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À La Une - tensions

Liban : après l'agression (filmée) d'un Syrien, les responsables arrêtés

La vidéo du lynchage du réfugié circule depuis mardi sur les réseaux sociaux.

Le ressortissant syrien agressé par des Libanais qui ont finalement été arrêtés le 19 juillet 2017 selon le ministre libanais de l'Intérieur, Nouhad Machnouk. Capture d'écran de la vidéo

Signe des tensions apparues ces dernières semaines au Liban sur le dossier des réfugiés syriens, la vidéo du lynchage d'un réfugié syrien par des Libanais circule depuis mardi sur les réseaux sociaux.

Les assaillants ont finalement été arrêtés par les services de renseignement, a annoncé mercredi matin le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk.

 

 

Insultes racistes
Sur cette vidéo, filmée au moyen d'un téléphone portable, on voit un ressortissant syrien, allongé au sol, victime d'insultes racistes et roué de coups. Ses assaillants lui reprochaient notamment d'être un membre du groupe Etat islamique et d'avoir voulu participer à un rassemblement en soutien aux réfugiés syriens, prévu mardi soir place Samir Kassir, au centre-ville de Beyrouth, avant d'être finalement annulé.

L'annonce de ce rassemblement "contre le racisme et le discours de haine", auquel avait appelé le Forum socialiste et que "L'Union du peuple syrien au Liban" avait également repris à son compte "pour revendiquer nos droits légaux et légitimes", avait enflammé les réseaux sociaux. Des propos haineux contre l'armée libanaise et des insultes adressées au peuple libanais avaient entraîné des répliques sur le même ton. Une contre-manifestation en soutien à la troupe avait même été envisagé. Finalement, ces deux rassemblements ont été interdits par M. Machnouk en début de semaine.

Dans l'édition du jour du quotidien al-Moustaqbal, le ministre de l'Intérieur avait déclaré avoir pris contact avec le procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, afin d'activer la procédure judiciaire contre les agresseurs du ressortissant syrien et les responsables de la diffusion de cette vidéo.

Dans un communiqué, publié mercredi après-midi, l'ambassade syrienne à Beyrouth a dénoncé une "violation des valeurs, des normes et des liens de fraternité qui lient les deux peuples frères" et a demandé que cessent les tentatives de "semer la discorde, car un tel comportement est nuisible à tous".

L'ambassade a en outre assuré qu'elle ne "ménage aucun effort pour faire tout ce qu'il faut afin de préserver la dignité des citoyens syriens et leurs droits, tout en préservant la relation fraternelle entre les deux peuples et les deux États".

Mardi, le président de la République, Michel Aoun, avait prévenu que le Liban ne pouvait plus supporter le poids des réfugiés syriens. "Nous œuvrons au retour des déplacés chez eux, car le Liban ne peut plus supporter ce fardeau, mais répandre la haine est inacceptable, et les conséquences de ce comportement sont lourdes pour les populations des deux pays", a dit le chef de l'Etat.

 

(Lire aussi : Rendez-vous raté avec l’histoire, l'édito de Michel TOUMA)

 

Polémique
Le Liban accueille plus d'un million de réfugiés ayant fui le conflit en Syrie voisine, beaucoup vivant dans des camps informels de réfugiés. Une relance de dialogue direct avec le régime de Damas avait été suggérée il y a quelques jours par le Hezbollah et les partis pro-Assad comme passage obligé au retour des déplacés. Cette proposition fait depuis polémique, les parties anti-Assad estimant qu'elle profitait au régime syrien. Le Premier ministre Saad Hariri et les Forces libanaises se sont opposés à un rétablissement de ces relations.

Cette polémique s'est gravement amplifiée, ouvrant la voie à des accusations de racisme, doublées d'une dangereuse montée en flèche de la tension entre Libanais et Syriens, notamment après la diffusion d'images de détenus syriens arrêtés par l'armée après une descente menée le 30 juin dernier dans deux camps à Ersal, localité frontalière sunnite à cheval entre le Liban et la Syrie.

Les images de ces détenus avaient provoqué une vive controverse au Liban. L'armée a annoncé le décès de quatre d'entre eux affirmant qu'ils souffraient déjà avant leur détention de problèmes de santé chroniques, mais des ONG ont appelé à l'ouverture d'une enquête indépendante, laissant supposer qu'ils avaient pu être soumis à un interrogatoire musclé. Mardi, le Premier ministre, Saad Hariri, avait affirmé que l'institution militaire "enquête sur ces faits en collaboration avec trois médecins civils. Le rapport sera publié bientôt et les Libanais pourront le consulter".

 

 

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Signe des tensions apparues ces dernières semaines au Liban sur le dossier des réfugiés syriens, la vidéo du lynchage d'un réfugié syrien par des Libanais circule depuis mardi sur les réseaux sociaux.
Les assaillants ont finalement été arrêtés par les services de renseignement, a annoncé mercredi matin le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk.
 

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commentaires (3)

Ceux sont les memes qui ne veulent pas des syriens au Liban qui refusent de les rappatrier. Vous voulez attendre l'ONU? Vous allez attendre longtemps

Chady

22 h 21, le 19 juillet 2017

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Commentaires (3)

  • Ceux sont les memes qui ne veulent pas des syriens au Liban qui refusent de les rappatrier. Vous voulez attendre l'ONU? Vous allez attendre longtemps

    Chady

    22 h 21, le 19 juillet 2017

  • Donc en ce moment, le problème principal chez nous c'est...les réfugiés syriens et ce qu'il leur arrive chaque jour ??? Messieurs nos IRRESPONASBLES-INCAPABLES en tout, pourquoi avoir attendu que la situation en arrive là...alors que les problèmes ont commencé depuis longtemps, et que ceux à qui profitent ces évènements agissent dans l'ombre pour arriver à leur but: reprendre à n'importe quel prix, même en vies humaines, les relations officielles avec le régime de Damas ? Irène Saïd

    Irene Said

    12 h 35, le 19 juillet 2017

  • EST-CE DU HASARD OU POUR DONNER DES RAISONS AUX DEMANDEURS DE CONTACTS AVEC LE REGIME DE DAMAS ?

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 40, le 19 juillet 2017

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