L’environnement, un regard tourné vers l’avenir - Suzanne BAAKLINI

LES CARRIÈRES NON TRADITIONNELLES

L’environnement, un regard tourné vers l’avenir

Les spécialistes en environnement ont fort à faire au Liban.

13/04/2017

Les métiers de l'environnement sont extrêmement variés de nos jours, avec quantité de sous-spécialisations : déchets solides, pollution de l'air, pollution de l'eau, épuration des eaux usées, énergies renouvelables (solaire, éoliennes...), etc. Ziad Abichaker, ingénieur, entrepreneur et inventeur d'un système de compostage rapide des déchets, et Désirée Azzi, professeure assistante dans une faculté de sciences agronomiques et alimentaires, spécialisée en hydrologie, sol et environnement, insistent sur la diversité du métier, qui est exercé autant par des ingénieurs que des techniciens et des chercheurs...

 

Nature du travail


Selon les deux spécialistes, les métiers de l'environnement sont en général des métiers de terrain, où les horaires ne sont pas fixes et qui ne sont pas routiniers. De manière générale, les chercheurs qui mènent des études restent derrière leurs bureaux, alors que les ingénieurs et les techniciens chargés de la mise en place des plans sont sur le terrain. Les deux cas de figure peuvent donc se présenter.

 

Études et débouchés


Les métiers de l'environnement sont très diversifiés, les formations aussi. Voici un inventaire effectué par Désirée Azzi :

– À l'Université Saint-Joseph (USJ), faculté des lettres et des sciences humaines, département de géographie, un diplôme en environnement et aménagement du territoire, qui forme des chefs de projet, des experts territoriaux, des cartographes, des enseignants, des chercheurs...

– Également à l'USJ, une licence en sciences de la vie et de la terre, master en sciences et gestion de l'environnement, avec les débouchés suivants : experts, consultants, chargés de projets, écoconseillers auprès de cabinets d'expertise, de bureaux d'études, d'organisations internationales, dans l'administration publique, en entreprise et auprès des collectivités locales.

– À l'Université libanaise (UL), une nouvelle formation menant à un master en sciences et technologies de l'environnement, et en génie environnemental, destinée à former les cadres et techniciens pour la gestion intégrée des déchets, des eaux douces et marines, des sols et de l'atmosphère.

– À l'AUB, au sein de la faculté des sciences médicales, un BS en santé et environnement, et un MS en sciences environnementales à la faculté de génie, avec des débouchés dans les institutions gouvernementales, le secteur privé et les agences internationales.

– À Notre-Dame University (NDU), un BS en sciences environnementales au sein de la faculté des sciences naturelles et appliquées.

Les experts insistent sur l'importance de l'application des lois environnementales, ce qui augmentera le besoin en experts et obligera les entreprises à en engager, afin de s'assurer de leur conformité aux normes. Les métiers de l'environnement sont par excellence « des métiers d'avenir », disent-ils.

Aptitudes et compétences requises

– Être passionné pour exercer un métier exigeant.
– Être ouvert d'esprit pour traiter avec différents types de personnes.
– Travailler dans l'environnement équivaut à être un bon communicateur, pour transmettre, avec tact, des messages qui portent souvent sur des changements d'habitudes peu appréciés des interlocuteurs.
– Savoir s'adapter à un domaine mouvant et en constante progression, et rester au fait des nouveautés.
– Être un bon manager, savoir régler les conflits et être capable de travailler en équipe.

Difficultés et contraintes

Voici quelques-unes des contraintes recensées par les deux spécialistes :

– Le degré de sensibilisation à la dégradation écologique insuffisant à tous les niveaux : il faut s'attendre à des résistances.
– Les relations difficiles avec les institutions officielles autant que le public, qui voient tous d'un mauvais œil les recommandations de nature écologique, comme s'il s'agissait d'un audit financier ou alors d'une agression ou d'une menace.
– Le législateur qui n'accorde pas encore la priorité à ce domaine, de manière à faciliter le changement des mentalités nécessaires pour promouvoir les pratiques environnementales.
– Des inconvénients relatifs au travail sur le terrain, qui nécessitent des mesures de protection adéquates : à titre d'exemple, l'exposition à la pollution lors de prélèvements d'échantillons, le travail à l'extérieur par tous les temps, ou dans un fleuve en période de crue, ou parmi les déchets avec les odeurs...
– Un métier encore mal défini au Liban, des expertises pas toujours claires : par conséquent, tout le monde a tendance à s'exprimer indistinctement sur tous les sujets, ce qui occulte le rôle des véritables experts.
– Risque de déception : les personnes attirées vers les métiers de l'environnement sont souvent un peu rêveuses et peuvent tomber de haut en découvrant les limites de leurs capacités en milieu hostile...

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