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Liban - Aïn el-Heloué

Fin des affrontements après la fuite de Bilal Badr

Des hommes du Fateh patrouillant dans une rue de Aïn el-Héloué hier. Ali Hashisho/Reuters

Après quatre journées de combats meurtriers opposant les membres du comité conjoint de sécurité et le mouvement Fateh à Bilal Badr, chef du groupuscule terroriste Fateh el-islam dans le camp de Aïn el-Heloué, près de Saïda, les accrochages ont pris fin. Et pour cause : Bilal Badr est sorti du quartier de Tiré et est désormais protégé par le groupuscule islamiste Esbat-el Ansar.
Dans la nuit de lundi à mardi, une réunion entre des responsables des factions palestiniennes s'était tenue à Saïda. Le cheikh palestinien Jamal Khattab et le cheikh Abou Charif Akl, un cadre de Esbat el-Ansar, ont assisté à la réunion, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Les participants se sont entendus sur le fait que Bilal Badr et ses partisans sont désormais considérés comme des fugitifs et que les forces de sécurité conjointes devaient se déployer dans le quartier où ils étaient basés. Cet accord a été transmis au commandant de la sécurité nationale palestinienne, Fathi Aboul Ardate, qui l'a transmis à la direction palestinienne à Ramallah.
Alors que suite à cet accord, un calme précaire régnait dans la matinée, la tension est remontée d'un cran – par intermittence – dans la journée. Selon l'ANI, des bruits d'explosions de roquettes ainsi que des tirs pouvaient être entendus.
Ce regain de tension est survenu alors que les factions palestiniennes ont annoncé, lors d'une conférence de presse, que la force conjointe palestinienne va se déployer dans tout le quartier de Tiré, et que cette force a « l'autorité totale » d'arrêter Bilal Badr où qu'il soit. Un accord a été conclu afin que « Bilal Badr quitte le quartier de Tiré et que son périmètre soit démantelé », a expliqué Fathi Aboul Ardate. « Bilal Badr sera recherché jusqu'à son arrestation et jusqu'à ce qu'il soit remis à l'État libanais, a-t-il ajouté. La force palestinienne conjointe va se déployer dans tous les coins du camp sans exception, a assuré M. Aboul Ardate «, affirmant qu'« aucune zone ne lui sera interdite ».
Toutefois, les forces conjointes n'ont pas pu à ce stade se déployer à Tiré, en raison des obus lancés par les partisans de Bilal Badr. Selon des sources médiales, les affrontements des derniers jours ont fait 8 morts.

L'optimisme précaire du Fateh
Si certains estiment que Fateh a perdu la bataille contre Bilal Badr et les groupuscules islamistes, dans la mesure où le mouvement palestinien n'est pas parvenu à le livrer aux autorités libanaises, dans les milieux du Fateh, on se montre plus optimiste.
Un cadre proche du mouvement palestinien met ainsi l'accent sur un fait important : « Si Bilal Badr court toujours, le Fateh a pu néanmoins démanteler son réseau terroriste. » Il en veut pour preuve le fait que « les membres du mouvement de Badr sont désormais divisés et protégés par le groupuscule Esbat el-Ansar ».
Interrogé par L'Orient-Le Jour, ce cadre du Fateh exclut toute possibilité de nouveaux accrochages entre sa formation et Esbat-el Ansar. Il ajoute néanmoins que « si Aïn el-Heloué est calme aujourd'hui, rien ne permet de garantir une stabilité de long terme, dans la mesure où toute provocation de la part des islamistes pourrait causer un nouveau round d'affrontements »...
Mais dans certains milieux politiques libanais, on semble soucieux de calmer les craintes quant à une dégradation sécuritaire générale à partir des camps palestiniens. Les observateurs estiment que les forces de l'ordre ne permettront pas une guerre des camps à vaste échelle. C'est justement pour cette raison que les autorités libanaises ont pressé les dirigeants palestiniens de s'employer à mettre fin à l'action des islamistes.
Le ministre de la Défense, Yaacoub Sarraf, a assuré pour sa part que le camp de Aïn el-Heloué ne se transformera pas en un Nahr el-Bared bis. Il faisait ainsi allusion aux affrontements ayant opposé en 2007 l'armée libanaise au groupuscule Fateh el-Islam.
Bahia Hariri, députée de Saïda, a, de son côté, exhorté les factions palestiniennes (dont elle a reçu une délégation à Majdelioun) à œuvrer pour une stabilité permanente à Aïn el-Heloué, en collaboration avec les autorités libanaises.
Notons enfin que le bloc parlementaire du Futur a stigmatisé les incidents de Aïn el-Heloué, appelant, dans un communiqué publié à l'issue de sa réunion hebdomadaire, à l'application des décisions prises à la table de dialogue, et portant sur la nécessité de retirer les armes palestiniennes illégales.

Après quatre journées de combats meurtriers opposant les membres du comité conjoint de sécurité et le mouvement Fateh à Bilal Badr, chef du groupuscule terroriste Fateh el-islam dans le camp de Aïn el-Heloué, près de Saïda, les accrochages ont pris fin. Et pour cause : Bilal Badr est sorti du quartier de Tiré et est désormais protégé par le groupuscule islamiste Esbat-el Ansar.Dans...
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