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Quatrième jour de combats à Aïn el-Héloué

Liban

Le Fateh n'a toujours pas répondu aux revendications de Bilal Badr.

OLJ/AFP
10/04/2017

Les combats ont repris de plus belle lundi dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, à la lisière de Saïda, au Liban-Sud, théâtre depuis vendredi d'affrontements opposant des membres du comité conjoint de sécurité et du mouvement Fateh, d'une part, à des partisans de Bilal Badr, un responsable du groupuscule terroriste Fateh el-Islam, d'autre part. Une médiation a été entreprise dimanche pour mettre fin aux combats, jusque là, sans résultat.

Roquettes et mitrailleuses
Depuis le début de la matinée, des tirs de roquettes et de mitrailleuses sont audibles à Saïda et dans le voisinage. Des bruits de détonations étaient entendus dans les secteurs de Tiré et de la rue Fouqani, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Plusieurs blessés sont tombés en début de journée. Par ailleurs, un incendie s'est déclaré à Fouqani, endommageant quatre commerces. Le calme précaire aura régné peu de temps dans la matinée, après une nuit de combats intermittents.

Lundi après-midi, l'Ani a rapporté que des partisans de Bilal Badr ont lancé une attaque sur trois axes pour desserrer l'étau qui s'est formé autour d'eux. L'attaque n'a toutefois pas abouti et les combats se poursuivaient. L'armée libanaise positionnée autour du camp était de son côté en état d'alerte.

Le bilan des combats s'élève désormais à 6 morts, selon l'Ani, après que deux personnes aient succombé à leurs blessures dans la nuit, et 35 blessés. L'AFP fait état de huit morts, dont cinq civils, selon des sources médicales, et d'au moins 40 blessés, dont trois dans un état grave et parmi eux un garçon de quatre ans.

 

 

Cette situation a poussé le ministère de la Santé à évacuer les malades et le personnel de l'hôpital gouvernemental de Saïda, près duquel des obus sont tombés. Dans le camp, des organisations de charité palestiniennes ont distribué du pain et de l'eau aux habitants les plus affectés par les combats qui ont endommagé plusieurs réservoirs d'eau.

De son côté, le Conseil des ministres s'est exprimé sur la nécessité de rétablir la stabilité dans le camp et garder l'autoroute qui passe dans le secteur ouverte. En raison des affrontements, l'armée libanaise a pris des mesures à l'entrée du camp, fermant la voie rapide qui passe à côté de Aïn el-Héloué.

Les écoles publiques et privées de Saïda, ainsi que les facultés de l'Université libanaise dans le secteur sont fermés aujourd'hui.

(Lire aussi : Un retour au calme reste tributaire du résultat des négociations avec Fateh el-islam)

 

Pas de réponse du Fateh
Sur un autre plan, le Fateh et les membres du comité conjoint de sécurité du camp n'ont toujours pas donné de réponses aux revendications de Bilal Badr avec qui une médiation a été ouverte la veille.

Pour rappel, M. Badr avait indiqué à des médiateurs dépêchés par les forces islamiques chargées de la sécurité du camp que lui et ses partisans, retranchés dans un réduit situé autour du secteur de Tiré, refusaient de se rendre. Néanmoins, il s'est déclaré prêt à disparaître, à retirer ses troupes et faciliter le déploiement des combattants du comité conjoint dans le secteur qu'il contrôle, quelles que soient leurs affiliations. Le Fateh s'était de son côté dit déterminé à poursuivre les combats afin de mettre un terme à l'existence d'îlots d'insécurité à l'intérieur du camp, insistant que Bilal Badr lui soit livré.

Les accrochages avaient éclaté vendredi soir lorsque les principales organisations palestiniennes du camp se sont déployées en vertu d'un nouveau plan de sécurité.

Fin février, Aïn el-Héloué avait déjà été le théâtre d'affrontements meurtriers entre des combattants du Fateh et des groupes islamistes. Les accrochages avaient éclaté après le retrait du Fateh du comité conjoint chargé de la sécurité à l'intérieur du camp. Depuis, les accrochages sont devenus récurrents.

Aïn el-Héloué est le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban. L'armée libanaise n'y entre jamais et la sécurité y est assurée par les factions palestiniennes, conformément à un accord remontant à 1969. Environ 450.000 Palestiniens sont inscrits au Liban auprès de l'Unrwa. La plupart vivent dans des conditions difficiles, répartis dans les 12 camps du pays.

 

 

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