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Liban

Double ressentiment au meeting populaire de mercredi devant la Maison du Centre

24/11/2017

L'important rassemblement organisé mercredi en début d'après-midi devant la Maison du Centre, à Beyrouth, par les partisans du courant du Futur afin de réaffirmer leur appui au Premier ministre Saad Hariri aura permis, à l'évidence, de prendre le pouls de la rue sunnite. Venus par milliers, dès les premières heures de la matinée, des quatre coins du Liban, de Akroum à la frontière nord avec la Syrie, de Halba dans le Akkar, de Ersal et de Majdel Anjar dans la Békka, de l'Iklilm el-Kharoub et de Saïda, au Liban-Sud, et bien sûr de divers quartiers de la capitale, les inconditionnels du Futur ont laissé éclater, comme on pouvait s'y attendre, leur colère à l'égard du Hezbollah, laissant échapper par moments des slogans quelque peu sectaires, tels que « le sang des sunnites est en ébullition ».

Le ressentiment à l'égard du Hezbollah était nettement perceptible dans les commentaires qui fusaient ici et là. « Saad Hariri est un homme de dialogue. Il a fait des concessions pour préserver les intérêts du Liban et la cohésion entre les communautés, mais le Hezbollah a pris cela pour de la faiblesse », souligne ainsi un habitant de Beyrouth, Mohammad, qui ajoute sur un ton ferme : « Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, insulte à chaque discours Riyad. Pire, des Libanais sont en train de mettre en danger la stabilité des pays arabes. Cela ne peut pas continuer. »
D'autres manifestants tiennent des propos encore plus durs contre le Hezbollah. « Il faut en finir avec ce parti. C'est la seule solution, le seul moyen de sauver le Liban », lance notamment Akram.

 

(Lire aussi : La balle est à nouveau dans le camp du Hezbollah)

 

Propos antisaoudiens
Mais le fait nouveau, et sans doute le plus marquant, de ce rassemblement populaire de mercredi devant la Maison du Centre aura été incontestablement l'émergence d'une grogne, voire carrément d'un ressentiment d'un genre nouveau touchant cette fois, pour la première fois au niveau de la rue sunnite, l'Arabie saoudite, comme conséquence des circonstances mystérieuses qui ont entouré l'annonce par M. Hariri de sa démission à Riyad le 4 novembre.

Qualifiant leur leader, Saad Hariri, de « roi de la modération », nombre de partisans ne cachaient pas qu'ils en veulent au royaume wahabite. « Les Saoudiens nous ont poignardés dans le dos, explique Wissam, un Beyrouthin venu avec une amie. Bien sûr que je leur en veux. Saad Hariri est le symbole de la modération. Il ne mérite pas cela. Mais c'est compréhensible ; le régime a changé en Arabie saoudite depuis deux ans. Ce n'est plus ce que c'était du temps de Rafic Hariri. »

Une Beyrouthine qui attend d'être reçue dans l'aile personnelle de Saad Hariri et qui a voulu garder l'anonymat s'écrie à son tour : « Que les Saoudiens aillent apprendre l'histoire avant d'agir avec le Liban de la sorte ! Tout ce qu'ils ont fait, c'est affaiblir les sunnites du Liban face au Hezbollah. Saad Hariri ne mérite pas d'être traité comme cela. »

 

(Lire aussi : De quoi cette fameuse « distanciation » est-elle le nom ?)

 

Force est de relever dans ce cadre que depuis plusieurs années, les sunnites du Liban se sentent un peu marginalisés, un peu comme les chrétiens du pays après la fin de la guerre en 1990. Ce sentiment avait commencé en 2006 quand les partisans du Hezbollah avaient squatté le centre-ville de Beyrouth alors que les ministres du parti avaient démissionné du gouvernement Fouad Siniora. Ce ressentiment avait pris plus d'ampleur quand Nagib Mikati avait été nommé Premier ministre en janvier 2011, après une démission des ministres Hezbollah du gouvernement de Saad Hariri quelques jours plus tôt.
Signe des temps : de nombreux enfants portaient le costume militaire traditionnel de l'armée libanaise et des femmes voilées avaient peint sur leur visage des drapeaux du Liban. Une façon comme une autre d'afficher leur libanité.

Il reste que lors du rassemblement de mercredi, les milliers de manifestants rassemblés devant la Maison du Centre ont fait le déplacement pour réitéré leur acte d'allégeance envers Saad Hariri. À quelques mois des élections législatives, ce réengagement partisan est sans doute le bienvenu pour le leader du courant du Futur.

 

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Le Faucon Pèlerin

Le Liban 10.452 km2
La Jordanie 89.342 km2 soit 8 fois le Liban.
La Syrie 185.180 km2 soit 18 fois le Liban.
L'Irak 435.052 km2 soit 41 fois le Liban.
L'Iran 1.648.195 km2 soit 157 fois le Liban.
L'Arabie 2.149.690 km2 soit 205 fois le Liban.

Aucun de ces pays n'a proposé d'héberger chez lui les déplacés syriens et les réfugiés palestiniens.
Le Liban ne peut pas accueillir toutes les misères du Monde.
En politique, il n'y a pas d'amis ou d'ennemis, il n'y a que des intérêts. Pour avis.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LEBNEN AWALAN ! UN POINT ET C,EST TOUT...

Hamed Adel

Toute manifestation de "libanité" me réchauffe le coeur... Je dois dire que voir des populations libanises encore manifester avec des drapeaux autres que le libanais me choque beaucoup ! Sortons donc de ces tutelles ( iraniennes , saoudiennes ou autres ) qui nous
entravent stupidement .

gaby sioufi

C qd meme curieux non ?
Hariri sequestre en arabie, puis " relache " :
AVEC ou SANS conditions ?
dans les 2 cas , les foules venues le saluer sont une sorte de replique -sinon de camouflet aux saoudiens .

est ce a dire que hariri s'est tt a fait degage , devenu libre de toute hypotheque ?

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