Un milicien armé du mouvement chiite Amal passe devant des voitures en feu à Beyrouth, le 7 mai 2008 lors d'affrontements intercommunautaires. Photo d'archives Ramzi Haidar/AFP
Des hommes armés du Hezbollah postés dans les rues de Beyrouth, des barricades dressées sur les axes menant à l’aéroport, des médias pris pour cible et une armée tentant d’empêcher le Liban de sombrer davantage... Dix-huit ans plus tard, l’ombre d’un nouveau 7-Mai continue de planer sur le pays, alors que le désarmement du Hezbollah n’a toujours pas été acté et continue de provoquer des remous. Si, en 2008, les tensions avaient éclaté suite à une décision historique du gouvernement de Fouad Siniora de démanteler un réseau de télécommunications privé du Hezbollah et d’écarter le responsable de la sécurité de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), réputé proche du parti, la menace d’une réédition d’un tel scénario est régulièrement brandie par les milieux du Hezbollah à l’heure où les autorités œuvrent pour monopoliser les armes aux mains de l’État et entamer des négociations directes avec Israël. Retour sur les origines de cette séquence.
En 2008, le Liban cumule déjà plusieurs années de crises. Trois ans plus tôt, l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005, un crime imputé à Damas, avait provoqué un raz-de-marée humain, le 14 mars de la même année, pour appeler au départ – qui s’est concrétisé le mois suivant – de l’armée syrienne après près de trente ans de tutelle. S’en est suivie une période d’assassinats politiques et une vacance présidentielle depuis la fin du mandat d’Émile Lahoud en novembre 2007.

Mais c’est le 5 mai 2008 que le pays vit un grand tournant. Le gouvernement de Fouad Siniora, dont les ministres du Hezbollah et ses alliés s’étaient retirés en 2006, prend deux décisions qui provoquent l’ire du parti chiite. La première consiste à considérer comme « illégal » un réseau de télécommunications du Hezbollah, mis en place au fil des années et présenté par ce dernier comme un élément essentiel de sa « résistance » face à Israël. La seconde vise à écarter Wafic Choucair, alors responsable de la sécurité à l’AIB.
Ces décisions sont intervenues après des accusations formulées par le leader druze et chef à l’époque du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt, figure centrale du camp souverainiste. Ce dernier avait mis en cause une faille sécuritaire à l’AIB et évoqué des dispositifs de surveillance non officiels et des caméras installées aux abords de la piste 17.

Beyrouth-Ouest sous l’emprise du Hezbollah
Le 6 mai, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, critique alors les décisions gouvernementales et les considère comme une attaque directe contre son infrastructure sécuritaire. Quelques heures plus tard, le pays bascule. Le 7 mai, des affrontements éclatent dans la capitale. Plusieurs routes sont coupées, notamment l’axe menant à l’aéroport. En quelques heures, les combattants du Hezbollah prennent le contrôle de la majorité des quartiers de Beyrouth-Ouest. Des bureaux du courant du Futur sont attaqués et la chaîne de télévision Future TV cesse d’émettre après l’entrée d’hommes armés dans ses locaux.

Les affrontements gagnent les régions de la Montagne, notamment Aley et le Chouf. L’armée libanaise tente de s’interposer afin d’éviter une détérioration plus large de la situation sécuritaire, mais n’entre pas en conflit avec les combattants du Hezbollah. Les affrontements, qui ont fait en quelques jours au moins 65 morts et plus de 200 blessés, s’arrêteront au bout d’une semaine. Pour mettre fin aux tensions, le gouvernement revient sur ses décisions le 14 mai, en autorisant le Hezbollah à préserver son réseau de télécommunications et à reprendre le contrôle de la sécurité de l’aéroport. Cette démarche pave la voie à une phase de médiation arabe qui mènera aux discussions de Doha. Le 21 mai 2008, un accord est conclu dans la capitale qatarie. Il permet au chef de l’armée Michel Sleiman d’accéder à la présidence de la République et aboutit à la formation d’un gouvernement d’union nationale.



Des criminels qui n’aiment pas leur pays ils n’ont qu’à aller combattre avec les mollahs ils ont besoin d’eux
00 h 43, le 09 mai 2026