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Lifestyle - Photo-Roman

Au Liban-Sud, cent cinquante ans d’histoire effacés en quelques secondes

À Kfar Remmane, une maison familiale qui avait traversé les générations, les guerres et les occupations a disparu sous une frappe israélienne. Derrière les pierres détruites, l’histoire d’un lieu, d’une famille et d’une femme refusant de partir jusqu’au dernier moment…

Au Liban-Sud, cent cinquante ans d’histoire effacés en quelques secondes

La maison de N. à Kfar Remmane, qui n’est plus qu’un souvenir amer et douloureux. Photo Gilles Khoury/L'Orient-Le Jour

Les années 1960 et le début des années 1970. Toute son enfance, chaque fois que ses parents annonçaient qu’ils passeraient le week-end dans leur maison de Kfar Remmane, près de Nabatiyé, N. piquait une crise de colère. Il fallait la traîner jusqu’à la voiture, l’attacher au siège arrière et l’écouter pleurer pendant les deux heures de route. Pour l’enfant unique qu’elle était, cette vieille maison perdue au bout du Sud ressemblait à une punition. Il n’y avait pas d’enfants. Seulement des adultes habillés bizarrement et qui semblaient sortir d’un autre temps. Tandis que son père, député de la région, recevait du matin au soir les habitants du village, chacun venu avec sa demande, son problème ou sa plainte, sa mère veillait à ce que tout ce monde ait de quoi boire et manger. La seule consolation de N. s’appelait Zeinab. Zeinab, la...
Les années 1960 et le début des années 1970. Toute son enfance, chaque fois que ses parents annonçaient qu’ils passeraient le week-end dans leur maison de Kfar Remmane, près de Nabatiyé, N. piquait une crise de colère. Il fallait la traîner jusqu’à la voiture, l’attacher au siège arrière et l’écouter pleurer pendant les deux heures de route. Pour l’enfant unique qu’elle était, cette vieille maison perdue au bout du Sud ressemblait à une punition. Il n’y avait pas d’enfants. Seulement des adultes habillés bizarrement et qui semblaient sortir d’un autre temps. Tandis que son père, député de la région, recevait du matin au soir les habitants du village, chacun venu avec sa demande, son problème ou sa plainte, sa mère veillait à ce que tout ce monde ait de quoi boire et manger. La seule consolation de...
commentaires (3)

Tellement triste et dure

Joumana

14 h 30, le 02 juin 2026

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Commentaires (3)

  • Tellement triste et dure

    Joumana

    14 h 30, le 02 juin 2026

  • Que de kfars reméne, de Zeinabs et de N dans l'histoire, la conscience, les larmes et le coeur de notre Liban...

    Toujours Surpris

    08 h 38, le 02 juin 2026

  • très triste....pauvre maison de pierre...

    Marie Claude

    07 h 37, le 02 juin 2026

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