X

La Dernière

ChefXChange, ou la très belle idée de Karl Naïm et Marc Washington

Papilles
14/07/2016

Karl Naïm et son associé Marc Washington ont eu, il y a un peu plus de deux ans, une idée lumineuse. Fins gourmets travaillant dans la finance, ils ont décidé de changer de cap et de se lancer dans la cuisine – mais loin de l'idée traditionnelle qu'on a de la cuisine. Ils se sont inspirés d'Airbnb, appliquant le système aux chefs cuisiniers, en créant une plateforme qui met en contact des chefs et des hôtes qui aiment les recevoir chez eux.

L'idée est pourtant très simple. Comme Airbnb, qui présente des personnes qui cherchent à louer leur maison ou chambre à des touristes et voyageurs, l'échange se fait via une plateforme Internet et le paiement est effectué en toute sécurité à travers une carte de crédit. Airbnb règle l'hôte en prélevant une commission. C'est ainsi aussi, et comme son nom l'indique bien, que fonctionne ChefXChange créé par Naïm et Washington et que l'on peut consulter ici.
« Nous mettons en contact des personnes qui aiment recevoir des chefs chez elles. Les cooks assurent les ingrédients et font la cuisine sur place. Les clients choisissent parmi une liste de chefs dont le profil est affiché sur notre plateforme. Puis ils entrent en contact avec eux, échangent des idées, effectuent le paiement et les chefs arrivent chez eux pour faire la cuisine le jour convenu », explique le cofondateur de ChefXchange.

Karl Naïm a travaillé dans la finance en Europe et dans le Golfe. C'est avec la crise financière de 2008 qu'il pense à modifier sa carrière professionnelle. «Je rêvais de devenir chef. Toute ma vie, j'ai aimé cuisiner. Au foyer de l'université (Warwick Business School au Royaume-Uni), déjà, mes amis venaient chez moi pour déguster mes recettes. J'ai fait goûter à tous les élèves, toutes nationalités confondues, le poulet au riz, l'un de mes plats préférés ! » raconte-t-il. Il y a huit ans donc, il est tenté de rejoindre une école de cuisine, et plus précisément celle d'Alain Ducasse à Paris. Mais il hésite et choisit de s'inscrire à la London Business School où il prépare un MBA. Pour lui, cette décision semblait alors plus prudente que de changer complètement de carrière. Chose qu'il a fini par faire il y a deux ans.

(Pour mémoire : Quand une start-up déménage de Dubaï à Beyrouth)

 

C'est justement à la Business School de Londres qu'il rencontre Marc Washington, un Américain fan de pêche et de cuisine. Ils deviennent amis et leur start-up voit le jour en 2014. « Sur notre site nous avons des chefs qui travaillent à Dubaï, à Londres, à Washington et à Beyrouth. Nous nous lancerons prochainement à Doha, Manama et Koweït City », raconte Karl Naïm, expliquant que sa start-up dispose de trois sortes de chef : professionnels, apprentis et amateurs.
« Il ne s'agit pas seulement de cuisine, mais surtout d'échange entre les hôtes et les chefs qui viennent chez eux », dit-il, confiant : «J'étais l'une des rares personnes à Abou Dhabi à recevoir des voyageurs à travers Airbnb. Je leur préparais parfois des plats dans le cadre de grandes tablées que j'organisais chez moi. Les amis étaient également invités à se joindre au repas. » « Et puis, avoue-t-il en souriant, j'ai proposé mes services de chef amateur sur la plateforme de ChefXChange. Il fallait bien essayer ce que c'était. Je l'ai fait une fois. J'ai cuisiné libanais à Genève à des Européens », raconte-t-il se souvenant du menu, notamment de la taboulé au quinoa en entrée, et bien sûr, son mets favori, l'incontournable poulet au riz en plat principal.

Actuellement ChefXChange prend part à diverses activités au Liban. Dans ce cadre, la start-up ramènera la semaine prochaine le chef étoilé d'origine libanaise Greg Maalouf. Elle participe aussi à une panoplie d'activités qui intéressent les foodies avec une présence au street food festival au Junkyard ou encore des cours de cuisine à Kitchen Lab.

 

 

Dans la même rubrique
Kafta & Hommos, dernière création de Karim Haïdar

Chef Antoine, héros des femmes au foyer

Samer Kobeissi, des douceurs et des émotions

Le festin abbasside de Brigitte Caland

Rima el-Khodr, de la banque aux fourneaux, sans transition

Le (délicieux) pain quotidien de Ralph Bitar

À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Ana Lebnene, Lebnene ou bess

Le Liban a GRAND besoin de jeunes comme Karl et Marc qui croient qu'il y a de l'espoir et de la croissance dans ce pays.
La Banque Centrale a cree une impulsion fantastique grace a la circulaire 331. Je reste helas tres sceptique quant aux retombees positives a long terme car cette circulaire, est une idee geniale de la BDL mais une execution mediocre par les fonds d'investissements locaux qui exigent des conditions horribles aux jeunes entrepreneurs.

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Pays : Liban ; capitale : Téhéran

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué