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Nouvelle grille des salaires : qui est concerné et où en est la mise en œuvre

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Secteur de l'éducation, EDL, Ogero, infirmiers, taxes à la consommation... L'Orient-Le Jour fait le point sur l'application de la nouvelle échelle des salaires dans le secteur public et ses mesures de financement.

19/01/2018

Adopté en juillet par le Parlement et promulgué en août, le relèvement des salaires dans la fonction publique, prévu par la nouvelle grille des salaires, entre progressivement en vigueur, au forceps et au prix de plusieurs mouvements de grève de fonctionnaires ces dernières semaines. Plusieurs corps de métier se sont mobilisés dans le secteur public pour protester contre le retard dans la mise en œuvre de cette grille. Ce retard s'explique principalement par l'absence de décision sur le mode de financement des augmentations prévues.


Le point, secteur par secteur :


Éducation
La mise en œuvre de la grille des salaires dans le secteur de l’éducation est dans l’impasse car elle est l’objet d’un bras de fer entre enseignants, écoles et parents d’élèves du secteur privé. La nouvelle grille stipule que les salaires des enseignants du privé doivent être alignés sur ceux de leurs collègues de l'enseignement public qui ont été augmentés. Or, cet alignement n’est toujours pas entré en vigueur, faute d’accord sur le financement de l’augmentation des salaires.

Les enseignants du privé ont annoncé cette semaine une journée de grève, le 24 janvier, et trois autres jours d'arrêt de travail, les 5, 6 et 7 février. Ils prévoient également un sit-in le 30 janvier devant le siège du ministère de l’Éducation à Beyrouth. Pour leur part, les écoles privées ont sensiblement majoré les frais de scolarité pour financer le relèvement des salaires des enseignants qu’elles emploient. Opposés à une augmentation des écolages et à la grève des enseignants, les parents d’élèves ont décidé de surseoir à un mouvement d’escalade, rassurés par le chef de l’État, Michel Aoun, et le patriarche maronite Mgr Béchara Raï.

Le président Aoun et le ministre de l’Éducation, Marwan Hamadé, envisagent une solution en deux temps :  subvention des majorations des salaires par l'État, en échange d'un droit de regard sur les budgets des établissements scolaires privés, et échelonnement du paiement des cinq échelons supplémentaires, qu'en sus des majorations de salaire, les enseignants sont parvenus à arracher.


(Lire aussi : Nouvelle grille des salaires : promesses de solution imminente pour les enseignants du privé)


EDL
Après plusieurs semaines de grève, les employés d’Électricité du Liban (EDL) et les ministres de l’Énergie, César Abi Khalil, et des Finances, Ali Hassan Khalil, sont parvenus, le 8 janvier dernier, à un compromis au sujet des modalités de transposition de la nouvelle grille des salaires sur les rémunérations de ses employés. Les salariés d'EDL s'étaient mobilisés durant le mois de décembre pour protester contre le refus du ministère des Finances de valider la nouvelle grille des rémunérations préparée par la direction du fournisseur d'électricité afin de transposer la loi. Cette mobilisation avait eu d’importantes conséquences sur la production électrique.

La direction d'EDL est appelée à préparer dans les prochains jours une nouvelle grille qui devra être validée par le ministère de l'Énergie et celui des Finances avant d'être transmise au Conseil des ministres.


(Lire aussi : EDL : un premier pas vers une sortie de crise)


Ogero
Les salariés de la compagnie de téléphonie publique Ogero ont entamé vendredi dernier une grève pour protester contre le retard de la signature par le ministère des Finances de la décision censée entraîner la mise en œuvre du relèvement de leur grille des salaires. Alors que ce mouvement devait durer jusqu'à lundi, les employés d'Ogero ont annoncé qu'ils suspendaient leur mouvement de grève.


Infirmiers
En décembre, les infirmières et infirmiers du Liban sont montés au créneau en revendiquant une nouvelle échelle des salaires qui, selon eux, leur rendrait justice. La présidente de l'ordre des infirmiers et infirmière, Nohad Yazbeck Doumit, propose de hausser le salaire de base des juniors et d'instituer un bonus en fonction de leurs performances, de leurs compétences et de leur taux d'absentéisme.


(Lire aussi : Béchara Asmar : La bataille du réajustement des salaires dans le secteur privé a commencé)


CNSS
Les employés de la Caisse nationale de Sécurité sociale, qui devaient observer une grève les 19 et 20 janvier, l'ont finalement suspendu. Cette "grève d'avertissement" avait pour but de mettre en garde l'administration de l'office autonome contre toute velléité de se soustraire à la mise en place de l'échelle des salaires qui "rend justice à tous les employés", selon les représentants syndicaux de ces employés.


Consommateurs ponctionnés

Pour financer la grille des salaires, dont le coût est estimé autour de 1.300 milliards de livres libanaises (800 millions de dollars) selon les estimations, une ligne de crédit a été ouverte et une vingtaine de mesures fiscales ont été votées en octobre pour couvrir cette somme.

Parmi ces mesures, le relèvement de la TVA de 10 à 11 %, qui est entré en vigueur au 1er janvier 2018. Cette mesure doit générer plus de 170 millions de dollars, selon le ministère des Finances. Le ministère de l’Économie a mis en garde à plusieurs reprises les commerçants contre une augmentation incontrôlée des prix. La TVA, instaurée par une loi de 2001, ne s'applique pas à plusieurs catégories de services et de biens au Liban, dont certaines  denrées alimentaires considérées comme des biens de première nécessité ou encore certains produits de luxe.

D’autres taxes sur des produits de consommation courante, notamment sur les boissons alcoolisées importées, les produits issus du tabac et les billets d’avion, ont également été augmentées.

Plusieurs responsables politiques se sont élevés contre ces augmentations.


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stambouli robert

Article interressant mais incomplet
QUI BLOQUE EXACTEMENT
Car en fait depuis des annees ce ministere est au mains de M Bassil ou d'un de ses allies et le resultat est nul
Le CPL est nul ou on le bloque resolument ?
Si c'est le cas , il faut dire QUI BLOQUE
Si il est nul, il faut confier ce ministere a d'autres

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