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La Dernière

Noha Baz, la cuisine pour transmettre une culture...

Papilles
03/11/2016

Le Salon du livre francophone a pris deux rendez-vous avec Noha Baz, pédiatre et fin gourmet. Le dimanche 6 novembre, elle remettra le prix Ziryab de la gastronomie à un lauréat venu spécialement au Liban pour l'occasion, et le lendemain, le lundi 7 novembre, elle signera son deuxième livre, La recette d'où je viens, préfacé par Salah Stétié, (paru aux éditions L'Orient des livres).

Le prix Ziryab, qu'elle a mis en place il y a trois ans, vient récompenser chaque année un auteur francophone gastronomique. « Ce n'est pas un prix pour le livre des meilleures recettes, mais un prix de littérature gastronomique », dit-elle, expliquant que le nom du prix est un clin d'œil à l'auteur français d'origine syrienne, Farouk Mardam Bey, qui avait publié plusieurs œuvres sur Ziryab, un musicien devenu gastronome et qui vivait en Andalousie, quand Cordoue était sous le règne des Omeyyades.

Pour Noha Baz, la nourriture est porteuse de tradition et de culture. Elle est aussi un remède à plusieurs maux. Cette pédiatre qui a la cuisine pour passion s'est plongée à nouveaux dans les études pour obtenir, en 2009, un diplôme en hautes études du goût et de la gastronomie de l'Université de Reims (Duggat 2009). Elle est par ailleurs analyste gastronomique.

L'amour de la bonne cuisine, elle l'a acquis toute petite. C'est sa famille qui le lui a inculqué, que ce soit sa mère originaire de Suisse, qui lui a appris à déguster fromages et bonne chère, ou son père, un Libanais d'origine alépine, avec qui elle prenait plaisir toute petite à choisir épices, fruits et légumes.
C'est durant les années 80 qu'elle décide de se mettre sérieusement derrière les fourneaux. « C'étaient les années de guerre au Liban. Mon mari et moi avions fui pour la France. Il fallait présenter le Liban à nos deux filles, Stéphanie et Delphine. Comment faire pour que deux enfants se mettent à aimer leur pays sans le connaitre, sans y avoir jamais mis les pieds ? » confie-t-elle.

Par le biais de la nourriture, qui est une des plus belles manières de transmettre une culture. Noha Baz se met à cuisiner ragoûts et divers plats libanais à l'huile. Ses enfants aiment, leurs camarades français aussi. Il fallait également cuisiner tous les dimanches aux amis libanais exilés en France ! Elle organise donc des tablées de plus de trente personnes pour consoler, légèrement, ceux qui avaient décidé de fuir un pays en proie aux combats.

La nourriture, pense-t-elle, véhicule une histoire et des souvenirs. Ce n'est pas par hasard qu'une personne préfère un goût à un autre. Son plat préféré, la kebbé labniyyé, que l'on cuisine traditionnellement au jour de l'An, lui rappelle par exemple le bonheur des retrouvailles familiales.
La recette d'où je viens, que Noha Baz signera lundi, vient de là. De cette idée festive de la cuisine, de cette nourriture rassurante qui rappelle de bons souvenirs, des odeurs, des moments précieux. Dans ce livre, elle a demandé à 55 personnes de lui parler de leurs plats préférés. Certaines ont écrit des textes ou ont partagé des recettes. Elle a, ensuite, cuisiné ces plats. Avant que le photographe Milad Ayoub ne les immortalise.

Salah Stétié, Amine Maalouf, Farouk Mardam Bey, Ghassan Salamé, Sélim Eddé, Issa Goraieb, Myrna Boustany, Mona Hraoui, Alice Eddé, Fifi Abou Dib, Médéa Azouri, Nicolas Audi, Youssef Akiki, Karim Haïdar et d'autres, beaucoup d'autres, se sont livrés avec bonheur à cette expérience culinaire.
« Parmi les personnes que j'ai interrogées, il y a aussi d'illustres inconnus, comme la maman d'une petite patiente originaire de Deir el-Ahmar et qui m'a présenté la recette du maakroun b toum », précise l'auteure.
La pédiatre, une autre part essentielle de sa vie, qui a fondé en 2007 l'association Les Petits Soleils qui vient en aide aux enfants malades et défavorisés, avoue également aimer l'art, notamment la peinture.
Retour à la nourriture. Quel est son dessert préféré ? « Le maamoul, un biscuit sec et fédérateur », dit-elle en guise de conclusion.

 

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Chammas frederico

" Maamoul" on commettrait des crimes gastronomiques en ton nom!

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