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Au lendemain de l'annonce du décès des militaires, la presse s'interroge sur les relations libano-syriennes

Liban

La tentative de Hassan Nasrallah de normaliser les relations entre les deux pays questionnée.

Nour BRAIDY | OLJ
28/08/2017

Au lendemain de l'annonce, par le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, de la récupération de dépouilles mortelles qui seraient celles des militaires libanais retenus en otage par le groupe État islamique depuis août 2014, la presse libanaise s'est concentrée lundi sur les relations entre le Liban et la Syrie, surtout après les propos tenus jeudi dernier par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Le chef du parti chiite avait révélé que des "canaux de négociations" avaient été ouverts entre Damas et l'EI et que ces négociations comprenaient notamment la clôture du dossier des militaires libanais otages du groupe jihadiste. Cependant, il avait souligné qu'une "coopération et une demande officielles de la part du Liban à Damas" sont nécessaires. Le leader chiite avait également parlé d'une nouvelle équation "armée libanaise-peuple-résistance-armée syrienne".

Dans les colonnes du quotidien al-Moustaqbal, Ali Noun s'en prend ainsi au Hezbollah et à l'équation de Hassan Nasrallah. "De quelle armée syrienne, avec laquelle il veut compléter le présumé triptyque (armée-peuple-résistance, ndlr), parle le Hezbollah ? Avec quel régime à Damas veut-il que l'État libanais coordonne ? De quel État syrien parle-t-il alors que ses propres +propriétaires+ n'y croient plus ?", écrit M. Noun. "Le Hezbollah veut dire aux Libanais qu'il n'y a plus de problème en Syrie, à l'exception de sa relation avec son voisin libanais. Il veut dire que cette relation doit être restaurée car c'est un avantage pour le Liban bien plus que pour Syrie! (...) Mais la Syrie est incapable de restaurer les relations entre Damas et Idleb ! Ou entre Lattaquié et Raqqa !, ajoute-t-il avant d'appeler le Hezbollah à "se comporter de façon modeste".

Abondant dans le même sens, Nabil Bou Monsef, critique dans les colonnes d'an-Nahar la tentative de Hassan Nasrallah de normaliser les relations entre le Liban et la Syrie. Une normalisation qu'il essaie "d'offrir en cadeau à son allié syrien", écrit M. Bou Monsef. L'éditorialiste s'attaque par la même occasion la nouvelle équation du chef chiite qui, selon lui, "sort du cadre du pacte national et de la Constitution".

 

(Lire aussi : Hussein Youssef appelle les Libanais à "rester unis face au terrorisme")

 

"Le Liban pleure"
Dans al-Joumhouriya, Johnny Mounayar signe un article titré "Un contact Aoun-Nasrallah... règle la crise". Le journaliste revient sur les négociations entre le Hezbollah et le groupe État islamique et en particulier sur un point de l'accord conclu, celui du retrait des combattants de l'EI vers Deir el-Zor. Selon lui, ce point nécessitait une coordination entre le Liban et la Syrie. "Le Hezbollah a pris en charge les négociations et a dissipé les obstacles qui se dressent devant l'application de ce point en raison de l'opposition libanaise à toute communication directe ou coordination avec Damas", écrit M. Mounayar. Le journaliste ajoute dans ce cadre, que selon ses informations, une communication a eu lieu entre le président de la République, Michel Aoun et Hassan Nasrallah, et portait sur ce point en particulier.

Dans les colonnes du quotidien al-Akhbar, proche du Hezbollah, Ibrahim el-Amine, écrit qu'il relève de "la responsabilité de l'armée d'affronter ceux qui l'exploitent". "Lorsque le président Michel Aoun a insisté sur la nécessité que l'armée joue son rôle, ils ont essayé de mettre des obstacles, ils ont imposé des conditions politiques, note M. el-Amine. Ils ont placé des lignes rouges pour empêcher une coordination nécessaire entre l'armée libanaise, les hommes de la résistance et les soldats de l'armée syrienne dans une bataille qui a lieu sur un seul territoire contre un seul ennemi".

Les quotidiens libanais ont toutefois veillé à rendre un hommage appuyé aux militaires otages décédés. Ainsi, an-Nahar a décrit en quelques lignes chacun des militaires. Dans un autre article, Rosana Bou Monsef fait valoir que l'accord conclu avec l'EI a permis le retour de ses combattants en vie en Syrie alors qu'ils ont tué les militaires. Selon la journaliste, les jihadistes auraient dus être tués ou jugés. "L'armée a payé le prix d'une négociation à laquelle elle n'a pas participé", écrit-elle. Al-Moustaqbal titre en une "le Liban pleure" et dans un billet, Roula Abdallah rend hommage aux mères des militaires qui ont attendu durant trois ans, le retour de leurs fils.

