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Enfin un nouveau gouvernement au Liban !

Liban

"Le gouvernement d'intérêt national a été formé pour rassembler", déclare Salam.

OLJ
15/02/2014

Après plus de 10 mois de tractations laborieuses entre les différents partis politiques, le gouvernement de Tammam Salam est enfin né samedi. Le gouvernement Salam comprend 24 ministres et est basé sur la formule des trois 8. Les deux grandes alliances du 14 et du 8 Mars obtiennent chacune 8 portefeuilles. Les 8 restants ont été attribués aux forces dites centristes.

Le décret de formation du gouvernement a été lu par le secrétaire général du gouvernement, Souheil Bougi, vers 13h.

Voici la composition du gouvernement :

Vice-Premier ministre : Samir Mokbel (centriste);  Ministre de l'Intérieur : Nouhad Machnouk (14 Mars); Ministre des Finances : Ali Hassan Khalil (8 Mars); Ministre des Affaires étrangères et des Émigrés : Gebran Bassil (8 Mars); Ministre de la Défense : Samir Mokbel (centriste); Ministre de la Justice : Achraf Rifi (14 Mars); Ministre de l'Énergie et des Ressources hydrauliques : Arthur Nazarian (8 Mars); Ministre des Travaux publics et des Transports : Ghazi Zeaiter (8 Mars); Ministre de la Santé : Waël Bou Faour (centriste); Ministre des Affaires sociales : Rachid Derbas (14 Mars); Ministre de l'Agriculture : Akram Chehayeb (centriste); Ministre du Travail : Sejaan Kazzi (14 Mars); Ministre du Tourisme : Michel Pharaon (14 Mars); Ministre des Déplacés : Alice Chabtini (centriste); Ministre de l'Environnement : Mohammad Machnouk (centriste); Ministre de l'Économie et du Commerce : Alain Hakim (14 Mars); Ministre de l'Industrie : Hussein Hajj Hassan (8 Mars); Ministre de l'Information : Ramzi Joreige (centriste); Ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur : Elias Bou Saab (8 Mars); Ministre de la Culture : Rony Oraygi (8 Mars); Ministre des Télécommunications : Boutros Harb (14 Mars); Ministre de la Jeunesse et des Sports : Abdel Matlab Hennaoui (centriste); Ministre d'État pour la Réforme administrative : Nabil de Freige (14 Mars); Ministre d'État pour les Affaires du Parlement : Mohammad Fneich (8 Mars)

 

"Dix mois d'efforts soutenus et beaucoup de patience ont été nécessaires pour la formation du gouvernement d'intérêt national. Il s'agit d'un gouvernement rassembleur qui représente la meilleure solution pour le Liban dans cette période", a déclaré M. Salam à la presse après l'annonce de la composition du gouvernement.

"Les portefeuilles ont été distribués en respectant l'équilibre entre toutes les forces. La rotation a été adoptée, loin du confessionnalisme, à l'exception du poste de vice-Premier ministre", a-t-il ajouté.

"Le gouvernement d'intérêt national a été formé pour rassembler. Il est susceptible de relancer le dialogue national sous la houlette du chef de l'Etat et de permettre de tenir l'élection présidentielle à la date prévue", a souligné le nouveau Premier ministre. "Je tends la main à tous les partis, pour favoriser l'intérêt de la nation les appelant à résoudre leurs différends au sein des institutions de l'Etat".

Le 14 Mars s'est vu attribuer le portefeuille régalien de l'Intérieur, ainsi que ceux de la Justice, du Travail, du Tourisme, des Télécommunications, de la Réforme administrative, des Affaires sociales et de l'Economie.

L'alliance rivale du 8 Mars a pris les portefeuilles régaliens des Affaires étrangères et des Finances, et ceux de l'Énergie, des Travaux publics et des Transports, de l'Industrie, des Affaires du Parlement, de l'Enseignement supérieur et de la Culture.

Les portefeuilles restants ont été attribués au camp dit centriste, regroupant le chef de l'État, le Premier ministre et le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt.

