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Moyen Orient et Monde

La guerre a porté un coup fatal au plus célèbre hôtel d'Alep

Syrie
OLJ/Sammy KETZ/AFP
20/11/2014

Indifférent au bruit des balles des tireurs embusqués et des obus qui s'abattent à proximité, le propriétaire du plus célèbre hôtel de Syrie est déprimé : la guerre l'a contraint de fermer après un siècle d'existence.
Dans le centre d'Alep, Armen Mazloumian, 63 ans, sirote son café sur la terrasse de l'hôtel Baron. La ligne de front séparant les forces gouvernementales et les rebelles n'est qu'à quelques mètres. Fondé en 1911 par son grand-père, dont il porte le nom, l'hôtel a longtemps été le plus huppé de cette grande ville commerçante, industrielle et historique. C'est là que l'ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser prononça un discours en 1958, et que la romancière Agatha Christie rédigea dans les années 1930 deux de ses livres les plus lus : Le crime de l'Orient-Express et Meurtre en Mésopotamie.

 

AFP/Joseph Eid

 


Mais le Baron a cessé d'accueillir des clients depuis que les rebelles se sont emparés d'une partie de la cité en juillet 2012. « Cela fait presque quatre ans que la guerre a commencé, et je ne vois rien qui m'incite à l'optimisme, bien au contraire. Je ne crois pas que l'hôtel rouvrira. Je suis très triste, mais que puis-je y faire ? » se désole cet homme souffreteux, mal rasé et coiffé d'un bonnet en laine bleue. Armen Mazloumian est le dernier représentant de quatre générations d'hôteliers arméniens. Son arrière-grand-père Krikor avait ouvert dans la seconde moitié du XIXe siècle un premier hôtel à Alep, nommé Ararat, comme le mont qui culminait dans l'Arménie historique et aujourd'hui en Turquie. Dans le lobby, sur un mur jauni, une affiche publicitaire des années 1930 rappelle la belle époque : « Hôtel Baron, l'unique hôtel 1re classe à Alep. Chauffage central partout. Confort parfait. Situation unique. Le seul recommandé par les agences de voyages. » Mais aujourd'hui, tout semble désuet, décrépi et poussiéreux. La réception, les téléphones en ébonite, le bar en bois ciré et meublé de bouteilles d'alcool vides, le toit perforé par des obus qui laisse passer l'eau, et ses chambres qui abritent aujourd'hui des réfugiés.
Et pourtant...

 

AFP/Joseph Eid

 

« Les belles années sont derrière nous »
En un siècle, les personnalités politiques, les artistes, les comédiens mondialement célèbres y ont défilé, pour se restaurer ou dormir. La suite 201 fut celle du fondateur de la Turquie moderne, Kemal Atatürk ; la 215 fut attribuée à Fayçal Ier, roi de Syrie puis d'Irak, et la 202 à Lawrence d'Arabie. Agatha Christie préférait la 203. « Je l'ai rencontrée en 1959 mais j'étais trop jeune pour savoir pourquoi elle était si importante. Elle venait chaque année avec son mari, l'archéologue Max Mallowan », qui fouillait sur les sites de Chagar Bazar et de Tell Brak, dans le nord-est de la Syrie, de 1935 à 1938. « Il y a tellement de personnalités qui sont venues ici que si je commence à vous les énumérer, je n'aurais pas fini avant demain matin », assure Armen Mazloumian. Il cite pêle-mêle le milliardaire David Rockefeller, Charles de Gaulle, qui a donné un banquet en 1941, des têtes couronnées, mais aussi l'aviateur Charles Lindberg ou le chanteur Charles Aznavour. « Mais tout cela c'est désormais du passé. Honnêtement, l'hôtel ne sera jamais plus ce qu'il a été », soupire-t-il, tout en caressant son chien Sacha, un terrier noir russe.

 

AFP/Joseph Eid


Situé dans le secteur gouvernemental près du musée d'Alep, fermé depuis le début de la guerre, l'hôtel jouxte le quartier rebelle de Boustane al-Qasr, d'où proviennent les tirs. « Vous pensez que tout cela va s'arrêter ? Cela prendra des années... » Désabusé, Armen Mazloumian ne voit pas ce qui pourrait sauver le Baron de l'abandon. « Pour qui faut-il le laisser ? À l'humanité ? Mais l'humanité est devenue sauvage. Regardez ce que fait chaque jour Daech (acronyme en arabe du groupe État islamique) », qui agit avec une brutalité inouïe en Syrie et en Irak. « Non, conclut-il sombrement, les belles années sont derrière nous. »

 

Diaporama : Les deux visages d'Alep

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Sabbagha Antoine

En effet en Syrie comme en Irak ou au Liban les belles années sont derrière nous et ne reviendront plus . Triste .

ACE-AN-NAS

Les deux milices syriennes soutenues par les occicons, (ASL) et(FRS) dirigée par Jamal Maarouf ont quitté la ville d'Alep et sa province et leurs dirigeants ont fui vers la turquie.C’est une source sécuritaire turque haut-placée qui a révélé ce fait sous le couvert de l’anonymat au journaliste Mourat Yetkin de l'édition anglophone du quotidien turc Hurriyet. "14.000 miliciens ont été retirés de la ville d’Alep, indique-t-il.Ces derniers jours, des mises en garde et des appels alarmistes ont été lancés par des responsables turcs contre un éventuel déferlement d’une nouvelle vague de réfugiés syriens vivant dans ces régions situées entre Alep et la frontière avec la Turquie, au cas où ces régions tombent entre les mains de Daesh et le front al-Nosra qui combattent ensemble, ou entre les mains de l’armée legitime.Toujours selon le journaliste turc, la zone frontalière de Bab el-Hawa n’est plus entre les mains de l’ASL mais de la milice salafiste Ahrar el-Cham et les grandes quantités d’armes qui ont été envoyées aux forces de l’opposition syrienne sont tombées entre les mains de Daesh et compagnie lors de ce retrait. Selon le site d’information libanais al-Hadath News, l’armée syrienne a tué au moins 18 membres de Daesh dans un raid aérien contre leur siège dans la ville d’al-Bab. Et ce, au moment où la bataille fait rage dans les banlieues est de la métropole syrienne. Selon un reportage de la BBC, les quartiers rebelles de la ville d’Alep ne devraient pas tarder a tomber.

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