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À La Une - Liban

Sleiman fustige le viol de la souveraineté du Liban par la Syrie

Après la chute de Qousseir, le raid sur Ersal.

photo nowlebanon

La défaite des rebelles syriens à Qousseir, l’un des bastions de l’opposition, aura des répercussions certaines sur la scène interne, même si la nature de ces répercussions n’est pas encore claire.

 

Déjà, les voix des rebelles s’élevaient hier, menaçant le Hezbollah et lui promettant de le vaincre sur le territoire libanais. Pour l’heure, c’est le village de Ersal qui a été la première cible d’attaques en provenance du territoire syrien. À majorité sunnite, ce village situé au nord-est de la Békaa avait accueilli dans la soirée de mardi à mercredi un nombre important de soldats et de Syriens blessés ayant fui Qousseir (un nombre évalué à « des milliers » selon la chaîne al-Jazira). Les forces syriennes régulières qui traquaient les rebelles ont attaqué le village. Vers midi et demi, un hélicoptère syrien a effectué un raid sur la région de Kherbet Daoud, à Ersal, tirant six roquettes. Le raid a visé un espace habité de la localité. En outre, trois barils bourrés d’explosifs ont été lancés dans la zone de Kroum. Seuls un baril et une roquette n’ont pas explosé, et les autres ont provoqué des dégâts matériels. En fin de journée, le calme s’était rétabli dans le village.


Les habitants du village ont expliqué ces attaques comme « un message de mise en garde », lié au fait que la localité abrite les opposants depuis le début de la crise syrienne. Les habitants ont appelé en outre au déploiement de l’armée aux frontières. Notons que l’armée a renforcé sa présence hier à l’entrée de Ersal.Tard en soirée, dix roquettes tirées de Syrie se sont abattues sur les quartiers d’el-Charawneh et de Tell Abiad à Baalbeck.


Parallèlement, la frontière nord n’a pas été épargnée hier par les attaques syriennes. Un obus en provenance du territoire syrien a atterri en effet dans le village de Nsoub à Akroum, dans le Akkar. Le domicile du Libanais Mohammad Diab a été visé, mais l’obus n’a produit que des dégâts matériels.


Le président de la République Michel Sleiman a très vite réagi aux attaques contre le territoire libanais, dénonçant avec virulence « les bombardements syriens sur le village de Ersal », et appelant au « respect de la souveraineté libanaise et de la sécurité des régions du Liban et de ses habitants ». Le chef de l’État a été la seule autorité à réagir à ces attaques hier. Le député Mouïn Meraabi a mis en garde d’ailleurs contre « le silence officiel sur les violations syriennes de la souveraineté du pays et qui finiront par avoir de graves conséquences sur le pays ».

La Ligue arabe condamne le Hezbollah
Prenant part quant à lui à la réunion ministérielle des pays arabes au Caire, hier – qui a condamné « toute forme d’intervention étrangère, en particulier celle du Hezbollah, dans le conflit syrien » –, le ministre démissionnaire des Affaires étrangères Adnane Mansour a estimé que la participation du Hezbollah aux combats en Syrie est « un acte préventif ». « La vengeance n’est pas le moyen de sauver la Syrie », a-t-il ajouté. Il faut souligner toutefois dans ce cadre que les habitants de Ersal craingnent « un coup vindicatif de la part du régime syrien ». Les craintes pour la stabilité du Liban se font d’ailleurs de plus en plus ressentir. Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont ainsi demandé hier à leurs ressortissants de ne pas se rendre au Liban.


Pour le ministre démissionnaire des Finances Mohammad Safadi, « il est dans l’intérêt du Liban que la Syrie recouvre la stabilité ». C’est un son de cloche différent qui se fait entendre dans les rangs du 8 Mars, précisément au niveau du Hezbollah, qui doit inhumer aujourd’hui deux de ses combattants tués à Qousseir. Ainsi, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, qui recevait hier une délégation du Parti syrien national social (PSNS), a affirmé que « la grande réussite de Qousseir porte un coup dur au projet isarélo-américain takfiri ». Les mêmes termes ont été repris par le député hezbollahi Hussein Moussaoui. Écartant de son côté le risque que « la victoire de Qousseir » se répercute négativement sur le Liban, le député berryste Kassem Hachem a estimé que « le contrôle de Qousseir par l’armée syrienne était prévu ».


Cette rhétorique rejoint celle de l’ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali, qui a affirmé à partir de Rabieh, où il s’est entretenu avec le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le député Michel Aoun, que « le général Aoun a prédit dès le départ la victoire de la Syrie contre le complot fomenté contre elle ». Quant à l’ambassadeur de Russie Alexander Zassypkine, il a estimé que « la conférence de Genève 2 doit se réunir sans conditions préalables. Il est nécessaire que les États-Unis exercent une pression dans ce sens sur l’opposition syrienne », a-t-il souligné.
Notons enfin que selon certaines informations, le dénouement de la bataille de Qousseir serait « le résultat d’un accord restreint ayant prévu la sortie des combattants et des blessés de l’opposition de la ville. En contrepartie, le régime lèverait son siège imposé à d’autres villages ». Selon le site d’information nowlebanon, « le président de la Chambre Nabih Berry et le Hezbollah auraient contribué à la conclusion de cet accord ».

 

 

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