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Politique - Fête De La Résistance Et De La Libération

L'armée restera un « rempart » contre toute tentative de déstabiliser le Liban, affirme Haykal

Le commandant en chef de l'armée espère que le Liban pourra « récupérer chaque parcelle » de son territoire occupé par Israël.

L'armée restera un « rempart » contre toute tentative de déstabiliser le Liban, affirme Haykal

Le commandant de l'armée libanaise Rodolphe Haykal dans la ville de Tripoli le 21 avril 2026. Photo tirée du compte X de l'armée libanaise

L'occupation israélienne du Liban-Sud, les pressions sur la troupe pour désarmer le Hezbollah et les sanctions américaines inédites imposées jeudi contre un responsable militaire libanais n'ont pas empêché le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, de prononcer son ordre du jour à l’occasion du 26e anniversaire du retrait de l’armée israélienne du Sud le 25 mai 2000 après 18 ans de présence. Dans son discours, le général Haykal, sous le feu des critiques par le camp anti-Hezbollah et les Américains qui l'accusent de ne pas faire suffisamment d'efforts pour désarmer le parti-milice, a affirmé que les campagnes contre la troupe « ne l'empêcheront pas de poursuivre sa mission », et que l'armée s'opposera à toute tentative de déstabiliser la « paix civile ».

Malgré la nouvelle invasion israélienne dans le Sud, où Tel-Aviv a imposé une « zone tampon » de plus de 600 km2 en territoire libanais dans laquelle elle démolit systématique villages et infrastructures, le gouvernement libanais a de nouveau proclamé cette année le 25 mai jour férié au Liban. Le Premier ministre Nawaf Salam avait indiqué la semaine dernière que cette commémoration se tenait « en solidarité avec les familles des martyrs, les blessés, les détenus et les déplacés, ainsi qu’avec nos habitants du Sud et des villages en première ligne, et en soutien à leur résilience ».

L'armée ne sera pas détournée de sa mission

C'est à cette occasion que le commandant en chef s'est adressé aux militaires afin de dénoncer « les campagnes de diffamation, les accusations de négligence, les rumeurs sur le confessionnalisme et le régionalisme au sein de l'armée et les fausses allégations » visant l'institution militaire. Ces accusations, selon lui, servent « les ennemis du Liban (...) et ne détourneront pas l’armée de sa mission ».

Ces propos ont été tenus alors que les négociations directes entre le Liban et Israël ont notamment pour objectif côté libanais de permettre un retrait de l'armée israélienne, que cette dernière conditionne à un désarmement effectif du Hezbollah. Les nouvelles négociations attendues le 29 mai prochain concernent le volet sécuritaire et militaire, Washington et Israël souhaitant mettre en œuvre conjointement avec l’armée libanaise un plan de désarmement du Hezbollah. Un plan avait été lancé par la troupe après le cessez-le-feu de novembre 2024 et l'armée avait affirmé que la zone au sud du Litani avait été quasiment totalement désarmée, mais dès la reprise des affrontements, le 2 mars, le parti-milice a tiré des roquettes et lancé des drones depuis cette région. Un responsable au sein du mouvement avait affirmé que des renforts y avaient été envoyés après la réouverture du front au Liban-Sud. Le général Haykal avait, de son côté, estimé que les bombardements israéliens continus sur le Sud, malgré la trêve puis après la reprise de la guerre, empêchaient tout démantèlement de l'arsenal du parti chiite. Et si le président Joseph Aoun avait appelé à des descentes des services de sécurité à Beyrouth et dans sa banlieue sud pour en retirer les armes, peu d'initiatives ont été prises sur le terrain.

Dans ce contexte, et alors que le Hezbollah agite la menace de troubles civils en cas de désarmement forcé ou d'accord avec Israël, le commandant en chef a estimé que « la paix civile et l’unité nationale constituent l’arme la plus puissante pour protéger le Liban et sa stabilité, grâce à la fermeté et à la détermination de l’armée ». Il a estimé que le 25 mai 2000 avait marqué un « moment lumineux dans l’histoire du Liban, incarnant l’attachement des Libanais à leur terre, à leur souveraineté et à leur dignité nationale face à l’occupation israélienne ». « Notre message est clair : l’armée sera le rempart face aux complots visant à déstabiliser la situation intérieure et la paix civile », a insisté le général Haykal, ajoutant que l’institution militaire restera, « grâce à la détermination de ses soldats et aux sacrifices de ses martyrs et blessés, forte et unie, gardienne de l’unité nationale ».

