne pouvez pas rater. L’académicien s’est inspiré tout au long de son œuvre de l’atmosphère de Aïn el-Qabou et des villages avoisinants, notamment dans son roman Le Rocher de Tanios qui a obtenu le prix Goncourt en 1993. On peut d’ailleurs apercevoir ce rocher qui domine le village. Malheureusement, des clôtures empêchent l’accès à ce rocher, afin de le préserver des déchets...

Un microclimat idéal pour les produits du terroir
Aïn el-Qabou est avantageusement niché entre le mont Sannine et une vallée verdoyante, dégageant un agréable couloir de vent entre les pins et les mûriers. Les amoureux de la montagne et de la nature à l’état sauvage pourront passer des moments des plus agréables et des plus relaxants en marchant le long des ruelles étroites du village tout en appréciant la vue sur les vieilles maisons à l’architecture typique de la montagne libanaise.

Le nom du village proviendrait d’un mot syriaque qui signifie « source » ou « citerne ». La légende raconte qu’un trou aurait été percé dans la montagne, et qu’une source en aurait jailli, rendant la région fertile. Une arche en pierre ornée d’inscriptions grecques marque l’emplacement de cette source, dans laquelle les enfants du roman d’Amin Maalouf mesurent leur résistance pour savoir qui d’entre eux parviendra à « garder les mains le plus longtemps dans l’eau glaciale ».

Posé dans le Mont-Liban, « Aïn el-Qabou est probablement l’endroit où le climat est le plus doux au monde », confie Youmna Goraieb, cofondatrice de la marque de produits d’épicerie fine Mymouné. Cette entreprise familiale est née dans ce village pendant la guerre. Youmna et sa sœur Leïla avaient alors été sollicitées par les habitants du village pour lancer une activité locale, quelque chose qui puisse occuper et distraire les femmes dont les maris travaillaient dans les usines de Beyrouth. Les deux sœurs ont pensé au développement d’un artisanat que les femmes savaient déjà produire : la conserve de fruits et de fleurs en prévision de la saison hivernale. « C’est ainsi qu’a commencé l’aventure Mymouné, dans la dépendance de la maison familiale, au jour le jour et en fonction des récoltes », raconte Amine Goraieb, manager de la société et fils de Youmna. Depuis, plus de trente types de produits Mymouné sont exportés à travers le monde, appréciés des plus grands chefs et gourmets pour leur qualité et leur saveur. La production est par ailleurs souvent décorée de prix gastronomiques. La visite de ce petit centre de confection de produits du terroir vaut assurément le détour.

Un lieu inspirant
Amin Maalouf n’est pas la seule personnalité connue originaire de Aïn el-Qabou. Son père, Ruchdi Maalouf, était un grand journaliste et musicologue. Son beau-frère Nassim est l’inventeur de la trompette arabe à quarts de ton, dont son fils, Ibrahim Maalouf, joue désormais, multipliant les concerts à guichet fermé à travers le monde. Le père de Youmna Goraieb, lui, était diplomate à l’étranger, mais revenait tous les étés dans le village et la maison familiale pour retrouver le calme et l’air frais de la montagne libanaise. Bien que la bourgade ne comporte que quelques foyers, Aïn el-Qabou dispose de trois églises et d’un monastère maronite. Dans l’église Sainte-Croix est célébrée chaque année – le 14 septembre – une messe, suivie d’un moment de convivialité entre habitants. Dans le monastère Saint-Simon-le-Stylite, construit dans les années 1770, vivent encore deux moines qui travaillent la terre – vignes, pommiers et oliviers – et s’occupent de la paroisse d’un village voisin. Depuis le jardin du monastère, le mont Sannine est visible au loin, majestueux du haut de ses 2 660 mètres.

En contrebas, la vallée des Crânes serpente jusqu’à la mer. « On l’appelle ainsi en mémoire des massacres de chrétiens maronites qui s’y sont produits », raconte le frère Maroun Akouri. Dans Le Rocher de Tanios, Amin Maalouf conte la légende selon laquelle Tanios glissa du haut du rocher en forme de trône sur lequel il était, pour rouler dans le creux de la vallée jusqu’à la mer et disparaître à jamais...



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Jack Gardner

Le Rocher de Tanios, lu 3 fois!

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