Les enseignants libanais manifestant lundi 12 août 2014 devant le ministère de l’Éducation à Beyrouth. Photo An-Nahar
L'impasse parait de plus en plus totale. Les syndicats ont réitéré mercredi leur opposition ferme à la correction des examens officiels avant l'adoption de la nouvelle grille des salaires au Parlement, au lendemain d'un geste de bonne volonté de la part du ministre de l’Éducation Elias Bou Saab.
C'est lors d'une manifestation à l'appel du Comité de coordination syndicale (CCS) place Riad el-Solh, au cœur de Beyrouth, que les responsables syndicaux se sont succédé à la tribune sous un soleil de plomb pour répéter une nouvelle fois ce leitmotiv : adoption de la grille des salaires, puis correction des examens.
Le chef du syndicat des enseignants du secteur privé, Nehmé Mahfoud, a appelé les responsables politiques à protéger les syndicats, "qui représentent l'unité des Libanais". Il a par ailleurs fustigé ce qu'il a appelé "les menaces et intimidations" subies par certains enseignants.
M. Mahfoud a réitéré le refus des enseignants de corriger les examens officiels sans vote de la grille des salaires.
Le chef du CCS, Hanna Gharib, a abondé dans le même sens. "ll est inutile de demander aux enseignants de corriger les examens officiels avant l'adoption de l'échelle des salaires", a-t-il martelé.
"Nous voulons que les élèves aient des diplômes, mais nous voulons aussi que nos droits soient assurés", a déclaré M. Gharib. "Nous demandons à toutes les forces politiques de répondre positivement aux demandes du CCS".
La manifestation des syndicats a eu lieu entourée d'un important dispositif de sécurité.
Pourtant, le ministre de l'Education Elias Bou Saab avait décidé mardi de reporter à la fin de la semaine sa décision de remettre des attestations aux élèves ayant passé les examens officiels face au refus des enseignants de corriger les copies. Il répondait ainsi à une revendication du CCS en ce sens. Mais le temps presse. Des milliers de bacheliers attendent leur diplôme pour pouvoir s'inscrire dans les universités au Liban ou à l'étranger.
Le CCS organise régulièrement des sit-in, des grèves et des manifestations et boycotte la correction des examens officiels pour réclamer que la nouvelle échelle des salaires soit approuvée par le Parlement.
La grille des salaires réclamée par le CCS prévoit une augmentation de 121% avec effet rétroactif. Le gouvernement, appuyé en cela par la plupart des blocs parlementaires ainsi que par les experts économiques, notamment le gouverneur de la Banque du Liban et des organismes internationaux, soulignent qu'une telle hausse des salaires entraînerait inéluctablement l'économie nationale dans la faillite et dans un scénario semblable à celui qu'a connu la Grèce.
Les blocs parlementaires et les experts économiques suggèrent qu'un éventuel réajustement des salaires ne soit avalisé que lorsque les recettes adéquates seront assurées, l'augmentation devant en outre être échelonnée sur deux ou trois ans. Les syndicats refusent toutefois un tel échelonnement.
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19 h 21, le 13 août 2014