Une pompe à diesel dans une station-service de Hamra le 30 janvier 2025. Photo d'illustration Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour
L'indice des prix à la consommation en livres libanaises a bondi de 20,02 % en un an, après une hausse de 3,04 % enregistrée en avril, sur fond de guerre entre Israël et le Hezbollah, que la trêve entrée en vigueur le 17 avril peine à contenir.
Selon les chiffres mis à jour par l'Administration centrale de la statistique, il s'agit de la plus forte hausse de l'IPC en rythme annuel depuis septembre 2024 (+32,92 %). La hausse moyenne de l'IPC sur les quatre premiers mois de 2026 est de 15,12 %, selon nos calculs.
À noter qu'à la même époque en 2023, les prix étaient en train de finir de s'ajuster au taux de change en vigueur après une longue période de volatilité ayant commencé avec la crise de fin 2019, ce qui explique l'importante variation annuelle de l'IPC en septembre 2024.
Le taux de change étant resté stable en avril à 89 500 LL, l'inflation trouve sa source dans d'autres facteurs, dont l'évolution des cours du pétrole, qui est cependant moins marquée qu'un mois plus tôt.
En effet, bien que les barils de WTI et de Brent aient évolué de façon erratique au gré des déclarations liées au conflit déclenché par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran le 28 février, en enregistrant plusieurs pics bien au-dessus de ces niveaux, ils affichaient à peu près les mêmes valeurs entre fin mars et fin avril, soit près de 99 dollars pour le premier et 105 pour le second.
Sur le marché libanais, où ces cours sont répercutés avec un léger décalage, l’essence a progressé de 0,4 % en avril, tandis que le diesel a reculé de 1 %. Des évolutions qui tranchent avec celles de mars. La correction du prix du diesel, qui avait augmenté de façon excessive en mars, s’est poursuivie de manière plus accentuée selon les différentes grilles publiées par le ministère de l’Énergie. Le gaz a baissé de 11,5 % en avril, sur fond de demande globale en baisse avec l’arrivée des beaux jours.
Selon les chiffres de l’ACS, le sous-indice mesurant les prix de l’énergie des logements — qui comprend le fuel, le carburant, l’électricité et l’eau — a augmenté de 14,06 %, soit la plus forte hausse mensuelle d’avril (+41,39 % en rythme annuel), devant les vêtements (+8,68 % en rythme mensuel, soit presque le double des 4,90 % en rythme annuel).
Le coût global du logement (incluant donc l’énergie) arrive en troisième position, avec une hausse de 5,87 % en un mois et de 26,30 % en un an. Les prix des restaurants et des hôtels suivent (+5,33 % en un mois et +15,98 % en un an).
Malgré une bonne nouvelle, la seule baisse mensuelle a été constatée au niveau du sous-indice des denrées alimentaires et boissons non alcoolisées, avec -0,47 %, ce qui n’allège cependant pas les +17,87 % enregistrés en un an.
L’inflation a augmenté en rythme mensuel dans toutes les mohafazats du pays, avec des hausses de 2,02 % à Beyrouth, 2,71 % au Mont-Liban, 2,54 % dans le Nord, 5,74 % dans la Békaa, 3,72 % dans le Sud et 3,97 % à Nabatiyé.



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