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Hussein Youssef appelle les Libanais à "rester unis face au terrorisme"

Liban

Une journée de deuil national sera décrétée après l'annonce des résultats des tests ADN effectués sur les dépouilles récupérées et qui seraient celles des militaires otages de l'EI depuis 2014.

OLJ
28/08/2017

Au lendemain de l'annonce, par le directeur de la Sûreté générale Abbas Ibrahim, de la récupération de dépouilles qui seraient celles des militaires libanais retenus en otage par le groupe État islamique depuis août 2014, l'un des pères des militaires a appelé les Libanais à "rester unis face au terrorisme".

Hussein Youssef, père de Mohammad Youssef, l'un des otages, et porte-parole des familles des militaires a indiqué à la chaîne LBCI que "l'histoire tiendra pour responsables les politiciens qui ont joué avec le sang des militaires". "Tout le peuple libanais sait de qui il s'agit, a-t-il dit, appelant les Libanais "à ne pas se laisser entraîner vers la sédition et à rester unis face au terrorisme".

Dimanche, après trois ans d'attente insoutenable, les familles des neuf militaires otages de l'EI dans les jurds ont reçu la nouvelle qu'ils espéraient ne jamais entendre : huit des dépouilles mortelles (à part celle du soldat Abbas Medlej) ont été retrouvées grâce à des informations collectées après la reddition de membres de l'EI. Une annonce qui est intervenue quelques heures après que l'armée libanaise a décrété une pause dans son offensive contre l'EI dans cette région frontalière afin d'éclaircir le sort de ces soldats enlevés en 2014. Selon le général Abbas Ibrahim, des combattants de l'EI qui se sont rendus aux forces libanaises les ont conduits à l'endroit où se trouvaient ces restes humains.

Lundi, la LBCI a rapporté que les informations données par le groupe jihadiste sur l'endroit où le corps d'Abbas Medlej, décapité le 6 septembre 2014, a été enterré, se sont avérées fausses. Les terroristes avaient désigné le secteur de Rahoué, près d'Ersal, d'après la chaîne locale qui précise que les recherches se poursuivent. Le soldat était originaire de Baalbeck.

 

(Lire aussi : La nouvelle du décès des militaires otages tombe comme un couperet)

 

L'armée libanaise avait lancé le 19 août son offensive dans les jurds de Ras Baalbeck et de Qaa. Elle avait annoncé mardi dernier avoir pris le contrôle de la plus grande partie du territoire tenu par les jihadistes. Six soldats libanais ont été tués par des mines depuis le début de cette campagne. Selon l'armée, quelque 600 combattants de l'EI étaient présents dans le secteur.

Le Hezbollah, qui menait parallèlement une offensive pour déloger l'organisation jihadiste sunnite du côté syrien de la frontière, a lui aussi annoncé dimanche une pause dans les combats. Cette pause intervient "dans le cadre d'un accord global pour mettre fin à la bataille contre Daech" dans la région de l'ouest du Qalamoun, selon le "média de guerre" de la formation chiite libanaise.

 

Le Liban "n'est pas un État qui se venge"
Dans le cadre de cet accord, les combattants de l'EI présents dans "la région du Qalamoun (ouest de la Syrie) et dans ses environs au Liban devaient se rendre et être transférés dans la ville de Mayadine dans la province de Deir ez-Zor" toujours tenue par l'EI, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

L'agence de presse officielle syrienne Sana a confirmé l'existence de cet accord entre le Hezbollah et l'EI. Un média du Hezbollah a indiqué à ce propos que 17 bus et 11 voitures du Croissant-Rouge syrien, étaient arrivés dimanche soir dans la région du Qalamoun en vue d'une opération d'évacuation. Le convoi a quitté le point de passage de Cheikh Ali-Roumiat dans le jurd du Qalamoun, en direction de Boukamal, dans la province de Deir ez-Zor. Ce convoi transportait notamment 25 jihadistes blessés. Dans l'après-midi, le média de guerre du Hezbollah a indiqué que 112 personnes, combattants de l'EI, épouses et enfants compris, doivent quitter le jurd d'Ersal.

Le Hezbollah a également annoncé que "les combattants de l'EI ne se trouvent plus" dans l'est du Liban frontalier de la Syrie. Mais l'armée libanaise n'a pas confirmé cette dernière information.

Interrogé lundi par la Radio du Liban, le directeur général de la Sûreté générale a déclaré que l'objectif de l'offensive de la troupe était de "connaître le sort des otages militaires et de libérer les jurds". "Et cet objectif a été atteint", a-t-il affirmé soulignant que le "Liban respecte les traités internationaux et humanitaires". Concernant le fait que les membres du groupe État islamique ont été évacués dans des voitures climatisées, Abbas Ibrahim a répondu que le Liban "n'est pas un État qui se venge".

 

(Archive vidéo : Quand Hussein Youssef, père d'un soldat otage de l'EI, racontait la terrible attente)

 

Dimanche, Abbas Ibrahim avait précisé que des tests ADN doivent être effectués avant qu'il ne puisse confirmer de façon définitive la mort des militaires libanais. Lundi, les familles des soldats ont donné des échantillons ADN de leurs proches aux experts de l'hôpital militaire. Selon la LBCI, ces échantillons seront ensuite transmis à un laboratoire de l'Université Saint-Joseph où ils seront comparés avec les huit dépouilles mortelles. Ces analyses pourraient prendre entre deux et trois semaines en raison de la dégradation des corps.

Dans ce cadre, le Premier ministre, Saad Hariri, a affirmé qu'une journée de deuil national et de solidarité avec l'armée et les familles des militaires sera observée si les résultats des tests devaient se révéler positifs.

En 2014, l'EI puis le Front al-Nosra (ex-branche d'el-Qaëda en Syrie) avaient notamment envahi la ville frontalière de Ersal et capturé 30 soldats et policiers libanais. Quatre ont été exécutés par leurs ravisseurs et un cinquième est mort de ses blessures. Seize ont été libérés par al-Nosra dans un échange de prisonniers en décembre 2015. Neuf soldats étaient restés aux mains de l'EI. Les autorités n'ont évoqué que huit corps retrouvés dimanche.

 

 

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Emmanuel Pezé

S'il sait le nom d'un politicien coupable, pourquoi diantre ne le dit-il pas? S'il s'agissait de mon propre fils je le hurlerai et irai dans tarder lui en demander raison! Pauvre père, si abattu qu'il ne pense plus à se battre...

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