 

Le cas Rifi

L'annonce était initialement attendue vendredi matin, alors que tout semblait prêt pour que Tammam Salam, nommé en avril 2013, se rende au palais présidentiel afin de soumettre sa liste des ministres. Mais une nouvelle complication était apparue au dernier moment autour du nom d'Achraf Rifi, qui avait été avancé par le Courant du futur pour occuper le portefeuille de l'Intérieur au sein du gouvernement Salam. C'est Nabih Berry, le président du Parlement, qui a appuyé sur la pédale du frein en appelant M. Salam dans la nuit de jeudi à vendredi pour l'informer que le Hezbollah rejetait la formule qui lui avait été transmise, et n'acceptait pas que l'Intérieur soit attribué au général Rifi, ancien chef des FSI.

M. Rifi, qui n'a jamais caché son hostilité au Hezbollah, l'avait laissée éclater en public à partir de Tripoli, après sa mise à la retraite pour raison d'âge. Mais il est sûr que derrière l'hostilité à l'officier se profile aussi la méfiance à l'égard des services de renseignements des FSI, qui relèvent de l'Intérieur et qui sont le seul organisme de sécurité que le parti chiite n'a pas réussi à infiltrer.

 

Nombreux obstacles
Depuis sa désignation, le 6 avril 2013, Tammam Salam a dû surmonter de nombreux obstacles pour parvenir à former un gouvernement en raison notamment des divisions sur la scène politique interne, alimentées par la crise syrienne et une multiplication des attentats au Liban. Ce nouveau cabinet aura notamment pour mission d'assurer un climat propice à la tenue, à l'échéance prévue par la Constitution, de la prochaine élection présidentielle, le mandat de Michel Sleiman expirant en mai 2014.


Victime des contrecoups du conflit en Syrie, sa puissance tutélaire pendant près de 30 ans, le Liban était paralysé politiquement depuis la démission, en mars 2013, du Premier ministre Najib Mikati, une décision motivée par une polémique autour de la prorogation du mandat d'Achraf Rifi. 

La formation du nouveau gouvernement a notamment buté sur la question de la permutation des portefeuilles, à laquelle s'oppose le CPL de Michel Aoun, ainsi que sur la participation du Hezbollah, rejetée par les Forces Libanaises.

Le 21 janvier, Saad Hariri, chef du Courant du futur, s'était pourtant dit prêt à participer à un gouvernement comprenant des membres du Hezbollah, dans un revirement par rapport à ses précédentes déclarations hostiles au parti chiite. Cinq membres de ce parti sont jugés par contumace près de La Haye pour l'assassinat de Rafic Hariri, tué le 14 février 2005 dans un attentat à Beyrouth.

 

Il est aussi reproché au Hezbollah son engagement dans la guerre syrienne aux côtés des forces du régime de Bachar el-Assad. Le 14 Mars ainsi que le président Sleiman ont, à de multiples reprises, appelé le parti chiite à se désengager de la crise syrienne et à respecter la déclaration de Baabda, un document signé par tous les partis politiques libanais en juin 2012 et qui réclame que le Liban se distancie de tout axe régional, sans pour autant se proclamer neutre à l'égard des grandes causes du monde arabe, comme la cause palestinienne.

Le Hezbollah, qui a reconnu en avril dernier l'envoi de combattants en Syrie, argue, de son côté, que son engagement dans les combats vise à défendre le Liban de la menace "takfirsite".

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Il finira comme celui mikkatiste du Little big Mik snob nordiste, avant même d'avoir démarré !

Sabbagha Antoine

Réconciliation donc politique tribale pour des ministères répartis toujours entre ministres toujours choisis non pour leur capacité d’agir mais pour leur appartenance à des groupes politiques. Mabrouk quand même.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ENFIN ! LA CÉSARIENNE FUT DIFFICILE... ESPÉRONS QUE L'EMBRYON... NOUVEAU-NÉ MAINTENANT... AIT DES PIEDS POUR S'Y TENIR !!! ET UNE TÊTE POUR S'IMPOSER...

Gebran Eid

WAIT AND SEE...

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