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Ce qu'il faut comprendre de l'attaque US contre la base syrienne

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Rien n'indique pour l'instant que Washington ait l'intention de poursuivre ses frappes ou de changer ses priorités stratégiques en Syrie.

07/04/2017


Les faits

En réponse à l'attaque chimique contre Khan Cheikhoun, imputée au régime syrien, Washington a bombardé la base aérienne d'al-Chaayrate. 59 missiles de croisière Tomahawk ont été tirés par deux navires américains, selon le Pentagone. Ces frappes ont fait six morts, des blessés et d'importants dégâts matériels selon l'armée syrienne.
C'est la première fois depuis le début du conflit syrien que Washington procède à des frappes intentionnelles sur les forces du régime Assad. A noter que les Russes auraient été informés en amont pour éviter tout incident.

 



Les raisons de l'attaque

C'est la première grande décision de Donald Trump sur la scène internationale. Le président américain a voulu envoyer un message fort au reste du monde, et particulièrement aux pays considérés comme une menace par Washington, comme l'Iran ou la Corée du Nord. Un message clair aussi, sur la capacité des USA à réagir vite et à entreprendre une action unilatérale, malgré ses discours sur l'America First. Donald Trump vient, quelque part, de s'acheter une virginité et une autorité sur la scène diplomatique : c'est un coup de communication qui devrait aussi avoir ses répercussions sur la scène intérieure, puisqu'une partie des élus républicains, majoritaires au Sénat, a toujours milité pour une intervention militaire contre Bachar el-Assad.

Le locataire de la Maison Blanche veut également montrer qu'il n'est pas influencé et qu'il est capable de tenir tête à Vladimir Poutine, accusé d'avoir favorisé son accession au pouvoir. L'objectif est aussi de faire pression sur Moscou pour le pousser à des compromis sur la scène syrienne. Mais surtout, le 45ème président américain vient d'établir sa propre ligne rouge en Syrie : l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien est synonyme de représailles américaines.

Le fait qu'Israël, dont la protection semble être l'objectif numéro un de la nouvelle administration américaine, soit très sensible à la question des armements chimiques, par peur qu'ils se retrouvent entre les mains du Hezbollah, a probablement joué sur la décision du président américain.

 

(Lire aussi : L'attaque chimique, une "ligne rouge" déjà franchie en Syrie)



Les réactions

Les deux parrains du régime, la Russie et l'Iran, ont fermement condamné ces attaques. Le président français François Hollande a estimé que la réponse des Etats-Unis devait « maintenant être poursuivie au niveau international, dans le cadre des Nations unies si c'est possible ». La Turquie a demandé, de son côté, le départ immédiat de Bachar el-Assad.

 

(Lire aussi : Syrie : pourquoi les Américains ont changé de ton)



Terrain et diplomatie

La frappe américaine n'a aucun impact sur le rapport de forces sur le terrain. C'est une réponse proportionnée pour sanctionner l'utilisation d'armes chimiques, tout en évitant l'escalade avec Moscou. Rien n'indique pour l'instant que Washington ait l'intention de poursuivre ses frappes ou de changer ses priorités stratégiques en Syrie. La marge de manœuvres du président américain est assez limitée sur ce plan : difficile de croire qu'il puisse risquer une escalade avec Moscou pour faire tomber M. Assad sans avoir un allié solide susceptible de prendre le pourvoir sur le terrain. Mais l'imprévisibilité du président américain bouleverse la donne diplomatique.

Il va falloir suivre la réaction de Moscou, et dans une moindre mesure de Pékin, de très près. Surtout que la Russie vient de suspendre son accord avec Washington sur la prévention d'incidents aériens, et qu'elle vient d'annoncer que les défenses antiaériennes de l'armée syrienne « viennent d'être renforcées ».

L'enjeu dépasse largement le cas syrien : la première puissance mondiale vient de rappeler à ses principales concurrentes qu'elle n'a pas l'intention de perdre sa place. Autrement dit : l'époque Obama, privilégiant le multilatéralisme et le non interventionnisme, est désormais révolue...

 

 

 

 

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ACE-AN-NAS

FAUT JUSTE CONSTATER QUE CETTE FRAPPE EST LOIN D'ÊTRE CELLES PRATIQUÉES SUR L'IRAK DE SADDAM ET SUR LA LYBIE DE KADDADFI. .

JE N'AJOUTERAI RIEN DE PLUS SINON ON NE PUBLIERA PAS COMME C'EST LE CAS DEPUIS CE MATIN.

Bery tus

Trump a montrer que si les russes veulent jouer, il est le partenaire de jeu privilégier et qu'il ne sera pas passif comme Obama, en montrant au russe que leur plaisanterie a assez durer ... ce que les media ne savent pas c'est qu'il y avait une connivence entre les USA et la russie mais cette derniere n'a pas suivis le plan du jeu tel qu'entendu et surtout le fait qu'assad a pris avantage sur la position US qu'il ne font plus du depart d'assad une priorite, se pensant ainsi devenue intouchable y a jouer pour bcp

M.V.

Il faut surtout comprendre, que l'ère Obama c'est fini ...! que le cocu c'est Normal 1er ... et que Donald Trump veut négocier directement avec Vladimir Poutine ...!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN ARTICLE OBJECTIF... MAIS LES CHOSES EN SYRIE OU POUR LA SYRIE NE SERONT PLUS LES MEMES APRES LA FRAPPE AVEC CE QU,ELLES ETAIENT AVANT... LE MASTODONTE REPREND SA PLACE DANS LE MONDE... ET BEAUCOUP D,ALLIES DU REGIME ET LEURS ACCESSOIRES VONT EN SOUFFRIR !

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