Dimanche, après trois ans d'attente insoutenable, les familles de militaires otages de l'EI dans les jurds ont reçu la nouvelle qu'ils espéraient ne jamais entendre : huit dépouilles mortelles ont été retrouvées grâce à des informations collectées après la reddition de membres de l'EI. Une annonce qui est intervenue quelques heures après que l'armée libanaise a décrété une pause dans son offensive contre l'EI dans cette région frontalière afin d'éclaircir le sort de ces soldats enlevés en 2014.

Le Hezbollah, qui menait parallèlement une offensive pour déloger l'organisation jihadiste sunnite du côté syrien de la frontière, a lui aussi annoncé dimanche une pause dans les combats. Cette pause intervient "dans le cadre d'un accord global pour mettre fin à la bataille contre Daech" dans la région de l'ouest du Qalamoun, selon le "média de guerre" de la formation chiite libanaise.  Dans le cadre de cet accord, les combattants de l'EI présents dans "la région du Qalamoun (ouest de la Syrie) et dans ses environs au Liban devaient se rendre et être transférés dans la ville de Mayadine dans la province de Deir ez-Zor" toujours tenue par l'EI, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

 

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Quand Hussein Youssef, père d'un soldat otage de l'EI, racontait la terrible attente

 

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Saleh Issal

Daech sunnite EI et Daech chiite Hezbollah : deux faces d'une même médaille

Irene Said

Mais voyons donc...nous les simples Libanais n'avons toujours pas compris que le Hezbollah-super-résistant, "parti de DIEU" le bien-nommé, est à 100% dévoué au Liban et que tout ce qu'il a entrepris ces derniers mois en est la preuve.

Il a su "libérer" des criminels de Daesch, les ramener sous bonne et sûre escorte...en Syrie avec leurs familles...dans des bus les plus confortables. Presque un transport touristique !

Mais nos malheureux soldats-martyrs...il ne savait rien...n'a rien pu faire...et ses "grands" responsables n'en dorment plus de chagrin depuis...c'est si triste !

Actuellement, ils reçoivent certainement les instructions de Téhéran + Damas pour de futurs projets 100% bénéfiques au Liban...

Réjouissez-vous, l'avenir du Liban est iranien sous la supervision du Hezbollah !
Irène Saïd


L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES PRETENDUS DAESCHIENS PERCHES SUR LES JURDS DU LIBAN N,ETAIENT QUE DES AGENTS DU REGIME SYRIENS ET CAMARADES DE SES ACCESSOIRES... PREUVE ? RENDUS SUPPOSEMENT AU HEZBOLLAH ON LES A VU SUR LES ECRANS DU MANAR PARLANT SUR LEURS CELLULAIRES... QUI AURAIENT DUS LEUR ETRE ENLEVES S,ILS N,ETAIENT PAS DES CAMARADES... PARLER ET RIRE TOUT EN RACONTANT DES ANECDOTES AUX HEZBOLLAHIS...
CHACUN PEUT EN TIRER LES DEVELOPPEMENTS SURVENUS ET COMPRENDRE LES DECLARATIONS HEZBIQUES...

Alexandre Hage

Je présente mes condoléances aux familles de nos héros. Héros de tous les libanais sans exception ni communautaire ni régionale.
Une question me brûle les lèvres, y aurait il un journaliste qui pourrait m'expliquer comment DAESH pourrait avoir une préférence pour négocier ou se rendre plus à une milice ou à l'armée syrienne plus qu'à l'armée libanaise, qui elle est sous les ordres d'un état qui est tenue devant les instances internationales de responsable des prisonniers arrêtés lors d'une bataille. Il quelque chose qui n'est pas claire dans cette histoire !

C.K

Traîtres un jour, traîtres toujours,que le sang de nos soldats les maudissent...

Pierre Hadjigeorgiou

La même question se pose et se repose: Pourquoi et comment les prisonniers Hezbollah aux mains de Daech s'en sortent toujours, et vivant, alors que les soldats de l’armée, eux, sont exécutés. Comment et pourquoi Daech préfère se rendre a ses soi-disant ennemis et pas a l’armée qui elle au moins respecte les conventions internationales de guerre? Pourquoi et comment, alors qu'ils étaient aux abois, le Hezbollah et le régime Syrien ont fait fuir les troupes de Daech sans leur demander des comptes concernant les soldats de l’armée? Il est compréhensible que pour des raison politique la Syrie ne le fasse pas, mais le parti de Dieu qui se prétend être le défenseur du pays contre vents et marées pourquoi ne l'a-t-il pas fait? Ont ils quelques choses a cacher? La coopération entre le régime de Damas, la Hezbollah et Daech n'est apparemment plus a mettre en doute. L'histoire le montrera...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

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