De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé le village de Deir el-Zahrani, dans le sud du Liban, le 13 mai 2026. Photo Kawnat HAJU / AFP
La guerre en cours entre Israël et le Hezbollah devrait faire reculer l’économie libanaise d’au moins 7 % cette année et pourrait coûter au pays quelque 20 milliards de dollars, a déclaré à l'agence Reuters le ministre des Finances Yassine Jaber. Le conflit actuel, qui a éclaté le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré sur Israël en soutien à l’Iran, a porté un nouveau coup au Liban, déjà frappé par l’effondrement financier de 2019 et par la guerre de 2024 entre le Hezbollah et l'État hébreu.
Dans un entretien mercredi, M. Jaber a déclaré s’attendre que la guerre entraîne une contraction économique comprise entre 7 % et 10 % en 2026, et que les dommages directs et indirects subis par le Liban puissent atteindre jusqu’à 20 milliards de dollars. La guerre de 2024 a coûté au Liban au moins 14 milliards de dollars en dégâts matériels et en pertes économiques, selon la Banque mondiale (BM). Le PIB réel du Liban s’est contracté de 7,1 % en 2024, a indiqué la BM, portant la baisse cumulée du PIB à près de 40 % depuis 2019.
En janvier dernier, la Banque mondiale avait projeté une modeste reprise avec une croissance du PIB de 4 % en 2026 si le pays restait stable, recevait une certaine aide à la reconstruction et poursuivait ses efforts pour mettre en place des réformes financières. M. Jaber a indiqué que le gouvernement espérait un excédent budgétaire cette année, mais qu’il avait au contraire alloué 50 millions de dollars de fonds publics pour venir en aide à plus de 1 million de personnes déplacées par la guerre.
Risques pour les transferts de fonds en provenance du Golfe
Les hostilités entre le Hezbollah soutenu par l’Iran et Israël se sont poursuivies malgré un cessez-le-feu annoncé le 16 avril, les deux parties s’accusant mutuellement de violations de la trêve. Israël a poursuivi ses frappes sur le sud et l’est du Liban, et ses troupes rasent des habitations dans une bande frontalière du sud du pays, invoquant des préoccupations sécuritaires. Le parti-milice a continué de viser le nord d’Israël et des positions militaires israéliennes à l’intérieur du Liban, où plus de 3 000 personnes ont été tuées depuis le 2 mars, selon les autorités.
M. Jaber a fait valoir que l’ampleur totale des dégâts économiques causés par la guerre au Liban serait déterminée par les entrées de transferts de fonds en provenance du Golfe, par le succès de la saison touristique estivale et par la poursuite ou non des frappes israéliennes détruisant biens et moyens de subsistance.
Les transferts de fonds sont une pierre angulaire de l’économie libanaise, des centaines de milliers de Libanais installés dans les monarchies du Golfe envoyant de l’argent dans leur pays ou rentrant pour les vacances afin d’y dépenser leurs revenus. Mais alors que les économies du Golfe subissent à leur tour la pression de la guerre avec l’Iran, M. Jaber craint que les expatriés ne soient plus en mesure de continuer à jouer ce rôle. « Cette fois, les régions où travaillent les Libanais sont elles-mêmes touchées », a-t-il déclaré.
Des prêts, pas des dons
L’aide internationale a également été bien inférieure à ce que le Liban avait reçu pendant la guerre de 2024, lorsqu’il avait obtenu 700 millions de dollars d’aide humanitaire et des dizaines d’avions chargés d’aide, a déclaré le ministre. Malgré une visite du secrétaire général de l’ONU António Guterres et un appel à 300 millions de dollars, seuls quelque 100 millions se sont matérialisés, a-t-il dit. Un prêt de 200 millions de dollars de la Banque mondiale et une subvention de 45 millions d’euros de l’Union européenne ont apporté un certain soulagement. « Nous dépendons aujourd’hui des prêts », a déclaré M. Jaber. « Nous ne recevons pas beaucoup de dons. »
Les recettes de l’État sont également en baisse, a-t-il dit, mais le gouvernement est parvenu à maintenir la valeur de la livre libanaise face au dollar, un rare point positif dans des perspectives économiques par ailleurs moroses. « Nous sommes épuisés, notre capacité à tenir est mise à l’épreuve encore et encore, et je pense que les Libanais sont fatigués de cela », a encore déclaré le ministre des Finances.
Cette information est une traduction d'une dépêche de l'agence Reuters.


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