Liban

À Bruxelles, Bassil plaide pour un retour « sûr » et Mogherini pour un retour « volontaire »

Réfugiés syriens
19/07/2017

Le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, a regagné hier Beyrouth au terme d'une visite officielle à Bruxelles où il a coprésidé avec la haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, le 8e Conseil d'association UE-Liban.

La réunion s'est tenue en présence des ministres de l'Économie, Raëd Khoury, de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, et des Affaires sociales, Pierre Bou Assi, ainsi que des conseillers du président de la République pour la coopération internationale, Élias Bou Saab, et des affaires religieuses, Habib Frem.

Au menu des discussions, une série de questions d'intérêt commun, notamment le dossier des réfugiés syriens, qui a été évoqué par les deux chefs de la diplomatie, libanaise et européenne, au cours de leur conférence de presse conjointe. Des propos tenus, il ressort que les points de vue convergent sur la nécessité d'une solution politique en Syrie, mais divergent toujours sur la question du retour des populations déplacées. Gebran Bassil a longuement expliqué l'impact sur le Liban de la présence de plus d'un million et demi de réfugiés sur son sol, jugeant nécessaire qu'il y ait « une solution durable à ce problème à travers l'organisation de leur retour dans des zones sûres ». Tout en prenant soin d'assurer que le Liban reste attaché au principe du « non-refoulement » des réfugiés, le ministre a estimé que le retour « peut être ponctuel et progressif dans un premier temps, afin de favoriser une réédification de la confiance entre les composantes de la population syrienne, dans la perspective d'une reconstruction de la Syrie ».

 

(Lire aussi : Rendez-vous raté avec l’histoire, l'édito de Michel TOUMA)

 

Les interlocuteurs de Gebran Bassil ont affirmé comprendre la situation dans laquelle le Liban se trouve, précisant que ses propositions doivent faire l'objet de concertations entre les États membres. Il était cependant évident qu'elles n'ont aucune chance d'être prises en compte. Au cours de la conférence de presse conjointe qu'elle a tenue avec M. Bassil, Mme Mogherini a insisté, en réponse à une question, sur l'importance d'un retour « volontaire » des réfugiés syriens chez eux, après avoir réaffirmé « la détermination de l'Union européenne à soutenir le Liban, à travers la poursuite des projets de développement qu'elle finance », pour l'aider à supporter le poids de cette présence.

M. Bassil devait intervenir pour affirmer qu'il apprécie le fait que l'UE loue l'action menée par le Liban en faveur des réfugiés. « Mais, a-t-il poursuivi, nous éprouvons une énorme déception à cause du manque de coopération au niveau de la gestion de ce dossier, surtout que la plupart des États essaient de se dérober à leurs responsabilités internationales à ce niveau. » « La crise syrienne est une crise internationale qui requiert des efforts internationaux », a martelé Gebran Bassil.

Sur un autre plan, le Liban et l'Union européenne ont décidé d'améliorer les échanges commerciaux par l'application d'un plan de travail commun visant à supprimer les obstacles qui empêchent l'exportation de certains produits.

Concernant la sécurité et la lutte contre le terrorisme, les deux parties se sont mises d'accord sur l'importance d'une stratégie nationale libanaise de lutte antiterroriste, de renforcer les institutions légales et d'autres mesures.

Le chef de la diplomatie, qui a été reçu par son homologue belge Didier Reynders, lui a remis un mémorandum dans lequel il propose que le Liban et la Belgique coprésident le congrès sur la persécution des minorités au Moyen-Orient, prévu prochainement à Bruxelles.

 

 

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gaby sioufi

soit que mme mogherini et toute l'UE sont pour le moins ignorants , soit qu'ils veulent continuer a le paraitre - donc paraitre INNOCENTS.
soit, tout le monde penche pour cela : ils sont de MAUVAISE FOI , sur toute la ligne, sans honte.
EH BIEN NON . mr Bassil doit tenir tete, etre ferme sur toute la ligne.
les europeens renvoient bien eux des milliers de refugies non-admissibles , sans toutefois aborder leur retour sur vers chez eux, encore moins leur retour volontaire.
alors Basta mme mogherini et consorts. pour l'amour du ciel TAISEZ VOUS.

Tabet Ibrahim

Je me méfie de plus en plus des intentions de l'UE

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