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Crise à l'EDL : les principaux acteurs arrachent un accord

Liban

Vers un retour à la normale de la production d'électricité.

OLJ
08/01/2018

Les acteurs du secteur libanais de l'électricité ont arraché lundi un accord sur les salaires des employés d'Electricité du Liban (EDL), ouvrant la voie à une sortie de crise de plusieurs semaines entre mouvements de grève et rationnement de la production électrique.

Cet accord a minima est intervenu à l'issue d'une réunion marathon au siège du ministère des Finances et regroupant le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, le ministre de l'Energie, César Abi Khalil, et les représentants syndicaux des employés d'EDL.

 

"Honorable"
"Nous avons abouti à un résultat positif sur le dossier de la grille des salaires des employés d'EDL", a affirmé M. Hassan Khalil à l'issue de cette réunion, dont la tenue avait été annoncée dimanche. Le syndicat des employés d'EDL faisait grève pour protester contre les modalités d'application de la nouvelle grille des salaires de la fonction publique, promulguée en août dernier.

"Nous attendons désormais que les employés d'EDL reprennent leur travail, tant au sein de l'administration que sur le terrain", a déclaré de son côté M. Abi Khalil.

"L'accord que nous avons conclu est honorable", a pour sa part déclaré le président de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), Béchara Asmar, qui a participé à cette réunion élargie. Cet accord "met un terme à l'état de grève" et "permet de retrouver une production électrique normale", a-t-il ajouté, exprimant l'espoir qu'un accord similaire puisse être trouvé pour le dossier des journaliers d'EDL. Ces agents de terrain, qui avaient été employés pendant des années par EDL, ont longtemps manifesté pour pouvoir être reclassés en tant que fonctionnaires au sein de l'institution publique.

La réunion a été à certains moments houleuse. Selon plusieurs médias locaux, des cris ont été entendus, témoignant de la difficulté des négociations.

 

(Lire aussi : Grève à l'EDL : vers une fin de crise)

 

KVA
Cette grève avait eu des conséquences sur l'alimentation et la maintenance du réseau électrique. Signe de cet agacement, des protestataires ont brièvement coupé en soirée la voie rapide (Ring), en direction de la place Tabaris, dans le centre de Beyrouth, au moyen de pneus brûlés.

Sur un autre plan, le ministre des Finances a indiqué que les acteurs concernés étaient "dans la phase finale d'un accord autour des prestataires de services". Pourtant, plus tôt dans la soirée, l'un de ces prestataires, KVA (Arabian Construction Company et Khatib & Alami) avait annoncé qu'il cessait ses activités. KVA est chargée depuis 2012 de la maintenance du réseau et de la collecte des factures à Beyrouth et dans la Békaa.

Dans la matinée, des employés de KVA avaient fermé tous les bureaux et bâtiments de la société pour protester contre le non-paiement de leurs salaires, a rapporté la chaîne de télévision locale LBCI. Ce mouvement de protestation serait également dû à l'envoi d'une circulaire à tous les employés, les obligeant à prendre leurs jours de congé annuels.

Les employés d'un autre prestataire de service d'EDL, la société National Electricity Utility Company (NEUC, groupe Debbas), font également grève depuis plusieurs semaines. Le contrat entre EDL et NEUC n'a toujours pas été renouvelé.

 

(Lire aussi : Sale temps pour EDL en ce début d’année)

 

Polémique Jreissati-Kataëb
L'établissement public détenteur du monopole de la production d'électricité dans le pays a dû composer pendant plusieurs semaines avec les mouvements de grève et opérations de blocage lancés par une partie de ses fonctionnaires et contractuels. Plusieurs centrales électriques sur l'ensemble du territoire libanais ont besoin de réparations.

Dimanche, la direction d'EDL avait prévenu que les deux navires-centrales, le Fatmagül Sultan et le Orhan Bey, gérés par la société turque Karadeniz, cesseraient de fonctionner si elles n'étaient pas alimentées en fuel. Pour rappel, le contrat de location de ces deux navires-centrales arrive à échéance en septembre prochain, tandis que le gouvernement n'a toujours pas réussi à s'entendre sur la formule à adopter pour augmenter temporairement la production d'électricité dans le pays.

Le dossier des navires-centrales a été l'objet d'une vive polémique dans la journée entre le ministre de la Justice, Salim Jreissati, et le chef des Kataëb, Samy Gemayel, suite à des propos de ce dernier tenus lors d'une émission politique diffusée sur la chaîne al-Jadeed, accusant le ministère de l'Energie de trafic d'influence et dilapidation de fonds.

Plus tôt dans la journée, M. Jreissati avait annoncé que le ministère de l'Energie et des Eaux avait envoyé une notification à la Justice, suite aux propos du chef des Kataëb. Le 4 décembre, le ministre de la Justice avait déjà demandé au procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, l'ouverture d'une enquête suite à des propos similaires de M. Gemayel après un entretien avec le patriarche maronite Béchara Raï à Bkerké, le 30 novembre. M. Gemayel avait alors accusé le pouvoir de corruption et de gaspillage des fonds publics. Les Kataëb ont dénoncé les "pratiques répressives" du pouvoir en place

 

 

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