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Attentat de Roueiss : Nasrallah accuse des "takfiristes à la solde d'Israël"

Liban Le leader chiite appelle ses partisans à la retenue, et se dit prêt à combattre en personne en Syrie.
olj.com
16/08/2013

Au lendemain de l'attentat perpétré dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, le secrétaire général du parti chiite, Hassan Nasrallah, a dénoncé, dans un discours prononcé à l'occasion du septième anniversaire de la fin de la guerre avec Israël en 2006, "un massacre terroriste". 

 

Ce discours, retransmis par vidéo devant des milliers de partisans du Hezbollah rassemblés à Aïta el-Chaab, au Liban-Sud, non loin de la frontière avec l'Etat hébreu, était prévu depuis plusieurs jours.

 

L'explosion d'une voiture piégée à Roueiss, qui a fait entre 22 et 24 morts selon les sources et plus de 300 blessés, sonne comme un défi à Hassan Nasrallah qui avait affirmé mercredi soir lors d'une interview, avoir pris des mesures pour éviter un second attentat après celui du 9 juillet, perpétré également au moyen d'une voiture piégée, dans la banlieue sud de Beyrouth.

 

"Les noms de ceux qui ont planté une bombe à Majdel Anjar sont connus, les noms de ceux qui ont tiré des roquettes sur la banlieue-sud de Beyrouth sont connus et les noms de ceux qui ont commis l'attentat de Bir el-Abed le 9 juillet dernier sont connus aussi", a-t-il lancé, faisant référence à de précédentes attaques contre le Hezbollah à travers le Liban. "Ce sont des groupes qui sont affiliés à des groupes takfiristes bien connus", a-t-il ajouté.
Selon M. Nasrallah, les membres de ces groupes sont d'origine libanaise, syrienne et palestinienne. "Toutes les données montrent que ces mêmes groupes ont commis l'attentat de Roueiss, jeudi, a-t-il encore dit. Il est sûr et certain que ces groupes sont à la solde d'Israël et de ses alliés".

 

Le ministre démissionnaire de la Défense a indiqué vendredi, dans un communiqué, que l'armée libanaise a identifié un réseau soupçonné de préparer des voitures piégées pour les faire exploser dans la banlieue sud de Beyrouth, sans toutefois préciser si ce groupe était derrière l'attentat de jeudi.

Fayez Ghosn a affirmé que les services de renseignement militaires ont identifié au moins sept Libanais soupçonnés d'avoir bourré d'explosifs  "plusieurs voitures pour les faire exploser dans la banlieue sud de Beyrouth et dans d'autres régions libanaises". M. Ghosn a précisé que ce groupe avait préparé un premier attentat le 9 juillet dans la banlieue sud de Beyrouth, à Bir el-Abed, bastion du Hezbollah.

 

"Ceux qui ont commis ce crime voulaient tuer le plus grand nombre d'enfants et de femmes possible", a lancé le chef du Hezbollah, ajoutant que "ce massacre s'inscrit dans le cadre de la guerre ouverte depuis plusieurs années (avec l'ennemi israélien, ndlr)".

 

(Repère : Liban : l'implication du Hezbollah dans le conflit syrien)

Les mesures préventives ne suffisent pas
M. Nasrallah a par ailleurs indiqué qu'il est nécessaire de mettre en place une feuille de route afin de régler ce genre de problèmes sécuritaires. "J'appelle les responsables et les autorités libanaises à assumer leurs responsabilités et à renforcer les mesures sécuritaires à travers le pays, a-t-il ajouté. Les mesures préventives ne suffisent pas, a-t-il estimé. Nous devons également enquêter, trouver et arrêter ces groupes takfiristes afin d'empêcher d'autres attentats. Il ne faut pas couvrir ces groupes qui veulent détruire le Liban et qui veulent engendrer une guerre civile au Liban", a-t-il encore dit.

"Vous avez vu ce qui se passe en Syrie, en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Les takfiristes s'en prennent aux musulmans comme aux chrétiens, aux églises comme aux mosquées", a-t-il souligné.

 

 

Retenue

Le secrétaire général a ensuite appelé les responsables libanais à arrêter les incitations à la haine et aux conflits interconfessionnels : "Si nous avons des différends politiques, il faut les maintenir dans le seul cadre politique".

 

Le leader chiite a également appelé ses partisans à la retenue. "Les criminels veulent vous faire croire que les sunnites sont responsables, a-t-il affirmé. Ces criminels takfiristes veulent provoquer un conflit interconfessionnel. Ne tombez pas dans le piège, n'attaquez pas des innocents qui n'ont rien à voir (avec l'attentat). Les réfugiés syriens et palestiniens ne sont pas responsables, vos concitoyens sunnites ne sont pas responsables de ces crimes", a-t-il martelé. "Les attentats et les assassinats ne nous mèneront pas à la dissension", a-t-il encore dit. 

 

Le leader chiite a néanmoins lancé une sérieuse mise en garde aux auteurs des attentats.

"Nous allons gagner la bataille contre les takfiristes, a-t-il promis. Si vous travaillez pour Israël, il n'y a pas de problème, nous allons vous trouver un jour ou un autre. Mais si vous prétendez défendre le peuple syrien et nous punissez pour notre implication en Syrie je vous dis deux choses : vous êtes les groupes les plus violents contre le peuple syrien, vous tuez les religieux chrétiens de l'opposition, vous exécutez les enfants, vous attaquez les mosquées; et deuxièmement, vous ne défendez pas le peuple syrien", a-t-il martelé.

