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Économie - Électricité

EDL : un premier pas vers une sortie de crise

Un compromis a été trouvé concernant les revendications des employés du fournisseur d'électricité. La question des travailleurs journaliers et des prestataires de services n'a en revanche pas été abordée.

Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil, et celui des Finances, Ali Hassan Khalil, ont trouvé un compromis avec les syndicats. Photo P.H.B.

C'est sans doute un premier pas important vers une sortie de la crise sociale que traverse Électricité du Liban (EDL). Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil (CPL), celui des Finances, Ali Hassan Khalil (Amal), sont en effet parvenus hier à un compromis avec le syndicat des employés du fournisseur d'électricité au sujet des modalités de transposition de la nouvelle grille des salaires sur les rémunérations de ses employés, mobilisés depuis plusieurs semaines. « La réunion a été efficace et nous sommes parvenus à un accord qui tient compte des spécificités d'EDL », a déclaré M. Abi Khalil, lors d'une conférence de presse organisée au ministère des Finances. Également présent pendant les discussions – qui ont duré trois heures environ – le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, a qualifié le compromis « d'honorable », estimant qu'il permettait aux salariés d'EDL de mettre fin à la grève. M. Asmar a également assuré que la production d'électricité, en nette baisse depuis plusieurs jours, allait retrouver son niveau habituel.

Les employés d'EDL s'étaient mobilisés en décembre pour protester contre le refus du ministère des Finances de valider la nouvelle grille des rémunérations préparée par la direction du fournisseur d'électricité afin de transposer la loi n° 46 promulguée en août 2017. « Les salariés de l'établissement public et le ministre des Finances s'opposaient notamment sur le nombre d'heures à prendre en compte pour calculer la rémunération et en particulier le nombre d'heures d'astreintes hebdomadaires », a résumé à L'Orient-Le Jour M. Asmar. Si les parties présentes à la réunion n'ont pas révélé les détails du compromis trouvé, le président de la CGTL assure que « la solution dégagée convient aussi bien aux employés d'EDL qu'aux ministères concernés ». Dimanche, M. Abi Khalil avait organisé une première réunion avec les syndicats afin de définir les contours de l'accord officialisé hier.

 

(Lire aussi : Grève à l'EDL : vers une fin de crise)

 

Un mois avant application de l'accord
Il reste que celui-ci ne sera pas immédiatement appliqué. « La direction d'EDL va devoir préparer une nouvelle grille qui devra être validée par le ministère de l'Énergie et celui des Finances avant d'être transmise au Conseil des ministres. Il faudra également que le conseil de la fonction publique donne son feu vert », a encore expliqué M. Asmar. Selon lui, il faudra ainsi attendre « un mois à un mois et demi » avant que l'accord ne soit concrètement appliqué.

Les participants à la réunion n'ont en revanche pas abordé la question des prestataires de services du fournisseur d'électricité, un dossier complètement « différent », comme l'a rappelé le ministre des Finances au cours de la conférence de presse. « Cette question va faire l'objet de nouvelles discussions avec les parties concernées dans les deux jours », a indiqué pour sa part M. Asmar.

 

(Lire aussi : Sale temps pour EDL en ce début d’année)

 

En plus de la grève de ses employés, EDL a dû composer jusqu'à aujourd'hui avec les opérations de blocage lancées par les salariés de la société National Electricity Utility Company (NEUC, groupe Debbas), l'un de ses trois prestataires chargés depuis 2012 de la maintenance du réseau et de la collecte des factures sur la quasi-totalité du territoire. En octobre, le gouvernement avait approuvé la reconduction des contrats des deux autres sociétés, Bus (groupe Butec, en charge des régions au Nord) et KVA (Arabian Construction Company et Khatib & Alami, Beyrouth et Békaa), jusqu'au 31 janvier 2021, sans trancher le cas de NEUC (banlieue sud de Beyrouth et régions Sud du pays) dont le contrat est expiré depuis le 1er janvier. Pour ne rien arranger, KVA a annoncé hier la suspension de ses opérations de maintenance, évoquant une « impossibilité » de les mener à bien en raison des difficultés du fournisseur.

Plusieurs sources considèrent que le dossier des prestataires de services – qui emploient à eux trois près environ 2 000 anciens travailleurs journaliers d'EDL – reflète les tensions entre le CPL du président de la République, Michel Aoun, et le mouvement Amal mené par le président du Parlement, Nabih Berry. Une interprétation que le ministre des Finances a explicitement rejetée hier pendant son intervention.

 

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POINT DE DROITS OU DE JUSTICES DANS CE PAYS... RIEN QUE DES COMPROMIS !

LA LIBRE EXPRESSION

08 h 04, le 09 janvier 2018

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Commentaires (1)

  • POINT DE DROITS OU DE JUSTICES DANS CE PAYS... RIEN QUE DES COMPROMIS !

    LA LIBRE EXPRESSION

    08 h 04, le 09 janvier 2018

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