Que peut l’art ? Est-il un refuge, une consolation ? Peut-il encore agir sur le réel ?
Au Liban, cette question prend un sens particulier. Ici, le chaos n’est pas une abstraction. Ni une exception. Il est une forme permanente d’être au monde. Il s’inscrit dans les corps, les paysages, les esprits. Il redessine les villes, façonne notre rapport à l’avenir. Pourtant, au cœur de ce tumulte, certains continuent de créer. Non pas malgré le chaos, mais à partir de lui. Créer pour dire ce qui a été tu. Pour recréer du sens. Pour explorer les traces laissées par les conflits.
Pour ce nouvel épisode de « L’Orient-La Nuit », Stéphanie Khouri et Anthony Samrani reçoivent l’un des grands duos artistiques libanais contemporains, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige.
(À écouter également sur la plateforme Podbean. Si vous cliquez sur pause, une fenêtre va apparaitre qu'il faudra refermer, en cliquant sur la croix en haut à droite, pour reprendre la lecture)
Depuis plus de trente ans, Joana et Khalil cherchent ce qui disparaît : les images perdues, les récits effacés, les traces invisibles de notre passé.
Connus du grand public pour des films comme Memory Box (2021), The Lebanese Rocket Society (2012) ou A perfect day (2005), ils naviguent entre cinéma, photographie et installations pour interroger la fabrique de l’histoire.
Ils sont notamment lauréats du prix Marcel Duchamp (2017) pour leur projet Unconformities, qui révèle, à travers des carottages du sous-sol, les histoires invisibles enfouies sous nos villes.
Le duo accompagne aussi l’essor du cinéma indépendant libanais, notamment à travers son engagement au sein de Metropolis, la célèbre salle beyrouthine qui vient de célébrer ses vingt ans.
Avec eux, nous explorerons les formes que peut prendre la création en temps de crise. Que peut encore l’art face à l’effondrement ? Comment inventer de nouveaux langages pour raconter ce qui ne peut plus se dire ?
Créer non pas pour réparer le monde, mais pour continuer à l’habiter.


J'ai été vraiment troublé par cette émission, la seule de la série qui m'a paru déprimante, continuum d'abstractions ou de généralités, alors que jusqu'ici je ressentais des manifestations de vie dans les témoignages, souvent difficiles pourtant. Je retiens les émissions sur le rire quand même, sur la sexualité malgré tout, sur les partages entre communautés, sur la cohabitation des religions,... Autant de défis dont on sortait admiratif. Mais peut-être que cette difficulté à sortir d'un langage abstrait est-il le véritable reflet du chaos ?
13 h 32, le 24 juillet 2026