L'armée libanaise a effectué samedi des patrouilles à Ersal, dans l'est du Liban, théâtre durant plusieurs jours d'affrontements meurtriers entre la troupe et des jihadistes. Les islamistes avaient quitté la ville jeudi vers son jurd à la faveur d'une médiation effectuée par le comité des ulémas musulmans.
Samedi, un soldat libanais blessé dans les combats a succombé, portant à 18 le nombre de soldats tués lors de cette bataille, a annoncé le commandement militaire. Le soldat Abdel Hamid Nouh, 36 ans, "a succombé à ses blessures subies lors des combats menés par l'armée contre les groupes terroristes dans la région de Ersal", a indiqué le commandement dans un communiqué.
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Des affrontements inédits avaient éclaté il y a une semaine entre l'armée et des jihadistes venus de Syrie dans la localité d'Ersal, soit la plus dangereuse flambée de violences au Liban liée au conflit syrien.
Les combats avaient éclaté le 2 août après l'arrestation par l'armée d'un jihadiste syrien près de la frontière poreuse avec la Syrie. Ses partisans, ralliés récemment au groupe extrémiste État islamique (EI, ex-Daech) qui opère en Syrie et en Irak, ont alors attaqué l'armée, prenant pendant quelques jours le contrôle de Ersal.
Dix-neuf soldats et 17 policiers ont été enlevés et sont toujours otages des jihadistes. D'après l'armée, ils ont été emmenés dans les montagnes entourant Ersal.
Cette localité sunnite est connue pour son soutien à la rébellion contre le régime de Bachar el-Assad. Mais au moment de l'attaque, des habitants avaient tenté de défendre les services de sécurité.
Ersal accueille en outre près de 47.000 réfugiés syriens. Près de 1.700 réfugiés tentent depuis jeudi de regagner le pays, mais seuls 350 ont pu le faire, les autres rencontrant des problèmes de procédure. La grande majorité d'entre eux s'étaient introduits illégalement au Liban.
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Signe que la situation est toujours très tendue dans la région, l'agence Reuters rapporte qu'une fusillade a éclaté samedi entre des villageois libanais et des militants islamistes venus de Syrie, qui ont été contraints de repasser du côté syrien de la frontière. Citant des sources sécuritaires libanaises, l'agence affirme que l'accrochage s'est déroulé près de Rachaya, une ville de la plaine de la Békaa située à une centaine de kilomètres au sud de Ersal. Les sources sécuritaires n'ont fourni aucun bilan pour les affrontements de samedi.
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Le conflit en Syrie divise le Liban et y a exacerbé les tensions confessionnelles. Les sunnites sont en faveur de leurs coreligionnaires qui se battent contre le régime, tandis que les chiites, emmenés par le puissant Hezbollah qui combat auprès de l'armée syrienne, sont partisans de M. Assad.
Vendredi, Saad Hariri, le plus influent homme politique sunnite du Liban, a fait un retour surprise au pays après trois ans d'absence pour afficher son soutien de l'armée et mettre en garde sa communauté contre toute dérive extrémiste en réaction à l'engagement du Hezbollah en Syrie. Samedi, M. Hariri s'est réuni avec le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, pour discuter de la nouvelle aide saoudienne à l'armée libanaise d'une valeur d'un milliard de dollars US. Des députés du bloc du Futur ont précisé à L'Orient-Le Jour que "cette donation d'un milliard servira à équiper l'armée en munitions et armes ne nécessitant pas un entraînement préalable".
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