Un mortier artisanal, fabriqué par les combattants rebelles à Alep, tire un obus en direction des forces loyales au niveau de l'aéroport international d'Alep, le 23 novembre 2014. REUTERS/Abdalrhman Ismail
La France multiplie les démarches pour sauver la ville syrienne d'Alep et pour créer des "zones de sécurité" interdites à la fois à l'aviation du régime syrien et aux forces de l'organisation Etat islamique, a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
"On travaille avec l'envoyé de l'Onu Staffan de Mistura pour essayer de sauver Alep et d'autre part de créer des zones qu'on appelle en anglais +safe zones+, des zones de sécurité, où il ne soit pas possible aux avions de Bachar el-Assad et aux gens de Daech (autre nom du groupe Etat islamique) de poursuivre les Syriens", a déclaré M. Fabius sur la radio France Inter.
(Diaporama : Les deux visages d'Alep)
"On est en train de travailler à ça. Il y a pas de mal de gens à convaincre, les Américains bien sûr, d'autres encore, mais c'est la position de la diplomatie française, et je répète que l'objectif maintenant, c'est de sauver Alep", a-t-il ajouté.
"Nous disons que nous avons deux adversaires, Daech bien sûr et el-Qaëda, et monsieur Bachar el-Assad, qui en profite, si je puis dire, pour avancer ses pions", a encore déclaré le ministre, face aux critiques selon lesquelles les frappes occidentales ne viseraient que le mouvement islamiste radical.
"Nous disons qu'il faut qu'il y ait des frappes qu'on appelle en jargon des frappes ambiguës, qui permettent que Bachar el-Assad recule, et qu'il y ait au nord de la Syrie des zones de sécurité où la population syrienne puisse en paix se développer", a-t-il expliqué. "Il y a déjà plusieurs semaines dans la presse française et internationale, j'ai dit : Il faut sauver Alep, parce que je pressentais déjà qu'après Kobané, où Daech a été stoppé, la prochaine cible pour Daech et d'ailleurs aussi pour Bachar el-Assad, ce serait Alep. Or abandonner Alep, ce serait condamner la Syrie et ses voisins à des années, je dis bien des années, de chaos, avec des conséquences humaines terribles", a ajouté M. Fabius.
(Repère : La bataille d'Alep décryptée)
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait appelé en début de mois, dans une tribune publiée par les journaux français Le Figaro, américain Washington Post et pan-arabe Al Hayat, la coalition internationale contre les jihadistes de l'EI à "porter ses efforts sur Alep. (...) Alep fait face aujourd'hui à la menace d'être prise en tenailles entre les barils d'explosifs du régime (syrien) et les égorgeurs de Daech, avait écrit M. Fabius. "Bachar el-Assad et Daech sont les deux faces d'une même barbarie" visant à "anéantir l'opposition modérée" syrienne, et "abandonner Alep, ce serait condamner 300 000 hommes, femmes et enfants, à une alternative terrible : siège meurtrier sous les bombes du régime ou barbarie des terroristes de Daech", avait-il également écrit.
Les forces de l'Etat islamique et les combattants kurdes se partagent Kobané, à la suite d'une offensive de l'Etat islamique lancée il y a trois mois sur cette ville du nord de la Syrie.
Dans la journée, Laurent Fabius devait recevoir à Paris le président de la coalition nationale syrienne, Hadi al-Bahra, qui a récemment regretté que la coalition internationale engagée contre le groupe de l'Etat islamique "ferme les yeux" sur les exactions du régime de Bachar el-Assad.
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10 h 01, le 26 novembre 2014