Liban

Aïn el-Héloué : comment éviter un nouveau Nahr el-Bared ?

Dans les coulisses de la diplomatie
14/04/2017

Les derniers combats dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué ont remis sur la table la question des armes dans les camps palestiniens et la nécessité de régler ce dossier épineux afin d'éviter un nouveau scénario à la Nahr el-Bared.

Les affrontements de Aïn el-Héloué, qui ont éclaté il y a une semaine et pris fin mercredi, étaient tellement intenses qu'ils ont nécessité du Fateh de faire intervenir des renforts venus d'autres camps. Ce qui n'a pas manqué d'inquiéter les réfugiés palestiniens en général, ces derniers redoutant que des combats similaires n'éclatent dans leurs camps respectifs, voire qu'une nouvelle bataille semblable à celle menée en 2007 par l'armée libanaise à Nahr el-Bared, au nord de Tripoli, contre les islamistes de Fateh el-Islam n'ait lieu.

Les ambassadeurs des pays et organisations membres du Groupe de soutien international au Liban (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine, Allemagne, Italie, ONU, Union européenne et Ligue arabe) se sont quant à eux intéressés de près à l'évolution des combats. Le bureau de l'Unrwa (l'Agence des Nations unies pour le secours aux réfugiés palestiniens) à Beyrouth a également suivi les accrochages à Aïn el-Héloué, et leur impact sur les habitants du camp et ses infrastructures. Il a tenu son bureau de New York régulièrement informé des développements de la bataille.


(Lire aussi : L'OLP renouvelle son appel au déploiement de l'armée libanaise dans les camps)

 

La situation dans le plus grand camp palestinien du Liban a en outre alimenté les débats lors de la séance du Conseil des ministres, lundi dernier. Les ministres ont considéré que l'usage qui est fait des armes palestiniennes est contraire à la fonction à laquelle elles devraient servir à la base et qui est de protéger les habitants des camps des attaques israéliennes, plutôt que d'être utilisées dans des combats entre groupes palestiniens et de mettre la vie des civils en danger.

Interrogé par L'Orient-Le Jour, un ministre qui a requis l'anonymat estime qu'il est temps d'aborder la question des armes palestiniennes dans l'ensemble des camps de réfugiés. Il faut désarmer les groupes palestiniens et mettre la sécurité des camps entre les mains de l'État libanais. Israël a renoncé depuis longtemps à attaquer les camps palestiniens. Les armes lourdes ne sont plus justifiées et tuent les réfugiés au lieu de les protéger, ajoute ce ministre.

Le ministre de la Défense, Yaacoub Sarraf, qui s'est rendu à Saïda mardi, s'est contenté de rassurer l'opinion sur le fait que les affrontements de Aïn el-Héloué n'allaient pas évoluer en un nouveau Nahr el-Bared, insinuant ainsi qu'ils resteraient interpalestiniens. M. Sarraf se basait dans ses affirmations sur des contacts établis ce week-end entre le président de la République, le Premier ministre, le commandement de l'armée et les leaders des groupuscules palestiniens. Le chef de l'armée, le général Joseph Aoun, s'est pour sa part rendu hier à Aïn el-Héloué où il a visité les positions de l'armée libanaise.

Sur le terrain, les combats avaient cessé pour quelques heures avant de reprendre de plus belle, ce qui avait contraint le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur à fermer les écoles de la région en début de semaine. Le comité conjoint de sécurité avait en outre révélé que Bilal Badr, le responsable du groupuscule terroriste Fateh el-islam à Aïn el-Héloué, qu'il cherchait à déloger de son QG, était introuvable mais que le secteur qu'il contrôlait avait été repris.

Pour mémoire

Fin des affrontements après la fuite de Bilal Badr

Quatrième jour de combats à Aïn el-Héloué

À Aïn el-Héloué, un nouveau comité mixte de sécurité présidé par le Fateh

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