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Liban

Législatives et budget 2018, deux processus engagés, mais aux contours encore imprécis

Législatives 2018 - La situation
Fady NOUN | OLJ
09/03/2018

Deux processus politiques parallèles sont engagés, en ce moment, l’un conduisant aux élections législatives, prévues le 6 mai, l’autre préparant une succession de conférences consacrées au Liban par une communauté internationale accourue au chevet d’un État incapable de faire face, sans son aide, aux échéances militaires, économiques et humanitaires qui le guettent. Les contours des deux processus restent imprécis, le premier parce que les alliances se mettent en place laborieusement et de façon désordonnée, et le second, parce ce qu’on ne saisit pas encore à ce stade l’ampleur de l’austérité budgétaire qui nous est promise.

On observe en tout cas que le gouvernement met les bouchées doubles pour approuver à la hâte un projet de budget de 2018 déjà amputé de 1 000 milliards de livres (663 millions de dollars), à l’issue d’une cure-miracle d’amaigrissement que certains considèrent comme purement cosmétique, et dont on peut être sûr que les classes vulnérables paieront le prix. Au demeurant, même le ministre des Finances convient qu’il est impossible d’amputer certains budgets ministériels de 20 % de leurs crédits, sachant par exemple que le budget du ministère des Affaires sociales ne représente que 1 % du budget général. Pour ne rien dire de la santé ni évidemment de la culture… Toujours est-il que la commission d’examen du budget, qui s’est réunie hier, se réunira à nouveau dimanche, en prévision de l’adoption, lundi, du budget, en Conseil des ministres.

Cependant, le zèle dont on fait preuve dans les milieux gouvernementaux ne trompe personne. Comment le pourrait-il quand la principale source de gaspillage, le subventionnement du prix de l’électricité, n’a pas encore été colmatée, alors qu’il en coûte deux milliards de dollars par an au Trésor.

Par ailleurs, l’État cherche en vain à cacher aux pays amis les dettes et impayés qu’il doit à certains secteurs au Liban. Ainsi, le ministre des Travaux publics, Youssef Fenianos, a révélé hier même que l’État doit 130 milliards de livres aux entrepreneurs de travaux publics, mais que ce chiffre n’émarge pas au budget en cours de préparation. On sait par ailleurs que le syndicat des hôpitaux privés réclame 250 milliards de livres au Trésor. On sait surtout que, si l’on en croit le conseil d’administration de la Caisse nationale de Sécurité sociale, les cotisations impayées de l’État s’élèvent à un milliard de dollars !

Rappelons que la première conférence internationale s’ouvre jeudi prochain, 15 mars, à Rome, et sera consacrée au renforcement des capacités militaires et sécuritaires du Liban (voir page 3). Les deux autres échéances se situent en avril et seront consacrées l’une, la conférence CEDRE à Paris (6 avril) à l’aide économique, et l’autre à l’aide humanitaire aux déplacés syriens (Bruxelles, le 26 avril).


(Lire aussi : Budget 2018 : une dernière réunion de la commission interministérielle dimanche)


Les élections
En ce qui concerne les législatives, et en attendant le 26 mars, date ultime pour la proclamation des listes électorales bloquées, l’expectative est toujours de mise, encore que certaines alliances commencent à se dessiner, face au tandem chiite. Les prochains jours doivent apporter du nouveau sur ce plan, avec l’annonce, dimanche, par le Courant bleu de ses candidats dans les diverses circonscriptions, suivie mercredi prochain, 14 mars, de l’annonce des candidats des Forces libanaises.

Au niveau des alliances, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, a confirmé hier, sur la LBCI, l’existence d’une liste Futur-Forces libanaises-PSP dans la circonscription du Chouf-Aley, une circonscription qui, avec ses 13 sièges, est la plus grande du pays.  La même alliance Futur-Forces libanaises se confirme dans la circonscription de Baalbeck-Hermel, où le tandem souverainiste cherche à faire échec notamment à Jamil Sayyed.

Toutefois, selon M. Machnouk, « il ne faut pas se faire d’illusion », la nouvelle loi électorale est « celle de Caïn et Abel », en ce sens qu’elle dressera les uns contre les autres les candidats d’une même liste, dans une course acharnée et au vote préférentiel.

Par ailleurs, l’on se dirige vers une alliance Kataëb-Farès Souhaid-Farid Haykal el-Khazen dans le Kesrouan-Jbeil, où se dessine encore un rapprochement Gilberte Zouein-Jean-Louis Cardahi. Toujours dans cette circonscription, contrarié par la présence de Nehmat Frem sur la liste du CPL, le président de la municipalité de Jounieh, Juan Hobeiche, aurait décidé de bouder ses fonctions en attendant la fin du scrutin électoral, tout en annonçant que ses voix iraient exclusivement, sous forme de vote préférentiel, à Chamel Roukoz.

Au Metn, Fouad Abounader, hâtivement intégré à la liste que constituent les Kataëb, annonce qu’il n’est tout simplement pas candidat aux élections.

En tout état de cause, on en saura un peu plus dans les quelques jours qui viennent, où il faudra observer le ballet des rencontres prévues. Ainsi, Melhem Riachi s’est longuement entretenu hier des élections avec le président de la Chambre, Nabih Berry, alors que Ghattas Khoury, qui brigue le siège maronite de Dory Chamoun au Chouf, est attendu aujourd’hui à Meerab.

Dans certaines circonscriptions, l’opportunisme (et l’équilibrisme) marquera le scrutin, relève un observateur, qui précise que le courant du Futur distribuera ses voix, dans la grande circonscription chrétienne de Batroun-Koura-Zghorta-Bécharré, entre Gebran Bassil à Batroun, le candidat des Forces libanaises dans le Koura et Sleiman Frangié à Zghorta. À suivre...



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Irene Said

Les chiffres faramineux concernant les impayés, dettes et autres dûs de notre "Etat" donnent le vertige !
Comment ceux qui, depuis des années, dans les différents "gouvernements" ont amené notre pays à cette catastrophe financière, ont-ils encore l'indécence de se présenter devant le peuple en tant que: présidents, ministres etc. ?
Irène Saïd

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