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Liban

Raï hier à l’Élysée, moment fort de la visite patriarcale à Paris

LIBAN-FRANCE
30/05/2018

L’entretien d’une heure, hier à l’Élysée, du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, et du président français, Emmanuel Macron, était non seulement le temps fort de la deuxième journée de la visite en France du chef de l’Église maronite, mais probablement l’événement marquant des pourparlers franco-libanais tenus à cette occasion.

À la presse, le patriarche a plus tard indiqué que cette rencontre a porté sur quatre points principaux : les trois conférences internationales sur le Liban tenues à l’initiative de la France (CEDRE, Rome et Bruxelles), le problème des réfugiés syriens au Liban et ses conséquences désastreuses sur le pays, le modèle libanais de coexistence entre les diverses religions et cultures et la nécessité de sauvegarder la présence des chrétiens au Liban et dans la région.
Au sujet des trois conférences, le patriarche Raï a souhaité que le chef de l’État français veille à la « concrétisation de toutes les résolutions adoptées dans le cadre du soutien international qui a été exprimé pour la sauvegarde de la sécurité, de la stabilité de l’indépendance et de l’intégrité territoriale du Liban ». Le président Macron aurait favorablement répondu au souhait patriarcal.
Concernant plus précisément les réfugiés syriens, Mgr Raï a insisté sur « l’urgence de leur retour immédiat dans les zones sûres de leur pays ». Il a expliqué que « le Liban ne pourra pas supporter encore longtemps le fardeau que représente la présence sur son sol de 1,5 million de Syriens à laquelle il faut ajouter celle des réfugiés palestiniens ». Il a aussi plaidé en faveur d’une dissociation du dossier politique syrien et de celui de la population de réfugiés. « Il existe des régions sûres en Syrie où ils peuvent retourner. La guerre n’est pas dans tout le pays », a insisté le patriarche, qui a vu un aspect positif et un autre négatif au décret n° 10, promulgué par le président Bachar el-Assad et qui donne à tous les déplacés syriens un délai très serré pour réclamer leurs biens dans les zones vouées à la reconstruction, au-delà duquel ils perdraient leurs possessions au profit de l’État. « D’une part, cette loi encouragera les Syriens à rentrer chez eux. D’autre part, elle risque de favoriser le maintien des déplacés au Liban, ce qui n’est dans l’intérêt ni des Syriens ni des Libanais », a affirmé Mgr Raï.
Il a demandé à son hôte d’aider les dirigeants libanais à régler ce problème avec le soutien et l’aide de la communauté internationale.


(Lire aussi : Raï rencontre à Paris Rugy et Larcher)


Au niveau du modèle libanais, le chef de l’Église maronite a réaffirmé la solidité de la coexistence islamo-chrétienne, ajoutant que la présence des chrétiens au Liban et dans la région est « une nécessité » et qu’elle « doit être sauvegardée ». Il a expliqué à la presse que si des questions politiques libanaises internes étaient au menu de son entretien avec le président Macron, c’était « tout simplement pour lui exposer la situation dans un pays ami de la France et nullement pour solliciter une intervention » quelconque de Paris.
Au cours de son entretien avec M. Macron, le patriarche a abordé « une autre question importante, à savoir la situation de la francophonie qui a une grande influence sur l’enseignement au Liban ». Il a parlé incidemment des difficultés financières des écoles privées. Selon lui, les difficultés des écoles privées auraient dû être évoquées durant CEDRE, « surtout que lors de la conférence de Bruxelles, qui était consacrée au dossier des réfugiés syriens, le ministère de l’Éducation avait réclamé une aide de 364 millions de dollars pour financer l’enseignement des écoliers syriens ».
Mgr Raï a enfin souligné « la qualité » et « la chaleur » de l’accueil qui lui a été réservé à l’Élysée. Il a salué « l’engagement du président Macron aux côtés du Liban dans la tourmente que vit la région ».
Dans la matinée, le patriarche s’était rendu au siège du conseil régional d’Île-de-France où il a été notamment accueilli par la présidente, Mme Valérie Pécresse, en présence des deux vice-présidents.
La réunion a commencé par un échange de vues sur la situation au Liban et la coopération décentralisée entre l’IDF et des municipalités et organismes libanais, coopération concrétisée dès la fin de la guerre civile par le reboisement du Bois des pins et ensuite par l’aménagement de trois bibliothèques publiques dans la capitale libanaise.
Les perspectives d’une aide prochaine au secteur de l’éducation et de l’enseignement ont été ensuite évoquées.


Lire aussi
Loi syrienne d'expropriation : le Liban inquiet de l'impact sur les réfugiés

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AMBASSADEUR... OU... ECCLESIASTIQUE ?

Le Faucon Pèlerin

Propos du général de Gaulle à Camille Aboussouan :

"Tant que je serai aux affaires, je ne permettrai pas que l'on nuise au Liban. C'est le seul lieu du monde où islam et chrétienté ont réussi une convivialité que ses institutions politiques fournissent. Pour l'avenir des rapports des civilisations en Méditerranée, c'est un précédent exemplaire précieux."
Merci à Bahjat Rizk.

gaby sioufi

je voudrais bien lire que le Cardinal /Patriarche Raii aurait eu l'audace de ""tancer"" le petit mignon macron pour avoir fait cette declaration a propos de hariri et de l'arabie saoudite.....

quel effronterie , quel culot a eu macron , quelle arrogance !
est ce une gaffe ? est ce fait expres? si oui ds quel but ?

etait ce fait pour gagner de la sympathie/de l'affection regionales?
des gallons pour cacher son echec attendu a la suite de son intervention libyenne?

je serais tout autant heureux de savoir que MBS le lui fasse payer cher... de la seule facon qui fasse mal a macron: sa bourse !

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