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La Dernière

Kelly(‘s Fish Lounge), un prénom à retenir

L’aile ou la cuisse
21/04/2018

Kelly. C’est ainsi que les intimes l’appellent. Un chef qui maîtrise l’art de griller et cuire le poisson, dans une manière singulière qui ne ressemble à aucune autre. Kelly pratique également la plongée sous-marine. On pourrait ainsi dire que le poisson est sa vie. Khalil Hitti, de son vrai nom, est l’un des partenaires qui, il y a six mois à peine, a ouvert Kelly’s Fish Lounge, avec Élias Nassif. C’est un restaurant confortable, même si relativement petit, avec quelques (rares) tables disponibles, mais un excellent service. Il est préférable de faire ses réservations à l’avance, car il est constamment complet, et pour cause. Le Kelly’s Fish Lounge est à mes yeux le meilleur restaurant de poissons au Liban. Et ce n’est pas sa seule qualité. Les prix affichés sont très raisonnables, chose rare de nos jours. Ce petit joyau se cache au bout d’une impasse à Sodeco, près du musée Beit Beirut. La chaleur de ce restaurant familial est en partie due à un personnel très accueillant, toujours souriant et attentionné. À peine franchie la porte, le poisson frais est exposé à tous les regards. Ici, la cuisine est ouverte et permet au client d’observer Kelly préparer ses plats savoureux. Est-ce le décor, les parfums, les saveurs, l’intimité des lieux ? Le client se sent, même si finalement au cœur de la ville, transporté en Grèce, dans l’une de ces tavernes de bord de mer. Le charme est immédiat.



Poissons d’avril
Les entrées et les amuse-gueule sont tous tentants et délicieux. Le fattouche est fabuleux, tout comme le hommos, mais la star des entrées est certainement la harra traboulsiyeh. La version revisitée de ce plat est parfaite et donne un avant-goût de la suite. La crevette provençale est encore un autre plat réussi, bon jusqu’à la dernière goutte... de sauce ! Ensuite, si vous êtes fan de poisson cru et que Kelly a décortiqué un abou sinn tout frais, offrez-vous ce moment de plaisir. Au menu également, les délicieux baby calamars, qu’ils soient panés et croustillants, à la provençale ou simplement grillés. Pareil pour les crevettes grillées. En attendant la suite, essayez de rendre rapidement les têtes de crevettes à Kelly et, si c’est votre jour de chance, il les fera frire pour vous : une autre délicatesse à ne pas manquer. Car la friture est la force de Kelly. Le mallifa frit est si bon que vous pouvez littéralement le manger tout entier – en commençant, surtout, par la tête. De plus, si vous venez suffisamment tôt pour trouver un lekkos sakhry, n’hésitez pas à le commander, sinon, essayez le braq. Mais assurez-vous que ce soit Kelly ou Élias qui va couper votre poisson à table, parce que la dame qui les aide au service de table a encore un long chemin à parcourir pour parfaire cette tâche. Profitez du poisson cuit, encore humide, blanc et appétissant ; marinez-le avec cette délicieuse huile d’olive et ajoutez un zeste de citron. Et si vous êtes un amateur de bière, optez pour une bière japonaise qui convient parfaitement à ce genre de nourriture. Le choix de bières locales est d’ailleurs limité. La seule mésaventure rencontrée chez Kelly’s était le crabe importé. Ce plat n’est tout simplement pas à la hauteur du reste. Il en est de même pour les desserts, un choix terne, avec seulement quelques saveurs de mochi qui peuvent sûrement être améliorées.


Le repas terminé, deux surprises nous attendaient au Kelly’s. Les toilettes d’abord, avec cet étonnant lavabo rempli de coquilles. Puis la facture, rédigée à la main, et un assez incompréhensible et inédit « frais de cuisson/grillade/friture » de 10 000 LL par kilogramme de poisson. Ajoutez à cela un autre « frais in-house » de 12 % qui est majoré sur le total de la facture, sans doute des frais de service, mais pas de TVA ni aucune autre taxe gouvernementale. Néanmoins, les prix sont plus que raisonnables. Le ticket moyen est d’environ 45 dollars pour un repas complet et parfait. Bravo Élias et Kelly. « Nos amis viennent pour nous la première fois, mais quand ils reviennent, c’est pour vous ! » confiait Fouad Nassif à son fils Élias. Nous reviendrons pour la qualité des produits et des plats.

DATA
Son : Niveau maximum = 89,8 dB, LAeq = 62,3 dB
Qualité de l’air : 80/100 (moyen), COV 0,33 ppm, humidité 63 %, température +17 °C

NOTES
Son : 3/5
Décoration : 3/5
Personnel : 4/5
Plats : 4,5/5
Propreté : 4/5
Avis : très bon
Prix : raisonnable

EN RÉSUMÉ…
On aime bien : la harra traboulsiyeh, le fattouche, les crevettes et les baby calamars, le braq, le lekkos sakhry, la mallifa, le service et les tarifs.
On aime moins : le crabe importé.
Le conseil : réservez votre table avant de vous y rendre, et arrivez tôt pour choisir votre poisson. Si vous ne l’avez encore jamais essayé, demandez que l’on fasse frire vos têtes de crevettes !

* Critique gastronomique.
Il agit dans l’ombre, même si sa signature énigmatique lui donne des airs de gentlemen franco-anglais. Cordon Courtine sévit dans les restaurants de la capitale undercover pour y goûter le meilleur et, parfois, le pire. Il revient, un samedi sur deux, pour vous donner ses impressions, toujours très objectives, sur tout ce qui fait la (bonne) réputation d’un restaurant, des saveurs aux odeurs, en passant par la décoration et la propreté des lieux. Bon appétit.


FB : www.facebook.com/CordonCourtine/
Instagram : cordon.courtine
E-mail : cordon.courtine@gmail.com


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Marionet

Welcome back cordon courtine et avec une adresse rompant avec le bling bling des tables beyrouthines. Mais je relève cette curieuse addition comprenant des coûts cachés qui ne figurent pas sur la carte (!) et, avec ça, pas de TVA....

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