Des soldats de l’armée israélienne se tiennent à côté de leurs Humvees alors qu’ils patrouillent le long de la frontière avec le Liban-Sud, dans le nord d’Israël, le 17 avril 2026. Photo d'illustration/AFP
Israël a installé un avant-poste militaire clandestin dans le désert irakien afin de soutenir sa campagne aérienne contre l’Iran, selon des personnes familières du dossier, dont des responsables américains contactés par le The Wall Street Journal, qui a révélé l’information dimanche.
Israël a construit cette installation, qui abritait des forces spéciales et servait de centre logistique pour l’armée de l’air israélienne, juste avant le début de la guerre et avec la connaissance des États-Unis, ont indiqué ces sources.
Des équipes de recherche et de sauvetage y étaient positionnées au cas où des pilotes israéliens seraient abattus. Aucun ne l’a été. Lorsqu’un chasseur américain McDonnell Douglas F-15 Eagle a été abattu près d’Ispahan, en Iran, les Israéliens ont proposé leur aide, mais les forces américaines ont elles-mêmes mené le sauvetage des deux aviateurs, selon l’une des sources. Israël a néanmoins mené des frappes aériennes pour protéger l’opération.
La base israélienne a failli être découverte début mars. Les médias d’État irakiens ont indiqué qu’un berger local avait signalé une activité militaire inhabituelle dans la région, notamment des vols d’hélicoptères, et que l’armée irakienne avait envoyé des troupes pour enquêter. Israël les a tenues à distance grâce à des frappes aériennes, selon l’une des personnes au fait du dossier.
Opération irresponsable
L’armée israélienne a refusé de commenter. Le gouvernement irakien avait alors condamné l’attaque, qui avait fait un soldat irakien mort. « Cette opération irresponsable a été menée sans coordination ni approbation », avait déclaré le lieutenant-général Qais al-Muhammadawi, commandant adjoint du Commandement des opérations conjointes, un organisme central de sécurité, dans des propos relayés par les médias d’État irakiens au sujet de l’attaque de début mars.
Dans une plainte déposée plus tard en mars auprès des Nations unies, l’Irak a affirmé que l’attaque impliquait des forces étrangères et des frappes aériennes, l’attribuant aux États-Unis. Les États-Unis n’étaient pas impliqués dans l’attaque, selon une source au fait du dossier.
L’affrontement a été largement relayé dans les médias irakiens et arabes et a suscité des spéculations sur l’identité des combattants. Après le premier signalement du berger, des soldats irakiens sont partis en Humvees et se sont dirigés à l’aube vers le site. Le groupe a essuyé des tirs nourris, faisant un mort et deux blessés parmi les soldats, a déclaré Muhammadawi.
Les autorités irakiennes ont ensuite dépêché deux autres unités du Service de lutte contre le terrorisme du pays, qui avait joué un rôle important dans la lutte contre l’État islamique, afin de participer aux recherches dans la zone. Elles ont trouvé des preuves indiquant que des forces militaires avaient été présentes sur place. « Il semble qu’une certaine force se trouvait au sol avant la frappe, soutenue depuis les airs, et opérant au-delà des capacités de nos unités », a déclaré Muhammadawi aux médias d’État.
Un porte-parole du gouvernement irakien a refusé de commenter davantage l’incident ou de dire si Bagdad était au courant de l’existence de la base israélienne. Les États-Unis ont mené plusieurs frappes en Irak afin de protéger leurs propres bases et autres installations. Les détails concernant cette base — ainsi que les risques pris par Israël pour l’établir et la protéger — permettent de mieux comprendre comment le pays a réussi à mener une campagne aérienne contre un ennemi situé à environ 1 600 kilomètres de distance, suggère encore le WSJ.
Le quotidien ajoute que les forces américaines mettent souvent en place des sites opérationnels temporaires avant des opérations militaires, expliquent des experts en sécurité. Une base avancée improvisée avait ainsi été installée à l’intérieur de l’Iran et utilisée lors de la mission de sauvetage des aviateurs américains dont l’avion s’était écrasé début avril. Les États-Unis ont détruit des avions et des hélicoptères restés bloqués sur place durant cette mission. « Il est normal qu’avant des opérations, on effectue des reconnaissances et qu’on mette en place ce type de positions », a déclaré Michael Knights, directeur de la recherche chez Horizon Engage, un cabinet de conseil stratégique, cité par le WSJ.



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19 h 52, le 11 mai 2026