Récupérer chaque parcelle du territoire libanais

Évoquant l'occupation des territoires libanais et les répercussions des attaques israéliennes, qui ont fait, outre les destructions matérielles massives, plus de 3 089 morts et 9 397 blessés depuis le 2 mars selon le ministère de la Santé, Rodolphe Haykal a affirmé que la troupe « déploie tous ses efforts malgré des conditions complexes et de grands dangers », afin d’atténuer les conséquences de l’offensive, et de « soutenir les citoyens » tout en poursuivant ses « missions sécuritaires ».

L'officier supérieur a encore réaffirmé l’espoir de « récupérer chaque parcelle du territoire libanais », alors que l'armée israélienne a lancé une invasion terrestre du Liban-Sud en mars 2026, suite à l'entrée du Hezbollah le 2 mars dans la guerre régionale aux côtés de l'Iran. Elle contrôle aujourd'hui des territoires sur une profondeur de près de 8 kilomètres, et ne cache pas son intention de les transformer en « zone tampon ».

Ce discours à la troupe a été prononcé au lendemain de l'imposition par Washington de sanctions à l'encontre de plusieurs personnalités du mouvement chiite Amal et du Hezbollah ainsi que, pour la première fois, de deux responsables sécuritaires libanais en poste : le chef du département de la sécurité nationale à la Sûreté générale, le Général de brigade Khattar Nassereddine, ainsi que le chef de la branche de la banlieue sud au sein des renseignements de l’armée libanaise, le Colonel Samir Hammoud. Les États-Unis les accusent d’avoir transmis des informations de renseignement au Hezbollah. Le parti-milice aurait « bénéficié d’un soutien illicite provenant d’organismes sécuritaires officiels libanais, à savoir les Forces armées libanaises et la Direction générale de la Sûreté générale », a accusé jeudi le Trésor américain. Les responsables libanais sont sanctionnés pour avoir « apporté un soutien matériel, financier, technologique ou logistique au Hezbollah, ou fourni des biens ou services au groupe ou en sa faveur ».

L'occupation israélienne du Liban-Sud, les pressions sur la troupe pour désarmer le Hezbollah et les sanctions américaines inédites imposées jeudi contre un responsable militaire libanais n'ont pas empêché le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, de prononcer son ordre du jour à l’occasion du 26e anniversaire du retrait de l’armée israélienne du Sud le 25 mai 2000 après 18 ans de présence. Dans son discours, le général Haykal, sous le feu des critiques par le camp anti-Hezbollah et les Américains qui l'accusent de ne pas faire suffisamment d'efforts pour désarmer le parti-milice, a affirmé que les campagnes contre la troupe « ne l'empêcheront pas de poursuivre sa mission », et que l'armée s'opposera à toute tentative de déstabiliser la « paix civile ». Malgré la...
commentaires (4)

Il semble que la première priorité de l’armée serait de garder la paix civile au dépend de toute autre chose. Il est temps que la priorité change, car une paix civile avec un million de déplacée, des villages rasés et des Iraniens au commandes chez nous n’a rien de glorifiant. Et ce n’est même plus une paix civile mais une grosse farce.

Aboumatta

13 h 44, le 22 mai 2026

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Commentaires (4)

  • Il semble que la première priorité de l’armée serait de garder la paix civile au dépend de toute autre chose. Il est temps que la priorité change, car une paix civile avec un million de déplacée, des villages rasés et des Iraniens au commandes chez nous n’a rien de glorifiant. Et ce n’est même plus une paix civile mais une grosse farce.

    Aboumatta

    13 h 44, le 22 mai 2026

  • Si c'est bien retranscrit par l'olj. Pas de mention de désarmement de la milice. La doctrine de l'armée est inchangée :Protéger la milice et la rassurer. La sécurité des libanais menacés tous les jours par un nouveau 7 Mai par les armes de hezballah est passée á la trappe.

    Moi

    13 h 31, le 22 mai 2026

  • Les bombardements empêchent tout étalement de notre armée? Qu’a-t-elle donc fait pendant toute une année de cessez-le-feu avec lui à sa tête à part apporter de l’eau dans le moulin des fossoyeurs de notre pays? Non mais…

    Sissi zayyat

    13 h 03, le 22 mai 2026

  • Il est toujours là lui?

    Sissi zayyat

    13 h 01, le 22 mai 2026

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