À l’origine, les prêtres prenaient du pain azyme, c’est-à-dire sans levain, comme Jésus en a pris au cours de son dernier repas. L’hostie a ensuite remplacé le pain car celle-ci était plus facile à conserver. Dans un souci liturgique, on réserva au prêtre une hostie plus grande, afin de conserver le rite de fraction du pain tel que le Christ l’avait fait. Des moules de pierre avec des inscriptions gravées servaient à la confection spécifique de pains d’autel.
Au XIIIe siècle, la ville de Douai en France, comme le reste des Flandres, était désolée par les blasphèmes des Stadingnes qui niaient entre autres le dogme de la présence de Jésus-Christ dans l’eucharistie. Voici quelle fut la réponse du ciel à leur hérésie selon Thomas de Cantimpré, de l’ordre des frères prêcheurs, évêque suffragant de Cambrai : « Au temps de Pâques, un prêtre qui venait de donner la sainte communion au peuple dans l’église des chanoines de Saint-Amé vit avec effroi qu’une hostie se trouvait sur le sol. Il se mit à genoux et voulut recueillir le corps de Jésus-Christ, mais aussitôt, d’elle-même, l’hostie s’éleva en l’air et alla se placer sur le purificatoire. Le prêtre pousse un cri, il appelle les chanoines qui aperçoivent sur le linge sacré un corps plein de vie sous la forme d’un charmant enfant. On convoque le peuple et tous les assistants, sans distinction, jouissent de cette vision céleste. En l’espace d’une heure, ajoute Thomas de Cantimpré, on voyait le Sauveur sous différentes formes : les uns l’ont vu étendu sur la croix; d’autres comme venant juger les hommes ; d’autres, enfin, et c’est le plus grand nombre, le virent sous la forme d’un enfant. » Le miracle eut lieu, non sur le maître-autel, mais dans la chapelle latérale. Il dura plusieurs jours, se renouvelant chaque fois que la sainte hostie était exposée à découvert. L’hostie fut conservée dans la collégiale de Saint-Amé jusqu’à l’époque de la Révolution. En 1790, l’église fut fermée, et trois ans après elle fut livrée au pillage. On brisa les vases sacrés, et les reliques conservées là depuis près de dix siècles devinrent la proie des flammes. Des forcenés se ruèrent sur l’autel, brisèrent le tabernacle et ouvrirent la pyxide d’argent qui renfermait l’hostie du miracle. Mais Dieu ne permit point ce dernier sacrilège : le ciboire était vide, des mains pieuses avaient sauvé l’auguste sacrement. Quant à la vieille basilique, elle fut vendue en 1798 à des fripiers de Lille, qui la démolirent. Quand la paix fut rendue à l’Église, le culte du saint sacrement de miracle fut remis en honneur dans la paroisse Saint-Jacques, sur le reposoir élevé à l’endroit même où fut autrefois le sanctuaire de l’église Saint-Amé... Bonne semaine sainte à tous !


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