L'attentat du 27 décembre 2013 dans le centre de Beyrouth a fait 6 morts et plus de 70 blessés. Photo AFP
Le principal groupe de l'opposition syrienne a accusé le régime de Bachar el-Assad et ses alliés, l'Iran et le Hezbollah, d'être derrière l'attentat qui a coûté la vie à sept personnes, dont l'ancien ministre libanais Mohammad Chatah, vendredi dans le centre de Beyrouth.
"Les meurtriers (...) sont ceux-là mêmes qui ont tué et continuent de tuer les Syriens à Qousseir, Qalamoun, Ghouta, Alep, Homs et Idleb", a indiqué dans un communiqué le Conseil national syrien (CNS), principale composante de la coalition de l'opposition.
(Repères : Le Liban dans l'engrenage du conflit syrien)
"Les meurtriers sont sans aucun doute l'alliance entre les régimes iranien et syrien et leurs agents au Liban et à leur tête la milice sectaire et fanatique du Hezbollah", a indiqué le texte diffusé dans la nuit de vendredi à samedi.
Le Hezbollah est engagé dans les combats en Syrie aux côtés des troupes de Bachar el-Assad.
"Cette alliance sanguinaire (...) prouve chaque jour qu'elle est la principale source de terrorisme et d'extrémisme qui menace la sécurité et la stabilité régionales", a poursuivi le CNS.
L'assassinat de Mohammad Chatah, un influent membre de la coalition du 14 Mars hostile au régime syrien et au Hezbollah, marque une nouvelle escalade dans ce pays divisé entre partisans et opposants de Damas. La coalition du 14 mars, menée par l'ex-Premier ministre Saad Hariri, a également mis en cause le régime syrien et le parti chiite.
Damas a démenti toute implication, dénonçant des "accusations arbitraries".
Mohammad Chatah est la neuvième personnalité libanaise critique du régime de Damas et du Hezbollah à être assassinée depuis 2005. Rafic Hariri, ex-Premier ministre et père de Saad Hariri, avait notamment été tué dans un attentat spectaculaire, également en plein Beyrouth, en février 2005.
Le procès par contumace de cinq membres du Hezbollah inculpés dans cette affaire doit débuter le 16 janvier. Le parti refuse de remettre les inculpés au Tribunal spécial pour le Liban (TSL), qui siège près de la Haye, arguant que cette instance relève d'un complot israélo-américain visant à le détruire.
Dans un dernier tweet diffusé peu avant l'explosion, Chatah avait accusé le Hezbollah de vouloir contrôler le Liban comme l'avait fait le régime syrien durant 15 ans, avant le retrait de ses troupes du territoire libanais en 2005. "Le Hezbollah essaie d'imposer la logique qu'avait imposée le régime syrien pendant 15 ans : (obliger) l'Etat à abandonner à son profit son rôle ainsi que sa souveraineté sur les questions sécuritaires et de politique étrangère".
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18 h 43, le 29 décembre 2013