Les obsèques officielles et populaires de l'ancien ministre Mohammad Chatah et de son chauffeur Tarek Badr ont été organisées sous haute sécurité dimanche après la prière du midi à la mosquée Mohammad al-Amine. AFP PHOTO/ANWAR AMRO
Le Liban a fait dimanche des adieux émouvants à l'ancien ministre Mohammad Chatah, assassiné vendredi dans un attentat à la voiture piégée. Les obsèques officielles et populaires de l'ancien ministre et de son chauffeur Tarek Badr ont été organisées sous haute sécurité après la prière du midi à la mosquée Mohammad al-Amine, au centre-ville de Beyrouth. Plusieurs véhicules de l'armée libanaise étaient visibles dans les rues de Beyrouth, et les voitures ont été interdites de stationnement dans le centre et les secteurs environnants.
Une grande foule ainsi que de très nombreuses personnalités, dont notamment le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, le Premier ministre désigné Tammam Salam et l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, ont assisté à la cérémonie d'adieux.
Le cortège funèbre est parti vers 10h de l’hôpital américain de Beyrouth vers la mosquée al-Amine, où la famille de la victime recevait les condoléances, soutenue notamment par M. Siniora et et le leader des Forces libanaises, Samir Geagea. La famille continuera de recevoir les condoléances après les funérailles. Lundi et mardi, elle sera à l'hôtel Quality Inn à Tripoli, ville natale de Mohammad Chatah.
"Le martyr de la modération"
"Il n'y a de dieu que Dieu! Le martyr est le bien-aimé de Dieu", ont crié les centaines de personnes rassemblées en face de la mosquée, dont le périmètre a été bouclé par des barbelés, sous la surveillance d'unités de l'armée et des services de sécurité. "Le martyr de la modération", proclamaient des panneaux arborant un portrait de l'ex-ministre des Finances, mort à 62 ans.
A l'intérieur de la mosquée où se déroulait la prière du deuil, en présence de nombreux dignitaires religieux, les deux fils du défunt se tenaient près du cercueil de leur père, au bord des larmes et en état de choc.
Les cercueils de Mohammad Chatah et de Tarek Badr ont été décorés d'un tarbouche (coiffure masculine orientale), conformément à la tradition sunnite au Liban.
Prenant la parole, le mufti de Tripoli et du Liban-Nord Malek Chaar a salué en Mohammad Chatah un symbole de la sagesse et de la modération. "La bataille est désormais claire entre le développement et la construction, d'une part, et la destruction et les assassinats, d'autre part", a déclaré le mufti. Et de poursuivre : "Nous poursuivrons notre action pour la construction d'un seul Liban et non deux. Un gouvernement sera bientôt formé, un gouvernement de consensus pour l’intérêt national, pour un Liban libre et indépendant".
L'ancien ministre a ensuite été inhumé dans le mausolée de Rafic Hariri, place des Martyrs, auprès de l'ancien Premier ministre dont l'assassinat en 2005 avait plongé le Liban dans la tourmente et enclenché la Révolution du Cèdre qui a abouti au retrait de l'armée syrienne du Liban.
"Libérer le Liban de l'hégémonie des armes illégitimes"
Après l'inhumation, l'ancien Premier ministre Fouad Siniora a prononcé un discours politique virulent dans lequel il a assuré que "les forces du 14 Mars ont décidé de libérer le Liban de l'hégémonie des armes illégitimes". M. Siniora a martelé que "l'avant-assassinat (de Chatah) ne sera pas comme l'après-assassinat". Et de poursuivre : "Nous demandons la justice. Nous ne craignons pas les meurtriers et nous ne baisserons pas les bras."
L'ancien Premier ministre a en outre assuré que le 14 Mars tend toujours la main et s'attache au pacte national et au vivre-ensemble. "Nous refusons le terrorisme et la violence et nous ne détruirons pas le Liban comme ils le font, a-t-il ajouté. Le Liban restera une scène de liberté et de réconciliation et non une arène de combats fratricides et d'extrémisme."
