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À La Une - Liban

La crise des déchets monopolise la 15e séance de dialogue national

La prochaine réunion a été fixée au 9 mars.

Les leaders libanais réunis, mercredi 17 février à Aïn el-Tiné, dans le cadre de la 15e séance de dialogue national. Photo Ani

Réunis à Aïn el-Tiné pour la 15e séance de dialogue national, les leaders libanais ont principalement débattu mercredi de la crise des déchets, alors que la polémique concernant l'exportation des ordures ménagères enflait encore plus, sept mois après le début de la crise.

La séance s'est ouverte en l'absence du chef du bloc parlementaire du Changement et de la réforme, Michel Aoun, du leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, ainsi que du chef du Courant du Futur, Saad Hariri, actuellement présent au Liban. Le député Sleiman Frangié, le chef du bloc du Futur Fouad Siniora et le président des Kataëb Samy Gemayel ont, eux, répondu présents.

Cette nouvelle séance de dialogue s'est tenue au lendemain de déclarations russes faisant état d'une falsification dans les documents de la compagnie chargée de l'exportation des déchets. Mardi, la Russie, considérée comme la destination confirmée pour l'exportation des déchets depuis plusieurs semaines, a en effet démenti par le biais d'un responsable de son ministère de l'Environnement, avoir jamais donné son approbation pour l'importation des déchets du Liban. Moscou a même affirmé que les documents fournis par la compagnie Chinook sont "falsifiés". Cette compagnie britannique est chargée de l'exportation des déchets du Liban vers diverses destinations, dont la seule confirmée jusqu'ici était justement la Russie.

Le Premier ministre Tammam Salam a affirmé que "l'ambiance était positive", et qu'il n'y avait "aucun différend concernant les sujets débattus". Il a dans ce contexte fait savoir que le Conseil des ministres qui se tiendra jeudi au Grand Sérail poursuivra l'étude du dossier de la crise des déchets.

Selon des informations de la LBCI, M. Salam a donné à Chinook, via le Conseil du développement et de la reconstruction, un délai de 48h afin d'obtenir les signatures des ministères russes de l'Environnement et des Affaires étrangères, ainsi que celle de l'ambassade du Liban à Moscou, afin d'initier le processus d'exportation.

Réagissant à cette polémique, la commission parlementaire de l'Environnement a appelé mercredi à régler le dossier relatif à l'exportation des déchets dans les 24 heures. Dans le même temps, le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb a indiqué attendre les approbations officielles pour signer le contrat d'exportation.

 

(Lire aussi : Un militant répond au Pnue : Il fallait commencer par superviser le contrat avec Chinook)

 

A Aïn el-Tiné, l'hôte du dialogue, le président du Parlement Nabih Berry, a insisté sur la nécessité de revitaliser le travail du gouvernement et de la Chambre "afin de pouvoir traiter les affaires pressantes des Libanais". "Nous ne pouvons plus garder le silence sur cela", a affirmé M. Berry.

A sa sortie de la séance du dialogue, Sami Gemayel a, lui, violemment critiqué le CDR, estimant que celui-ci "n'est pas habilité à gérer le dossier des déchets".

Le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, a pour sa part estimé que la région de la Quarantaine (à l'entrée-nord de Beyrouth, ndlr) "ne peut plus supporter les conséquences sanitaires des dépotoirs d'ordures".

Le député Talal Arslane a quant à lui insisté : "L'exportation des déchets est le principe adopté par le gouvernement. La question sera réglée dans les jours qui viennent". Et de mettre en garde : "Que ceux qui sont tentés par l'idée de mettre en place une décharge sur le site de Costa Brava aillent voir ailleurs". L'idée de mettre en place une décharge dans cette zone sur le littoral de Choueifate avait été catégoriquement rejetée par M. Arslane il y a plusieurs mois.

Selon des informations rapportées par la chaîne LBCI, l'option des incinérateurs et des décharges sanitaires a de nouveau été mise sur la table mercredi. De nombreux collectifs et ONG s'étaient déjà opposés à l'incinération. Pour ce qui est des décharges sanitaires, l’État a été incapable de les imposer aux régions concernées face au refus catégoriques des habitants.

Outre la question des déchets, M. Pharaon, a affirmé que la vacance à la présidence a également été abordée, alors que le Liban est sans président depuis le 25 mai 2014. Il a également fait savoir que le dossier des réfugiés syriens a été examiné, de même que la question de neutralité du Liban face aux crises régionales, notamment la guerre en Syrie.

Après trois heures de discussions, la séance a été levée, et une nouvelle réunion a été fixée au 9 mars. Sleiman Frangié n'a, lui, pas attendu la fin de la réunion, quittant les lieux en milieu de séance afin de se rendre à la Maison du centre pour s'entretenir avec Saad Hariri. "Nous sommes venus remercier M. Hariri pour son soutien dans le dossier de la présidentielle (...). Nous avons également parlé du devoir démocratique, nous avons une vision commune à ce sujet", a déclaré M. Frangié à l'issue de la réunion. Le chef des Marada a ensuite affirmé qu'il poursuit la course à la présidentielle. "J'ai autant de chances que les autres, a-t-il dit affirmant qu'il n'a pas l'intention d'embarrasser Saad Hariri en retirant sa candidature.

 

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Réunis à Aïn el-Tiné pour la 15e séance de dialogue national, les leaders libanais ont principalement débattu mercredi de la crise des déchets, alors que la polémique concernant l'exportation des ordures ménagères enflait encore plus, sept mois après le début de la crise.
La séance s'est ouverte en l'absence du chef du bloc parlementaire du Changement et de la réforme, Michel...

commentaires (3)

Apres 7 mois de discussions stériles, les dirigeants de tous bords continuent de: 1. Tergiverser et perdre du temps 2. Nous faire vivre parmi les poubelles avec tous les risques que cela comprends sur notre santé 3. Ne pas executer un plan immédiatement. Le temps n'est plus aux idées et plans, mais... aux actions. Jusqu'a quand les Libanais et les medias vont tolérer cette mascarade?! INADMISSIBLE & PATHETIQUE!

Hanna Philipe

18 h 19, le 17 février 2016

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Commentaires (3)

  • Apres 7 mois de discussions stériles, les dirigeants de tous bords continuent de: 1. Tergiverser et perdre du temps 2. Nous faire vivre parmi les poubelles avec tous les risques que cela comprends sur notre santé 3. Ne pas executer un plan immédiatement. Le temps n'est plus aux idées et plans, mais... aux actions. Jusqu'a quand les Libanais et les medias vont tolérer cette mascarade?! INADMISSIBLE & PATHETIQUE!

    Hanna Philipe

    18 h 19, le 17 février 2016

  • Lâh, lâh, lâh, lâh, lâh, lâh, lâh ! Yâ äâïybbéchoûme !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    18 h 10, le 17 février 2016

  • ET LE THEATRE CONTINUE...

    DENIONS LA CENSURE.GARDONS NOS LIBRES EXPRESSIONS.

    17 h 58, le 17 février 2016

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