 

"Si vous croyez que nous allons revenir sur nos positions concernant la Syrie, vous avez tort. S'il y a d'autres attentats (dans la banlieue-sud de Beyrouth) nous allons multiplier le nombre de nos combattants en Syrie. Si cela est nécessaire, j'irai moi-même en Syrie; le Hezbollah et moi-même nous irons en Syrie", a-t-il encore lancé.

 

Chaque attentat perpétré dans la banlieue sud de Beyrouth a été revendiqué par des groupuscules peu connus se revendiquant des rebelles syriens et présentant leur action comme une mesure de représailles à l'engagement du Hezbollah en Syrie aux côtés du régime. Le premier attentat a été revendiqué par la Brigade 313, le second par la Brigade de Aïsha. Dans les deux cas, l'Armée syrienne libre (ASL), principale composante de la rébellion luttant contre le régime syrien, a démenti tout lien avec les attentats, qu'elle a condamnés.

 

L'engagement des combattants du Hezbollah en Syrie a eu un impact décisif dans la reprise, par les troupes d'Assad, de la ville syrienne de Qousseir et du quartier de Khaldiyé, à Homs.

 

 

 

Guerre de 2006

En début de discours, Hassan Nasrallah est revenu sur la guerre de 2006, estimant que la "victoire divine" du 14 août 2006 a fait échouer le projet d'un grand Etat israélien.

"Israël voulait devenir une puissance effrayante et imposer ses décisions à tous les pays de la région, a-t-il lancé. La victoire en 2006 a montré que la résistance est capable de libérer son territoire, comme elle l'avait fait le 25 mai 2000. Cette victoire a également montré que la résistance populaire est capable d'être une force réelle de défense dans un pays qui ne possède pas les moyens de se défendre face à une attaque majeure", a-t-il ajouté. 

Selon M. Nasrallah, la guerre de 2006 est étudiée par toutes les académies à travers le monde. "Tout cela prouve que la force du Liban est désormais l'équation +peuple-armée-résistance+".

 

Le conflit en 2006 a fait plus de 1.200 tués côté libanais, civils pour la plupart, ainsi que d'énormes destructions au Liban provoquées par les bombardements intensifs de l'aviation et de l'artillerie israéliennes. Côté israélien, le conflit a fait 160 morts, en majorité des militaires. Quelque 4.000 roquettes tirées par le Hezbollah avaient paralysé la région nord du pays.

 

Incursion israélienne

Le secrétaire général du Hezbollah a également affirmé que les pieds de tout soldat israélien entrant en territoire libanais seront coupés. "Le message que nous avons envoyé lors de l'opération de Labbouné en est la preuve", a-t-il lancé, ajoutant que "la résistance est plus forte et plus déterminée que jamais". 

 

Dans une interview accordée mercredi, Hassan Nasrallah a revendiqué les deux explosions qui ont blessé des soldats israéliens dans la nuit du 6 au 7 août à Labbouné, au Liban-Sud, affirmant que son parti "fera face" à toute nouvelle violation de la part de l’État hébreu.

 

 

 
 

 

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SAKR LOUBNAN

JE TIENS À CLARIFIER QUE MA RÉACTION DANS CET ARTICLE DATE D'HIER ET QU'ON L'A PUBLIÉE AUJOURD'HUI.

Robert Malek

Ah oui, les takfiristes ! Et moi qui croyais que nos divins mercenaires étaient partis faire la guerre chez les autres pour protéger le Liban des takfiristes ! Dire surtout qu'il y a encore des crétins, illuminés comme chef mercenaire Nasrallah, pour croire ces balivernes, comme pour croire aussi les belles conneries crachées par le barbu enterré et citées ci-dessus qui ne sont autres que foutage de gueule et lavage de cerveaux de simples d'esprit. Ce mec va nous empoisonner la vie jusqu'au bout. Qu'il aille combattre en Syrie en personne et qu'il ne revienne plus, il faut qu'il comprenne que le Liban ne veut plus de lui.

M.V.

Excusez moi , à ce niveau supplémentaire ...nous sommes en overdose de la désinformation du Hezbollah...

DIMITRI AL QUANDALAFT

Allez, on vous souhaite du bon vent en Syrie, et cessez de vous faire passer pour le protecteur des chrétiens; nous les chrétiens syriens, nous savons trés bien que l'attentat à Quassar est le fait des moukhabarats syriens, tout comme la disparition de l'ecclesiastique italien; quant aux chrétiens libanais, je ne pense pas que les Gemayel, Hawi, Qassir, Chidiac, Tuéni et la majorité de cette communauté vous considèrent comme un protecteur mais plutot comme le pire des assassins.

SAKR LOUBNAN

PAS DE COMMENTAIRE... MAIS UNE GRANDE QUESTION : CE QUI FRAPPE C'EST QU'ON A VITE TROUVÉ QUI EST DERRIÈRE LES LANCEMENTS DE ROQUETTES ET LES VOITURES PIÉGÉES... MAIS ON N'A TROUVÉ JUSQU'AUJOURD'HUI AUCUN QUI EST DERRIÈRE LES VOITURES PIÉGÉES DE TOUS LES MARTYRES DU QUATORZE MARS...

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