Son discours a été accueilli aux cris de "Hezbollah, ennemi de Dieu" ou encore "Hezbollah terroriste".
Samedi, l'alliance du 14 Mars a réclamé la formation d'un gouvernement sans la participation du Hezbollah, pointé du doigt dans l'assassinat de l'ancien ministre Mohammad Chatah. Cette revendication, formulée par plusieurs responsables de la Coalition, intervient au moment où le Liban est sans gouvernement depuis huit mois en raison du blocage politique entre ce bloc et celui mené par le Hezbollah, allié de Damas et de Téhéran.
Le 14 Mars accuse le Hezbollah d'être derrière les assassinats de personnalités anti-Assad depuis 2005, mais aussi d'entraîner le Liban dans la tourmente de la guerre en Syrie, où le parti chiite combat les rebelles aux côtés du régime Assad. Le mouvement chiite a dénoncé le meurtre de Mohammad Chatah comme une tentative de "détruire l'unité nationale", tandis que Damas a démenti son implication dans l'attentat.
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Avant le début des obsèques, le président de la République Michel Sleiman a décerné à Mohammad Chatah, à titre posthume, les insignes de l'Ordre national du Cèdre, grade de Grand officier.
Le Premier ministre sortant Nagib Mikati avait décrété dimanche journée de deuil national et demandé aux Libanais d'observer cinq minutes de silence à midi, heure de Beyrouth, en signe de solidarité avec les victimes et leurs familles.
Émouvant adieu à Mohammad al-Chaar
L'attentat de vendredi a fait huit morts, un nouveau blessé, Anwar Badaoui, ayant succombé dimanche à ses blessures. Le jeune Mohammad al-Chaar, 16 ans, qui avait succombé samedi à ses blessures était dans le coma depuis vendredi à l'hôpital de l'Université américaine où il était hospitalisé. Des images de lui, portant un pull rouge, le visage ensanglanté, passaient en boucle sur les chaînes de télévision, juste après l'explosion de la voiture piégée. Une photo postée sur les réseaux sociaux le montre aux côtés de trois de ses amis dans l'une des artères du centre-ville, quelques moments avant l'explosion.
Des funérailles chargées d’émotion ont été organisées dimanche en début d'après-midi à la mosquée Khachekgi, à Beyrouth, où la famille et les amis de Mohammad al-Chaar, ne pouvant retenir leurs larmes, sont venus lui dire adieu. Les deux fils de Mohammad Chatah ainsi que le conseiller politique de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, Nader Hariri, étaient également présents.
Le mufti de la République, Mohammad Rachid Kabbani, est de son côté venu prendre part à la prière du deuil alors qu'il n’était pas présent aux obsèques de Mohammad Chatah en raisons de divergences avec le Courant du futur. Sa présence a créé une vive tension, des gens présents à la mosquée Khachekgi demandant qu'il sorte. Après concertations, le calme a été rétabli et le mufti est finalement resté jusqu’à la fin de la prière. Le mufti n'a cependant pas pu quitter la mosquée en attendant que la colère des gens toujours présents à l’extérieur diminue et que les forces de sécurité rétablissent le calme. Il été évacué prės de deux heures plus tard par une unité de l'armée libanaise. Le Premier ministre désigné Nagib Mikati a condamné l'incident.
Dar el-Fatwa a accusé des "parties libanaises, dont MM. Siniora et Mikati" d'être à l'origine de cet incident.
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Une grande foule ainsi que de très nombreuses personnalités, dont notamment le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, le Premier ministre désigné Tammam Salam et l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, ont assisté à la cérémonie d'adieux.
Le cortège funèbre est...



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Quand ce nuage noir de la mort disparaitra du ciel de notre pays ?Tristesse de grâce disparais … A nos martyrs encore une fois que Dieu ait vos âmes .
17 h 47, le 29 décembre 2013